Analyste des politiques d'éducation à l'OCDE, Soumaya Maghnouj a présenté ce mercredi au siège du ministère de l'Education nationale, une grille de lecture des résultats obtenus par les élèves marocains dans le cadre du Program for International Student Assessment (PISA). Une réunion qui s'est déroulée en présence du Directeur central de l'évaluation et des examens du ministère, Mohamed Sassi, qui a tenté d'apporter des réponses d'ordre qualitatives par rapport au classement du Maroc. Décryptage. Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi le système éducatif national s'est classé 75e sur 79 pays ayant choisi de participer à cette étude menée par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont le Maroc n'est évidemment pas membre. L'OCDE rassemble en effet une trentaine de pays européens et nord-américains ayant en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché. Mais comme l'a rappelé Mohamed Sassi, le Maroc a décidé de prendre part au PISA pour « mettre un terme de comparaison, établir l'hiatus entre la compétence aux niveaux international et national, et agir en conséquence ». Notons de prime abord que le test PISA se base sur une évaluation des élèves âgés de 15 ans, inscrits dans le système scolaire formel, suivant un échantillon représentatif de la population, indépendamment du cycle scolaire où ils évoluent. Couvrez ce test que je ne saurais voir Le responsable du ministère propose plutôt de « dévoiler le cachet » de ce genre d'études menées à l'échelle internationale. « On s'accroche souvent à des aspects qui ne sont pas vraiment fondamentaux, comme le classement, et on oublie tous les enseignements que nous pouvons en tirer » a-t-il expliqué car selon lui, « un classement reste essentiellement un déterminent qui fait partie de la réalité éducative« . Mohamed Sassi indique en ce sens que pour le Maroc, les élèves ayant passé le test PISA sont, à 22% d'entre eux, au niveau de première et de deuxième année du collège. Si on y ajoute ceux qui sont à la troisième année du collège, le Maroc présente un taux de 54% des élèves collégiens âgés de 15 ans. « Les élèves du même niveau scolaire dans l'échantillon de la Chine, arrivée première du classement, est de 2% seulement », note le Directeur central qui estime que « la position du test doit être basée sur des connaissances et compétences acquises progressivement par les niveaux scolaires« . Toujours dans le cadre comparatif, Mohamed Sassi a signalé que les pays les mieux classés du test ont un taux d'élèves collégiens âgés de 15 ans qui varie entre 8% et 40%. « Le problème n'est pas seulement d'avoir des connaissances, mais de les avoir à un certain âge, en ayant un certain niveau scolaire« , justifie-t-il, ajoutant que « cela touche l'efficience des systèmes scolaires dans leur capacité à garantir un apprentissage normal et naturel des élèves dans leurs parcours scolaire, en minimisant les cas de redoublants et d'échecs scolaires ». Des modèles asiatiques en tête En dévoilant les détails chiffrés des résultat rendus publics, l'analyste des politiques d'éducation à l'OCDE, Soumaya Maghnouj a notamment fait un commentaire sur le classement avancé des pays du sud-est asiatique. « Les systèmes éducatifs asiatiques ont beaucoup de choses à apporter, en particulier Singapour qui est un pays qui a développé la formation des enseignants via un système de collaboration au niveau des écoles, et qui est très positif« , a-t-elle souligné au sujet de la question de s'inspirer de modèles éducatifs reconnus comme « réussis ». Il s'agit d'après l'experte d'un élément qui a montré son effet et qui, même au sein des pays de l'OCDE, dont la Chine ne fait pas partie, peut être pris en tant que modèle. Prenant l'évolution des carrières des enseignants comme exemple, la Chine « fait en sorte que l'évolution des carrières reflète non seulement les années d'expérience mais aussi les compétences, tout en appuyant les enseignants pour développer ces dernières au cours de leurs carrières », indique Soumaya Maghnouj. S'agissant de la question linguistique dans le cas du Maroc où l'enseignement en langue maternelle continue de susciter les débats, l'analyste relevant de la Direction de l'éducation et des compétences de l'OCDE a assuré que le test PISA « est mené dans la langue d'instruction qui est l'arabe dans le cas du Maroc ». L'experte souligne à cet effet que « les pays peuvent choisir de mener le test en d'autres langues s'ils y voient un intérêt, ou si l'enseignement s'y fait en d'autres langues ».