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Mesures barrières, dépistage, vaccination, protocole thérapeutique... Le point avec Pr Belyamani
Publié dans Hespress le 28 - 07 - 2021

Le regain de la pandémie au Maroc laisse poindre une nouvelle vague estivale, qui s'annonce déjà plus rapide et plus contagieuse que sa sœur ainée, confie Pr Lahcen Belyamani, Chef de service des urgences à l'hôpital militaire de Rabat et président de la Société marocaine de la médecine d'urgence (SMMU) dans une analyse livrée à Hespress Fr.
Ce regain de la pandémie, poursuit le spécialiste, est attisé par l'augmentation de la circulation humaine et par les festivités religieuses au même moment de la pénurie du personnel médical à cause des départs en vacances. Si une réorganisation urgente des circuits et des moyens ne voit pas le jour, un susceptible dépassement des capacités d'accueil hospitalières est à prévoir, pronostique le spécialiste.
« En tant que Société savante, il nous est capital de rappeler la nécessité d'observer quelques mesures sanitaires de prévention afin de parvenir à faire face à la nouvelle vague des variants du SARS-CoV2 avec moins de dégâts » dit-il.
Continuer à vacciner en masse
Sur la question de la deuxième vague qui est devenue un sujet de débat de tous les jours ici-bas, Pr Belyamani explique que la dynamique de l'épidémie est extrêmement forte au cours de cette deuxième vague, plus rapide et avec une pente plus raide que sa précédente. En effet, la barre des 5.000 cas a été dépassée en moins de 4 semaines versus 15 semaines dans l'ancienne vague, soit quatre fois plus rapide, souligne-t-il.
Alors que la campagne nationale de vaccination va bon train permettant à près de 10 millions de Marocains de se faire vacciner gratuitement, Pr Belyamani assure que la vaccination a prouvé son efficacité en termes de morbi-mortalité, de l'incidence des cas graves nécessitant l'hospitalisation en milieu de réanimation et de la diminution de l'infection même pour les variants du virus classique.
« Donc il faut continuer à vacciner en masse la population et probablement élargir l'éventail des vaccinés, car on a constaté dans cette nouvelle vague une augmentation de l'incidence de la maladie chez les femmes enceintes, allaitantes et les terrains allergiques non vaccinés à cause d'éventuelles contre-indications parfois abusives » explique-t-il.
En cas d'infection, il faudrait aussi probablement revoir les rendez-vous de vaccination et les avancer à un mois plutôt que trois mois préconise le président de la SMMU, notant qu'une réflexion s'impose aussi pour la deuxième dose du vaccin afin de l'accélérer, car il s'avère que la vaccination est le seul bouclier préventif efficace disponible en l'absence d'un traitement curatif.
Le débat sur l'utilité de la vaccination fait ressurgir la question du « passe sanitaire », qui pourra, selon lui, être requis pour les déplacements nocturnes, intervilles, les festivités et l'accès aux centres publics dont les capacités dépassent les limites qui peuvent être définies par les autorités compétentes. Les personnes ne pouvant être vaccinées pour des raisons médicales doivent avoir en l'occurrence des passes spéciaux et devront se faire tester régulièrement pour bénéficier des mêmes droits d'accès précise-t-il.
Appliquer les mesures barrières
Depuis l'allégement des mesures barrières au Royaume, un relâchement flagrant a été observé par les citoyens dont une grande partie ne respecte plus les gestes barrières (port du masque, distanciation physique …). Selon Pr Belyamani, « l'application et l'observation rigoureuses des mesures barrières dont on ne cesse d'en parler depuis le début de l'épidémie Covid-19 sont une nécessité vitale, afin de limiter la propagation virale surtout en milieux familiaux où un relâchement total est régulièrement constaté. En effet, plus de 80% des contaminations se contractent en milieu familial plutôt qu'en milieu professionnel » avance-t-il.
