Comment les consulats marocains en Espagne s'adaptent à l'afflux massif de demandes de régularisation    La Société Régionale Multiservices Casablanca-Settat rapproche ses services des citoyens et élargit son réseau d'agences au profit de 5 millions de clients    Le Maroc renforce sa coopération agricole en choisissant le Portugal comme invité d'honneur du Salon de l'Agriculture de Meknès 2026    Elu Produit de l'Année Maroc, Ce que révèlent les choix des Marocains : le palmarès 2026    Vers un leadership continental... le Maroc parmi les pays africains les plus avancés dans les technologies spatiales    Arrestation de Kinahan : Dublin salue une "coopération étroite" avec Abou Dhabi    OM : Bilal Nadir prépare son départ, plusieurs clubs intéressés    Akhannouch: Le dialogue social n'a jamais été un engagement ponctuel, mais un choix politique clair et assumé    Mondial 2026 : la FIFA dénonce des tarifs de transport jugés excessifs    Ayyoub Bouaddi : le signal fort venu de France qui relance tout    CAN féminine : les Lionnes de l'Atlas tirent des enseignements de leurs matchs de préparation    Mondial 2026 : le Maroc défiera le Salvador avant son test face à la Norvège    ¿Cómo se adaptan los consulados marroquíes en España al masivo aumento de solicitudes de regularización?    French-Moroccan actress Nadia Farès dies at 57 after pool incident in Paris    L'actrice franco-marocaine Nadia Farès décède à 57 ans à Paris    Casablanca : Arrestation d'un individu pour une violente agression ayant causé une infirmité permanente à une femme    Les températures attendues ce samedi 18 avril 2026    Le temps qu'il fera ce samedi 18 avril 2026    MO : Emmanuel Macron propose une mission internationale pour sécuriser le détroit d'Ormuz    Nouveau projet de loi contre le piratage des retransmissions sportives en direct    Dialogue social : Le gouvernement dresse le bilan et réaffirme ses engagements    Diplomatie. L'Equateur annonce l'extension de sa couverture consulaire au Sahara marocain    Concert : Ino Casablanca, "EXTASIA" en tournée marocaine    Arts plastiques : Ilias Selfati fait fleurir le papier    Budget ouvert : Le Maroc progresse mais la transparence fait encore défaut    L'ONMT déploie sa stratégie ciblée pour stimuler la croissance de Dakhla    Info en images. Transport routier : Hausse de 25% du soutien octroyé aux professionnels    La Bourse de Casablanca termine en hausse    Ecuador reaffirms support for Morocco's autonomy plan, to extend consular coverage to Sahara    Canadian Newspaper Praises Morocco and Highlights It as an Intelligence Powerhouse for World Cup Security    Agriculture : un rebond climatique soutient la croissance, sans dissiper les fragilités du modèle    Casablanca : le navire-école indien INS Sudarshini en escale pour renforcer la coopération navale    Un journal canadien salue le Maroc et le met en avant comme puissance du renseignement pour la sécurité du Mondial    Selon Trump, l'Iran accepte de "ne plus jamais fermer le détroit d'Ormuz"    Arts plastiques : Larbi Cherkaoui, l'expérience-limite de la lettre à L'Atelier 21    Kendji Girac «n'a jamais exprimé de positions politiques» pour Israël, selon la productrice des concerts au Maroc    Azzedine Ounahi vers l'Atlético Madrid ? Ce que l'on sait vraiment    Riaya : Signature de deux conventions pour l'insertion sociale et professionnelle des jeunes    Elections 2026 : Un projet de décret sur le soutien financier aux candidats de moins de 35 ans    Coopération Chine-Mozambique : pour le renforcement du partenariat stratégique global Partager    Le service militaire, un chantier royal prometteur pour former les jeunes et répondre aux exigences du marché de l'emploi    Brazzaville: Denis Sassou Nguesso prête serment    L'Iran a accepté de céder son uranium enrichi, annonce Trump    Youssef Belal remporte le Hart-SLSA Book Prize 2026 pour «The Life of Shari'a»    Belmkaddem : «Entre étoffes et moteurs, une célébration des cultures»    Festival Films Femmes Afrique de Dakar : Deux films marocains dans la compétition    Turquie: Un adolescent commet une tuerie dans une école    Alliance stratégique : Rabat et Washington officialisent une nouvelle décennie de coopération militaire renforcée    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Education: Comment inverser la culture de la médiocrité au Maroc?
Publié dans Hespress le 16 - 12 - 2019

L'enseignement au Maroc n'a pas fini de faire parler de lui… en mal. Après la publication des résultats de l'enquête PISA 2018 à laquelle le Maroc a pris part pour la première fois, les questions foisonnent et les éléments de réponse s'imposent d'eux-mêmes. Le problème ne se situe pas seulement chez les élèves qui n'ont pas le niveau minimum requis, mais c'est surtout le système éducatif au Maroc qui est sanctionné, avec évidemment des lacunes observées en son noyau même, à savoir l'enseignant.
