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Bouteflika, au cœur des interrogations
Publié dans La Gazette du Maroc le 19 - 04 - 2004

Maghreb, France, Etats-Unis
Longtemps, les parties du monde, politiquement ou économiquement concernées par l'Algérie, crurent que Abdelaziz Bouteflika risquait de se mouvoir hors de l'histoire. Mais à présent que sa confortable réinvestiture à la tête de l'Etat est scellée, jaillissent les interrogations sur l'évolution que compte imprégner
le président réélu à la gestion des affaires internes.
Mais surtout à son implication dans les relations internationales. L'immobilisme des rapports algéro-marocains, pour ne retenir que ce qui intéresse ces deux peuples frères, continuera-t-il à semer la controverse ?
Pour éclairer l'opinion sur les projections stratégiques du président Bouteflika induites par son plébiscite à la Brejnev, il importe de rappeler trois événements ayant aussitôt accompagné le verdict des urnes, ce printemps 2004 en Algérie. En prime time le message de félicitations et de soutien d'une extrême chaleur, adressé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI au président réincarné. Le Souverain du Maroc fut – avec Jacques Chirac - le tout premier homme d'Etat à se prononcer. Cette célérité fortement empreinte de sincérité et d'amitié généra une authentique charge d'émotions auprès de la population algérienne, des structures des affaires étrangères et de la présidence. Egalement fortement commenté par certains médias ainsi que par les places publiques, ce geste interpelle les relations algéro-marocaines dans le sens d'une totale réorganisation de leurs architectures diplomatiques, techniques et humaines.
Le président Bouteflika s'est déjà illustré par un jugement similaire s'investissant profondément dans “ la consolidation et l'élargissement des rapports avec le Maroc frère ”. Cependant, rien dans l'approche du dossier Sahara ne prélude à évacuer les rides historiques perceptibles à la surface de toutes les tentatives de rapprochement fécond entre le Maroc et l'Algérie. Au point où leurs rapports nous ramènent à l'image d'une surface d'eau sans mouvement.
Si donc l'Algérie et son cercle présidentiel expriment une belle sensibilité au généreux message du Roi Mohammed VI, pour l'heure, aucun indice ne préjuge d'une transformation spectaculaire des accointances entre ces deux nations. Même l'appel éternel à la concrétisation du Maghreb arabe ne favorise pas, avec les hypothèses actuelles, la conviction du changement, pourtant intimement revendiqué par la société civile et par les opérateurs économiques des deux côtés de la frontière. Ici à Alger, les observateurs s'accordent d'autres chapitres, s'autorisent d'éventuels nouveaux repères pour évoquer plus tard l'avenir immédiat des relations algéro-marocaines. L'attention demeure braquée sur des détails révélateurs, sur les exigences de tous les instants. Le changement et l'initiative se nourrissent de simples réalités et de tout un passé, ce second avènement d'Abdelaziz Bouteflika et le signal fort du Roi Mohammed VI prêtent le sentiment que même au cœur de l'immobilisme et de l'immémorial, renaît la perspective de ratifier l'entente. Dès le lendemain de son élection, le président algérien a exprimé son vœu de “ bâtir un espace maghrébin assorti d'un marché commun et d'une monnaie unique ”. Sachant que le Maroc et l'Algérie incarnent les pierres nodales de ce projet, l'allusion ne se présente-t-elle pas en un appel à la normalisation tous terrains ?
Le soulagement
de Jacques Chirac
Deuxième repère symbolique des appréhensions internationales contenues quant à un possible passage de témoin à la tête de l'Etat algérien et de toutes les inconnues qui s'y greffaient, la satisfaction rapidement formulée par Paris. Avant même l'investiture officielle de Abdelaziz Bouteflika – lundi 19 avril courant - Jacques Chirac s'offrait un détour par Alger. Une visite-éclair de quatre heures ponctuée par un déjeuner en tête-à-tête avec son hôte, mais qui n'en affiche pas moins le contentement de la France version “ droite ” après la réélection de Bouteflika.
