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Investir dans la matière grise
Publié dans La Gazette du Maroc le 30 - 05 - 2008

Capital immatériel. La Fondation ONA s'est intéresse à nos cerveaux. Cela donne une table ronde qui s'est tenue tout récemment autour du thème :
«Le Capital immatériel du Maroc : une stratégie pour le XXIème siècle».
Explications
Pendant longtemps, le développement économique a été basé sur le capital physique et la main d'œuvre. La donne a considérablement changé aujourd'hui et d'autres éléments prennent de l'importance dans la création des valeurs ajoutées : ce que l'on appelle l'économie immatérielle devient un facteur déterminant pour le développement et la croissance d'un pays. Nul ne peut ignorer le rôle considérable de la matière grise dans la création de richesses: nouvelles technologies de l'information et de la communication, dématérialisation de l'économie, importance du design, de l'innovation, de la capacité à innover, ce sont tous ces éléments qui composent le capital immatériel d'un pays.
L'adaptation du Maroc aux mutations induites par la mondialisation passe nécessairement par le déploiement d'une capacité d'intelligence collective.
A cet égard, l'éducation et la recherche constituent des champs prioritaires pour le politique ; la valorisation des talents intellectuels constitue en effet le préalable à tout développement en matière d'économie immatérielle. Comme il est écrit dans le rapport de synthèse : «Il serait illusoire de prétendre réaliser une croissance économique forte et durable si nous maintenons en l'état notre système d'enseignement, de formation et de recherche ».
Selon les estimations actuelles, la contribution du capital incorporel est encore faible au Maroc, très peu d'entreprises nationales sont explicitement engagées dans la recherche et le développement en matière de production immatérielle.
Faire de l'immatériel un champ de libération des énergies
Il faudra pourtant bien y passer, comme il a été souligné au cours de la table ronde par le Haut Commissaire au Plan : «Dans une économie mondialisée, l'avantage compétitif qui permet l'insertion d'un pays dans les nouvelles chaînes de valeurs internationales, réside dans les aptitudes créatives de ses hommes et de ses femmes et dans leur capacité d'innover. Autrement dit, les gisements de croissance économique se trouvent actuellement contenus dans des facteurs incorporels». Les changements à effectuer sont considérables, à commencer par celui des mentalités, puisqu'il s'agit d'abandonner la vision classique qui compartimente l'économie en secteurs primaire, secondaire et tertiaire ; au profit d'une vision qui insiste sur la tertiarisation de l'économie avec en corollaire l'importance croissante de la production immatérielle. D'autre part, des efforts sont aussi à faire en matière d'organisation. La Table Ronde a insisté sur le caractère anachronique des méthodes de travail de nombre de PME.
Le Maroc, de par son patrimoine culturel, peut très largement bénéficier de cette nouvelle forme d'économie, en valorisant ses acquis historiques et géographiques, mais cette valorisation ne saurait être efficace sans un investissement dans le capital humain.


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