Ainsi, et dans ce contexte de contamination très large, Pr Belyamani préconise le port de masque « qui devra être impératif pour tous et tous les âges à partir de l'âge de la scolarisation, dans les lieux fréquentés, clos et professionnels » soulignant « l'importance du lavage fréquent des mains au savon et de l'application des solutions hydroalcooliques même pour les personnes préalablement vaccinées ».
Chiffre à l'appui, le spécialiste indique que l'application de ces mesures qui paraissent « simples » permet à elles seules de gagner à peu près 20% en termes d'hospitalisations, notant que « des spots publicitaires, des SMS systématiques et des affiches devront être présents partout et à tout moment pour la sensibilisation en masse ».
Dépister en masse et précocement
Il est fondamental de faire évoluer l'organisation du diagnostic et de dépistage précoce, pour améliorer la pertinence et l'efficience de nos réactions face à la vague du virus delta préconise Pr Belyamani, notant que « les tests de diagnostic rapide (TDR) devraient être pratiqués chez tous les patients ayant des symptômes évocateurs de COVID-19, et auprès des personnels soignants et des établissements d'hébergement collectif qui ont été contact avec le virus ainsi que pour les enquêtes épidémiologiques ».
Il faudra aussi élargir l'utilisation des tests antigéniques, poursuit-il, qui permettent de poser le diagnostic d'infection par le SARS-CoV2 en phase précoce en moins de 15 à 30 minutes, par tous les professionnels de santé (cliniques privées, médecins, infirmiers, sages-femmes, pharmaciens, officines, praticiens libéraux en cabinet...). A condition, souligne-t-il, que le test utilisé doit présenter une sensibilité prouvée supérieure ou égale à 80% et une spécificité proche de 99% pour limiter le nombre de faux négatifs.
Selon le spécialiste, ces performances cliniques doivent être établies par le fabricant sur la base d'une étude clinique comparant le test antigénique au test PCR naso-pharyngé, et portant sur une série d'individus de statut inconnu vis-à-vis du SARS-CoV2 et avec un intervalle de confiance resserré.
Tous les patients déclarés positifs par ces différents tests devront être enregistrés et déclarés aux autorités sanitaires compétentes pour le suivi épidémiologique précise-t-il.
Respecter le protocole thérapeutique national
Le protocole du traitement national anti-COVID-19 recommandé par le comité scientifique du ministère de la Santé n'est plus respecté dans sa globalité, surtout en milieu libéral analyse Pr Belyamani. Selon lui, « chacun essaye de faire sa sauce personnelle, sans parler des pratiques paramédicales et par des non professionnels de la santé« .
Cela contribue, poursuit-il, et dans la majorité des cas, à un retard de diagnostic, au non-respect des mesures préventives, dont l'isolement obligatoire des cas suspects, à la diffusion de l'infection et les patients ne se présenteront à l'hôpital qu'après aggravation de leurs tableaux cliniques.
D'autre part, Pr Belyamani estime que « les sujets contacts symptomatiques ou fortement suspects COVID-19 sur données scannographiques ou testés positifs au TDR ou au test antigénique, devront être mis sous protocole thérapeutique national avant la sortie des résultats du test PCR. Il faudra aussi doter les centres de référence en doses suffisantes d'hydroxychloroquine et d'appareils d'électrocardiogramme (ECG)« , soulève-t-il.
Par ailleurs, le président de la SMMU rappelle qu'en dehors des cas hospitalisés et sous oxygénothérapie à forts débits, « il n'y a pas lieu de prescrire des anticoagulants à doses curatives, de l'acide acétylsalicylique, des corticoïdes surtout à la phase de réplication virale initiale« .
Pourquoi ? Il explique cela par le fait que « cela pourra être délétère et contribuera à l'avènement de complications dont l'effet rebond. En effet, la balance bénéfice/risque des corticoïdes n'est pas clairement établie dans certaines situations, notamment chez les sujets âgés de plus de 70 ans ou encore chez les sujets non ou peu oxygéno-requérant ».
