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Webinaire CDG : « «La finance verte, un levier pour relancer la croissance économique »
Publié dans Hespress le 06 - 10 - 2020

L'Institut CDG dans son cycle de webinaires a organisé ce mardi 06 octobre 2020 un séminaire autour de la thématique de la finance verte. Intitulée «La finance verte, un levier pour relancer la croissance économique ». La réunion abordait le défi de la finance verte à savoir l'orientation des capitaux vers le financement de la transition bas-carbone, l'enjeu du climat, de la biodiversité et de la nature qui s'impose aujourd'hui plus que jamais.
Les quatre intervenants au webinaire, Hamid Tawfiki, Directeur Général CDG Capital, Bertrand BADRE, Président Directeur Général, Blue Like an Orange Sustainable Capital, Ex Directeur Général et Directeur Financier de la Banque Mondiale, Benoit LEGUET, Directeur Général, I4CE et Mihoub Mezouaghi, Directeur de l'Agence Française de développement (AFD) au Maroc ainsi que le et le modérateur Aziz Boucetta (Directeur Panorapost) ont tour à tour tenté d'y répondre à travers des questions telles que : Où trouver les meilleures opportunités de croissance ? Faut-il continuer à viser uniquement le rendement ? Faut-il changer de paradigme et intégrer le climat dans nos évaluations et prises de décisions et autres ? Dans ce contexte, le volet économique l'emportera-t-il sur le volet climat ou sera-t-il possible de concilier les deux objectifs ? Tout cela sans omettre que la crise sanitaire a provoqué un choc sanitaire, économique et social. Les pays sont dans l'obligation d'effectuer des choix judicieux dans l'allocation des ressources qui se raréfient. Croissance verte et croissance durable sont d'actualité et les plans de relance devront être verts. Quand et comment faudra-t-il passer à l'action ?
Mais qu'est-ce que la « finance verte si ce n'est la notion qui définit les actions et opérations financières qui favorisent la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique. La finance a un rôle majeur d'allocation des ressources dans l'économie. Seulement, la finance traditionnelle dirige l'épargne vers les projets les plus rentables, sans prendre en compte les aspects environnementaux des investissements effectués. La finance verte, quant à elle, finance des projets ne portant pas atteinte à l'environnement, ou permettant le développement d'une économie durable. Pour Bernard Badre « toute la finance doit devenir durable pas seulement un petit bout vert ou un petit bout blanc, on doit passer d'une industrie financière qui est structurée autour du couple risque/rendement mais autour de trois points risque, rendement et impact ou risque rendement et durabilité ». Plus tard il dira en réponse à la question : Comment concilier entre le profit du capitalisme et la finance verte, sont-ils complémentaires ou paradoxaux ? « Il faut « réorganiser le profit comme un moyen de satisfaire les besoins de notre planète, de nos besoins et de ramener la finance verte et ce qu'elle représente, la finance durable de la périphérie au cœur de la question »
Pour Hamid Tawfiki, « c'est une finance low-carbone ou bas-carbone, une finance climat, et enfin une finance verte qui s'occupe de tous les aspect environnementaux, non seulement l'atténuation et l'adaptation mais également les autres sujets que sont l'eau, les déchets etc. ». On retiendra également ceci du Directeur Général CDG Capital « dans la nouvelle économie il y a une nécessité de penser à la finance verte. De manière plus vague la gestion du risque au Maroc on a commencé avec la COP 22 par un projet de Bank Al-Maghrib qui avait défini la feuille de route pour le verdissement du secteur financier ».
Benoit Leguet y voit plutôt « une finance que l'on doit verdir, un outil pour mettre l'économie au service du climat ». Pour le levier des prises de risques climatiques il indiquera « c'est puissant, nécessaire mais loin d'être suffisant. En fait il faut se poser la question de savoir est-ce que la régulation financière peut être utilisée pour donner les incitations au secteur financier ». Ou encore, « en phase avec les obligations vertes, là il faut d'autres facteurs pour ne pas rater la transition énergétique, la régulation financière ne sert plus qu'à assurer la stabilité financière et l'efficacité du marché ».
Pour Mihoub Mezouaghi qui s'est intéressé au Royaume, mobilisé bien avant le déclenchement de la crise du Covid-19 en faveur du verdissement du système financier et qui s'est fortement impliqué pour promouvoir la finance verte il y a quatre ou cinq enjeux clés dont le premier « Au Maroc, nous sommes dans une région où la hausse des températures est bien supérieure qu'ailleurs et donc il faut inverser les priorités comme par exemple celle de l'eau. Second enjeu qui me parait important c'est le volontarisme de la politique du secteur public. Il y est peut-être mais pas suffisamment car la question du climat n'est pas tout à fait intégré dans les programmes de relance ».


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