Financement. Le crédit bancaire poursuit sa progression en début d'année    CAN Maroc 2025 : Le bilan chiffré du dispositif sécuritaire et judiciaire    Pandémies. La RCA muscle son système de riposte sanitaire    Immunité : le Maroc en tête d'un classement mondial    Berklee au Nigéria : Tiwa Savage ouvre la voie aux jeunes talents africains    La Fondation Ténor pour la Culture lance la 5e édition du Morocco Dance Competition    Ramadaniyates WeCasablanca 2026 : Casablanca célèbre le Ramadan entre ferveur spirituelle et éclat artistique    Pêche maritime: Nouveau zoning pour chalutiers et palangriers    Crise au Moyen-Orient : Emmanuel Macron détaille la riposte et le déploiement français    La Chine publie un livre sur ses réalisations dans la lutte contre la pauvreté    Le ministère Saoudien de la Défense annonce une attaque de l'ambassade américaine à Riyad    Minéraux critiques et énergie : l'Inde et le Canada scellent plusieurs accords stratégiques    Bilal Nadir peine à l'OM, un club de Liga prêt à en profiter    Leader offensif du Betis, Abde signe la meilleure saison de sa carrière    France: Portes ouvertes des consulats marocains les 7 et 14 mars    Le CESE procède à l'élection de son nouveau bureau    Casablanca-Settat : le PDR à 55 % d'avancement    Circulation urbaine: 53.540 contraventions et 9.590 PV dressés en une semaine    L'UM6P de Benguerir organise la 6e édition de la « Science Week »    Mission multisectorielle Club Afrique Développement Cameroun Stand Up for African Women Entrepreneurs (SUFAWE) 2026    Cybersécurité au Maroc : pourquoi la croissance sera au rendez-vous d'ici 2031    Al Ahly : Achraf Dari prêté au club suédois Kalmar FF jusqu'à l'été    Maroc : João Sacramento, ex-adjoint de Mourinho, pressenti pour intégrer le staff du futur sélectionneur    Nordin Amrabat absent trois semaines, le Wydad active un programme spécifique    Benchemmach lance le "Manifeste du Maroc à une seule vitesse" pour "extraire les tumeurs de la corruption"    Travail précaire : 1.500 infractions et 856 délits relevés dans les sociétés de gardiennage, de nettoyage et de restauration    Bourse de Casablanca : ouverture en grise mine    Guerre au MO : l'ONU parle d'au moins 30.000 déplacés au Liban    L'administration d'Al Arjat 1 s'explique sur les conditions de détention de Ibtissam Lachgar    Le Maroc vit un nouvel épisode de perturbations avec pluies, neige et vents soutenus    L'Iran met en garde les pays européens contre toute implication dans la guerre    Holding Al Omrane affiche une progression de 9% de son chiffre d'affaires consolidé en 2025    L'opération de recensement relative au service militaire, du 2 mars au 30 avril    Maroc–Belgique : vers un dialogue sécuritaire renforcé, incluant la sécurité spirituelle des MRE    Ramadán a través de la historia #4: Los Saadíes, del auge dorado al caos    Service militaire 2026 : Lancement de l'opération de recensement    Rapport du Parlement européen : 92% des retours des Iles Canaries vers le Maroc restent inexécutés    Alerta meteorológica: Se esperan nieve, tormentas y fuertes vientos en varias regiones de Marruecos    La Belgique prévoit des investissements et l'extension de sa couverture consulaire au Sahara marocain    Conflit Iran-USA : trois avions américains abattus « par erreur » par le Koweït    Munir El Haddadi fuit l'Iran par la route via la Turquie    Dakar et Abidjan accélèrent leur intégration stratégique    Racisme en Espagne : La FRMF exprime sa solidarité avec Omar El Hilali    Caftans au Maroc #2 : Le caftan de Fès, emblème d'un savoir-faire ancestral    Safi : Après les crues, la reconstruction et la revalorisation du patrimoine    Food Bladi, une immersion dans la gastronomie marocaine sur Medi1 TV    Christophe Leribault, nouveau président du musée du Louvre    L'Université Mohammed VI Polytechnique rejoint le réseau mondial APSIA    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Un mal qui ronge l'école marocaine
Publié dans La Gazette du Maroc le 30 - 01 - 2006


Abandon scolaire
Les écoles marocaines retiennent mal leurs élèves. Seulement 62% des élèves inscrits en primaire atteignent la classe de 6ème. À cause d'un système éducatif boiteux, de la pauvreté des familles ou d'autres difficultés, l'abandon scolaire enregistre, au Maroc, des taux très élevés.