En trois ans, le président français a séjourné trois fois en Algérie, la précédente ayant définitivement boosté les relations entre ces deux pays en mars 2003. Le voyage du 17 avril confirme la “refondation de ces rapports”, terminologie exacte répétée par les deux chefs d'Etat. En mars 2003, Jacques Chirac avait personnellement convoqué un conseil des ministres pour assurer le suivi de la coopération entre Alger et Paris. Or, même si Chirac réitère son désir de perpétuer avec l'Algérie “un partenariat d'exception”, les investissements français réels dans la région se confinent à l'espèce rare. Le volume des échanges français entre les deux rives ont plafonné à 6,5 milliards d'euros en 2002, exclusivement dominés par les exportations algériennes en hydrocarbures. Les multiples missions d'hommes d'affaires français dans la patrie de l'Emir Abdelkader n'ont jusque-là jamais abouti. Ici, la présence économique française se résume à occuper un marché ventripotent en matière de produits de consommation et d'équipements. La tendance paraît même immuable parce qu'elle sauvegarde le puissant lobby des importateurs disséminés dans les arcanes du système.
Certes, Chirac annonce la visite prochaine de Nicolas Sarkosy à Alger. Le nouvel argentier tricolore emmènera dans ses bagages un programme de reconversion de la dette algérienne en investissements à hauteur de 62 millions d'euros. Ce taux suscite l'ironie et le sourire chez les économistes locaux, sachant qu'en 1999 déjà, dans des conditions encore difficiles qui maintenaient alors le risque Algérie à son stade culminant, 600 millions de francs, autrement dit 87 millions d'euros, représentant une partie des créances algériennes envers la France, avaient été introduites en ligne de crédits. Cette timidité dans le partenariat économique algéro-français n'explique pas exclusivement l'escale surprise de Chirac à Alger, une semaine jour pour jour après les présidentielles du 8 avril. Ce qui nous conduit droit au troisième volet de l'impact international de la réélection de Bouteflika : le jeux d'influence sur Alger entre Paris et Washington.
Les Etats-Unis s'affichent
Dès la proclamation des résultats portant bérezina électorale pour les adversaires d'Abdelaziz Bouteflika, George W. Bush déclarait son renoncement à douter de la victoire du président sortant. Une autre affirmation de soulagement, l'expression d'une quiétude retrouvée après les brouillards accumulés au-dessus de la stratosphère politique algérienne, lors de la compétition présidentielle. Les Américains maintiennent rigoureusement un oeil sur les champs pétrolifères algériens et l'autre sur l'évolution du processus démocratique. Si donc les USA reconnaissent “ respirer ” de ne pas dialoguer avec un président mal élu, leur objectif consacré consiste à s'accaparer les opportunités algériennes en termes d'hydrocarbures.
Si bien qu'une course manifeste oppose désormais la France et les Etats-Unis pour la conquête des marchés algériens. D'un côté, les sociétés américaines opérant dans le secteur pétrochimique se comptent à 56. De l'autre, tous les autres terrains de l'investissement industriel, du développement des services et de l'accomplissement des réformes économiques et bancaires décidées par Bouteflika, demeurent vierges et s'ouvrent à la compétition.
C'est pourquoi, la récente et inattendue visite de Jacques Chirac à Alger renseigne d'abord sur les intentions de la France de prendre de court ses concurrents sur les incommensurables chantiers qui se dessinent en Algérie.
A l'évidence, le deuxième mandat de Bouteflika place l'Algérie sur une dimension qu'elle n'espérait pas.
En tâtonnant, cet apprenti en démocratie serait-il en train d'investir de nouveaux chemins ? Même s'il reste difficile de prendre la certitude du pays par le pourcentage de participation (48 % des Algériens en âge de voter ne se sont pas exprimés) et quand bien même Abdelaziz Bouteflika s'inspirera du mot de François Vidocq, pour qui “ les hommes capables sont toujours les mieux secondés ”, les pouvoirs nés un soir de 8 avril 2004 seront attendus à tous les détours. Joubert n'avait-il pas dit que “ la justice est la vérité en actions ? ”.


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