En l'absence de preuves cliniques et biologiques d'une surinfection bactérienne, le spécialiste explique que « la prescription des antibiotiques est totalement proscrite au risque de l'émergence d'une antibiorésistance liée à la prescription abusive et non fondée ; on note que les co-infections bactériennes ne dépassent pas plus de 3,1 % des cas, dont la majorité sont diagnostiquées en milieu de réanimation« .
Quant à la vitaminothérapie, largement prescrite, Pr Belyamani souligne qu'il n'y a pas à ce jour de données ni de preuves scientifiques solides pour les recommander.
Bien gérer les hospitalisations
Dans ce volet hospitalisation, le président de la SMMU soutient que la gestion des hospitalisations des cas positifs doit être confiée aux comités de coordination sanitaire intersectoriels au niveau de chaque région (Direction régionale, CHU, CROM, délégations, secteur libéral, protection civile...), qui établiront la stratégie de riposte adéquate en fonction de l'évolution épidémique, la gestion des sites d'hospitalisations pour éviter les surcharges et définiront la montée en puissance (lits, lieux, ressources humaines et logistiques, partenariat public -privé...).
Les circuits ainsi bien établis doivent, selon lui, être communiqués clairement à la population, et remettre la régulation médicale, notamment le SAMU 141, au centre de la gestion de ces circuits. Pour être efficace, Pr Belyamani préconise de les renforcer en ressources humaines, en faisant appel aux personnels retraités le cas échéant.
Bien gérer la post-hospitalisation
Selon Pr Belyamani, la gestion de la Covid-19 ne se limite pas seulement à la phase précoce de l'infection, mais elle s'étale en post-COVID-19 par le suivi des séquelles, notamment respiratoires, neurologiques, thromboemboliques et psychologiques.
Il est primordial, selon lui, de définir des parcours de soins post-COVID et d'anticiper les modalités de réadaptation physique et mentale. Aussi, il important de définir les modalités de la prise en charge de longue durée, surtout en milieu de réanimation, afin d'éviter les acharnements thérapeutiques inutiles.
« Il ne faut pas oublier aussi ni sous-estimer les sacrifices des personnels soignants qui luttent depuis le début de l'épidémie face aux déferlements de ces vagues de cas positifs, et s'exposent et exposent leurs chers à la contamination. Il faudra donc les motiver davantage et leur définir des circuits de soutien psychologique, surtout pour les cas présentant des burn-out » soutient le président de la SMMU.
Adopter une bonne communication
Sans une bonne communication, « tout ce dont nous avons évoqué ne pourra aboutir aux objectifs escomptés » soutient Pr Belyamani. Une communication, visant à favoriser le maintien des comportements désirés, et contribuer à agir positivement sur la résilience communautaire et la cohésion sociale, préconise-t-il, qui à leur tour permettront d'accroître la santé mentale et le bien-être des personnes et des communautés.
Pour se faire, Pr Belyamani recommande la diffusion d'informations (données épidémiologiques, variants, données pharmacologiques, mesures à entreprendre...) claires, facile à comprendre et suscitant la confiance en adoptant des messages dans les langues des différentes couches et ethnies afin de réduire les barrières à la compréhension.
Il faut aussi, poursuit-il, que les informations soient bien dosées sur les risques pour limiter la prolifération de la peur, mais aussi sans entraîner sa sous- estimation. Il faut aussi, mobiliser les partenaires multisectoriels et les leaders d'opinion pour favoriser la résilience communautaire, en mettant en valeur les succès obtenus en réponse à la crise, en soulignant les innovations, la créativité et la capacité d'adaptation collective.
Pour conclure, Pr Lahcen Belyamini avance que la bonne communication doit respecter cinq grands principes à savoir la transparence, l'équité, la cohérence, la coordination et la prévisibilité.


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