Jamal a quitté, tôt, les bancs de l'école. « Mon père est venu s'installer avec son frère à Casablanca. J'avais 14 ans lorsque je l'ai rejoint avec ma famille », se rappelle ce jeune commerçant de 33 ans. Il se rappelle très bien de cette année qui a bouleversé sa vie. « C'était l'année où j'ai dû abandonner les études au terme de ma deuxième année au collège. J'étais l'aîné de mes frères et sœurs et je devais donner un coup de main à mon père et mon oncle dans leur commerce », raconte-t-il.
A 14 ans, Jamal quitte l'école sans trop de regrets. « À cet âge-là, surtout que j'étais loin d'être un élève brillant, je me rappelle que ça m'avait même fait plaisir de quitter l'école. Je préférais de loin les après-midi passés dans le commerce familial ».
Ce n'est en effet que plusieurs années plus tard, que ce jeune homme développera un certain complexe par rapport aux études. « Plus tard, j'ai eu à fréquenter des jeunes de mon âge qui allaient au lycée puis à l'université. J'ai même des amis, dans mon quartier notamment, qui ont décroché de grands diplômes universitaires. Souvent, je les ai enviés », reconnaît-il.
L'abandon scolaire n'a heureusement pas été une fatalité pour ce jeune homme. « Je n'en suis sorti ni délinquant ni mendiant », commente-t-il avec un brin d'humour. « Ça m'aurait cependant beaucoup plu d'avoir un niveau d'instruction comme la plupart des personnes de mon âge ».
Le petit commerce familial a grandi, et Jamal s'occupe désormais de la gestion de ce qui est devenu aujourd'hui l'entreprise familiale.
Si Jamal a eu la chance d'évoluer dans une affaire familiale qui fait de lui pratiquement un patron d'entreprise, d'autres « victimes » de l'abandon scolaire n'ont pas échappé aux dégâts. Le marché du travail, plus que jamais, exigeant et compétitif, ne se contente plus d'une simple connaissance de l'alphabet latin.
L'abandon précoce reconduit à l'illettrisme !
Pour ne rester que dans le cycle primaire, qui inquiète davantage les pouvoirs publics, sur 1000 élèves inscrits pour la première fois en première année du primaire, 620 seulement arrivent à atteindre la 6ème année et 380 quittent les bancs de l'école avant ce niveau.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le Maroc enregistre un taux très élevé pour ce qui est de l'abandon scolaire, notamment dès les premières années de l'école.
Très inquiétant lorsqu'on apprend, comme nous le précise Brahim Chedati, enseignant chercheur au Centre d'orientation et de planification de l'éducation, que « tout abandon qui survient avant la quatrième année du primaire reconduit à l'illettrisme pur et simple », les connaissances acquises pendant ces années-là n'étant pas suffisamment assimilées à ce stade.
Certes, des conditions sociales, matérielles ou géographiques difficiles sont souvent les causes classiques de l'abandon scolaire à un jeune âge, mais, certains chercheurs en matière d'enseignement s'accordent à dire que le système éducatif marocain retient mal ses élèves. C'est en tout cas la synthèse de l'étude intitulée “Pour une stratégie nationale de lutte contre l'abandon scolaire”, réalisée pour le compte de l'Unicef au Maroc.
L'étude réalisée par Brahim Chedati a été présentée le 18 janvier passé à Rabat. Elle montre que le Maroc enregistre un taux des plus élevés concernant l'abandon scolaire. Ce taux classe le Maroc en deuxième position parmi les pays arabes, après la Mauritanie et juste devant le Djibouti, précisent les résultats de l'étude.
Si le système d'enseignement au Maroc connaît des améliorations en matière d'accès et d'extension de l'offre vers les régions les plus inaccessibles, précise le rapport, il n'en demeure pas moins qu'il reste un système qui « retient très peu sa clientèle ». On essaye, tant bien que mal, d'y remédier. Un programme de lutte contre l'abandon scolaire, chapeauté en partenariat par l'Unicef et le ministère de l'Education nationale, couvre en ce moment sept délégations du Royaume. Le programme comprend des activités centrées sur l'élève et vise l'amélioration de son environnement scolaire pour le garder le plus longtemps possible.
Le programme a permis de réaliser que l'abandon scolaire s'effectue essentiellement au stade primaire. Le plus souvent, ses causes correspondent à deux situations : « lorsque le collège est loin et ne dispose pas d'internat ou encore quand l'élève accède au collège avec un niveau scolaire qui ne lui permet pas de suivre normalement les études collégiales ». Faut-il jeter l'éponge pour autant ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.