Pour Youssef Saadani, directeur des études économiques à la CDG, par ailleurs pris de passion pour le domaine de l'éducation depuis de nombreuses années, le problème devrait être pris à bras le corps dès la racine, c'est-à-dire faire un focus sur le primaire et non pas attendre le collège pour régler les problèmes car à ce moment là, il sera trop tard.
« Il faut agir sur les bons niveaux éducatifs. Tout se joue au primaire, il n'y a pas de secret. Un pays qui est bien positionné dans le primaire, sera bien positionné dans dix ans», a-t-il affirmé, soulignant la nécessité de cibler les blocages majeurs, les contraintes cruciales et savoir qu'est-ce qui fait qu'à la fin du primaire, 2/3 des enfants ont des difficultés majeures de lecture et raisonnement mathématique.
Concernant les éléments handicapant le Maroc, Youssef Saadani y va de sa propre théorie. Selon lui, les causes principales des problèmes du primaire reviendraient à trois sujets, le premier étant l'accumulation des lacunes des élèves de la première année jusqu'à la sixième année de primaire. « Le système a une tolérance extrême à l'accumulation des lacunes sans frein à l'échec scolaire », déclare l'économiste estimant qu'il faudrait pouvoir faire des évaluations bien avant la sixième année et accompagner les élèves en difficultés à chaque niveau.
Le second sujet se rapporte à la solitude de l'enseignant dans l'exercice de son métier. « On demande à l'enseignant d'accomplir des tâches qui le dépassent complètement. Il est seul pour se développer professionnellement. Et il est seul pour aider ces élèves qui sont en grande difficulté », assène l'expert qui ajoute qu'en plus de cela on demande au professeur « de prendre en charge toute la détresse sociale du pays qu'on retrouve dans les classes ».
Filière de l'enseignement plus attractive
Enfin, troisième sujet, le plus important et qui se rapporte également à l'enseignant, point central du système, c'est la méthode de recrutement de ces derniers qui se fait par « anti-sélection ». Selon Youssef Saadani, le constat est là, « aujourd'hui le métier d'enseignant attire les plus mauvais de leur génération plutôt que les meilleurs», c'est un choix qui se fait par défaut et donc n'est pas un choix positif.
En effet, les licenciés qui se présentent au concours pour devenir enseignants, en passent plusieurs autres et choisissent entre le métier de policier, gendarme etc. une carrière qui leur parait plus intéressante que celle de l'enseignement, plus compliquée.
Ainsi, « il faudrait que le recrutement des enseignants se fasse après le bac pour que ça soit un choix positif. Il faut que la filière de l'enseignement soit prestigieuse et attractive », et attire les meilleurs bacheliers de leur génération et pas le contraire. Citant des chiffres pour illustrer ses propos, Youssef Saadani a fait allusion à une enquête de 2016, menée auprès des enseignants du primaire pour mesurer leur niveau par l'observatoire national de développement humain en collaboration avec la banque mondiale. Le résultat montre que 67,6% des enseignants ont un niveau minimum en maths (30% donc qui ne maîtrisent pas les opérations mathématique de base), 4,2% d'entre eux maîtrisent la langue arabe et le français le score est de 0%.
En outre, en ce qui concerne les nouveaux enseignants recrutés dans les récentes vagues, les données administratives sur la mention au bac, révèlent que presque 65% d'entre eux n'ont pas eu de mention. L'ambition serait donc de recruter les enseignants parmi les meilleurs de leur génération « en gros, on mettrait le seuil de sélection au top 30% au bac, donc ça fait un peu les meilleures mentions A.Bien. L'idée ce serait de prendre 1/3 des meilleurs chaque année », explique l'expert pour illustrer son idée de sortie de crise.
Pour rappel, les résultats de l'enquête PISA 2018 qui placent le Maroc parmi les derniers du classement rejoignent la plupart des résultats des autres enquêtes internationales (avec méthodologies différentes) sur l'éducation réalisées au Maroc (PIRLS pour la lecture, TIMSS pour les mathématiques, et PNEA une évaluation nationale).
Selon les résultats, plus des 2/3 des élèves marocains à tous les stades de la scolarité ont de grandes difficultés d'apprentissage. Concernant seulement PISA, 73% d'élèves de 15 ans au Maroc n'ont pas un niveau de compétences suffisant en lecture en n'atteignant pas le niveau 2 minimum de l'OCDE qui leur permettrait de réussir dans la vie adulte et le marché du travail, contre une moyenne de 22% pour les pays de l'OCDE.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.