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Décarbonisation du Maroc, comment ?
Publié dans Hespress le 13 - 07 - 2021

Changement climatique. Une expression qui revient de plus en plus dans le quotidien de l'humanité qui, de plus en plus, en prend la juste mesure. Elle vit, voit et sent que le climat change effectivement, un changement qui apporte son lot de mots et de maux.
Et partant, d'autres expressions s'imposent : Limitation du réchauffement climatique à 1.5°c, neutralité carbone, décarbonisation des économies... Des termes liés aux efforts de lutte contre les impacts dangereux des changements climatiques, mais restent difficiles à appréhender.
Pour justement simplifier les choses, expliquer ce qui doit l'être, et présenter les scenario permettant de tracer la meilleure trajectoire de décarbonisation du pays, le Policy Center for the New South et Enel Green Power Morocco, avec l'appui technique de l'AFRY, ont entrepris une modélisation pour quantifier ces changements.
Au Maroc, les conséquences du changement climatique sont de plus en plus visibles. Le schéma changeant des précipitations et de la sécheresse, l'augmentation des températures moyennes et des canicules, les inondations et l'augmentation du niveau de la mer affectent de plus en plus de nombreuses régions, est-il ainsi souligné.
Et pourtant, le taux d'émission de gaz à effet de serre (GES) du Maroc est relativement faible, comparé à celui d'autres pays. En 2016, les émissions totales de GES du Maroc ont atteint 86.127,7 gigagrammes d'équivalent dioxyde de carbone (Gg éqCO2), soit environ 0,2% des émissions mondiales de GES.
Les niveaux d'émission devraient toutefois considérablement augmenter au cours des prochaines décennies, compte tenu du développement économique continu du pays.
Ambitions revues à la hausse
Soucieux de lutter contre le changement climatique, le Royaume contribue aux efforts mondiaux en opérant une transition rapide vers une économie résiliente et à faible émission de carbone, tout en renforçant les aspects d'équité et de progrès des objectifs de développement durable (ODD).
Par conséquent, le Maroc a soumis sa contribution déterminée au niveau national (CDN) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) lors de sa ratification de l'Accord de Paris le 21 septembre 2016.
Le pays s'est engagé à atteindre l'objectif inconditionnel d'une réduction de 17 % de ses émissions de gaz à effet de serre, en comptabilisant les activités de l'agriculture, de la forêt et autres utilisations des terres (13 % sans l'AFAT), d'ici 2030, par rapport au scénario CNA (Cours normal des affaires), et l'objectif conditionnel d'une réduction de 42 % de ses émissions de gaz à effet de serre, y compris l'AFAT (34 % sans l'AFAT), par rapport au scénario CNA, d'ici 2030.
En s'engageant sur la voie d'un développement durable et inclusif, le Maroc devrait transformer son profil de production et de consommation énergétique, générant ainsi de nombreux bénéfices en termes de réduction des émissions de GES.
Dans le cadre de cette opération de modélisation, le PCNS et ses partenaires ont élaboré plusieurs scénarios afin d'évaluer les options potentielles à adopter :
Cours normal des affaires (CNA)
Ce scénario décrit le système énergétique qui sera probablement mis en œuvre, au cours des décennies à venir, si les options stratégiques actuelles et les composantes de la gouvernance, de l'offre et de la demande en énergie sont maintenues.
Ambition accélérée (AA)
Ce scénario va non seulement au-delà du scénario CNA, mais aussi au-delà de l'objectif inconditionnel du Maroc. Il comprend des mesures-clés qui influent fortement sur la demande, comme l'efficacité énergétique, la réforme progressive de la subvention du gaz de pétrole liquéfié (GPL), la mobilité propre et électrique et un recours accru au dessalement.
Développement vert (DV)
Ce scénario exploite tous les leviers de décarbonisation possibles.
Résultats au niveau national
Les experts qui se sont penchés sur la question estiment que deux scénarios de décarbonisation, à savoir AA et DV atteignent des objectifs de décarbonisation plus élevés que la politique actuelle Si l'on exclut l'AFAT, en 2030, les émissions de GES diminueront de 25 %, selon le scénario AA, dépassant ainsi l'objectif conditionnel de la CDN, mais n'atteignant pas son objectif inconditionnel.
Le scénario DV va au-delà des objectifs conditionnels et inconditionnels de la CDN et permet de réduire les émissions de GES de 40 %.
À l'horizon 2050, dans le cadre des scénarios AA et DV, les émissions de GES seront réduites de 56 % et 74 %, respectivement, par rapport au scénario CNA.
Les objectifs de décarbonisation selon les scénarios AA et DV seraient atteints principalement grâce à une électrification poussée des secteurs finaux et à une pénétration accrue des sources d'énergie renouvelables (SER) dans le mix de production d'électricité, y compris l'hydrogène vert.
À l'horizon 2050, la consommation totale d'énergie du Maroc atteindra 54 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) dans le scénario CNA, contre 39 Mtep dans le scénario et 32 Mtep dans le scénario DV.
Les économies de consommation d'énergie, dans les deux scénarios de décarbonisation, sont obtenues grâce à une réduction de l'intensité énergétique, notamment dans les secteurs industriel et tertiaire, et à une électrification accrue des secteurs des transports, du résidentiel et de l'agriculture.
Par conséquent, la part des produits pétroliers dans la consommation énergétique totale passe de 74 % dans le scénario CNA à 39 % dans le scénario AA et à 19 % dans le scénario DV. En revanche, la part de la consommation d'électricité passe de 13% seulement dans le scénario CNA à 40% et 58%, respectivement, dans AA et DV.
Transition intermédiaire jusqu'en 2030
Les efforts de modélisation montrent que les secteurs des transports, de la production d'électricité et du résidentiel sont essentiels à la décarbonisation de la consommation d'énergie du Maroc grâce à un changement approprié de technologies, à l'efficacité énergétique, à l'électrification des utilisations finales et à l'élimination progressive des sources d'énergie polluantes.
Les auteurs de cette modélisation en concluent que ces objectifs ambitieux permettront sans doute de réduire la pollution locale, mais aussi de créer un nouveau moteur de croissance, fondé sur un système innovant d'activités économiques qui stimulent la transformation et favorisent un développement compétitif et responsable.
Pour atteindre les objectifs à long terme de 2050, il faudra passer par une transition intermédiaire jusqu'en 2030 et prévoir des incitations supplémentaires pour réduire les coûts de la transition. En ce sens, l'analyse des coûts et des avantages de la transition énergétique est cruciale pour déterminer les incitations adéquates et les stratégies spécifiques à adopter.


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