L'agence de notation américaine, Moody's, a donné la note « BA1 » (stable) pour l'emprunt obligataire en euro, lancé par le royaume sur le marché financier international. Cela dit, l'agence indique que cela pourrait bien creuser l'endettement du royaume à fin 2019. L'agence de notation américaine se veut positive pour l'opération menée par le ministère de l'Economie, des Finances et de la Réforme de l'Administration (MEFRA). En effet, le royaume a procédé à l'émission d'un emprunt obligataire sur le marché financier international pour un total de 1 milliard d'euros, pour une maturité de 12 ans, avec un taux d'intérêt à 1,5 %. Il est à noter que la prime de risque a été fixée à 139,7 points de taux. Cette opération a été menée par le ministre de tutelle, Mohamed Benchaâboun, en compagnie d'une délégation du Trésor, et ce, auprès des différentes places européennes (Paris, Zurich, Londres, Francfort, Amsterdam/La Haye). L'émission a été faite sous le format 144A/Reg S, afin de permettre la participation des acteurs européens tout aussi bien qu'américains à l'opération. Ainsi, 285 investisseurs ont pris part à l'émission, qui a généré un total de 5,3 milliards d'euros sur le carnet d'ordre. Le ministère a d'ailleurs indiqué que cela est un témoignage de la confiance des institutions financières internationales, ainsi que les agences de notation dans le Maroc. Cela dit, concernant l'opération, Moody's indique que les risques sont élevés, mais restent abordables pour la dette du royaume. L'agence indique que le système bancaire est bien capitalisé, mais est toujours susceptible par rapport aux risques liés à la concentration. De plus, les créances douteuses ont représenté une part de 7,7 % des crédits octroyés à fin septembre dernier, ceux-ci ayant concerné principalement le portfolio de l'Afrique Subsaharienne. Par ailleurs, l'agence se montre bien confiante dans le potentiel économique du royaume, tout en indiquant que la réforme fiscale entamée, à la lumière des dispositions du PLF 2020, qui mise grandement sur le développement du secteur Social, se fait toutefois à un rythme bas. Les principaux risques relevés par l'agence, sur l'économie nationale, concernent l'activité agricole, qui a été grandement impactée par la situation météorologique, notamment pour ce qui est de la pluviométrie, mais aussi la progression du chômage auprès de la population en âge de travailler, et le climat politique, qui reste assez stable, si ce n'est les affaires liées au Hirak du Rif. Pour ce qui est de l'évolution de la note du royaume, Moody's indique que celle-ci devrait se maintenir à un niveau positif, dans la mesure où l'on mettrait en place un écosystème favorable pour le développement des activités non-agricoles. Quoiqu'il y ait peu de chances pour une baisse de cette note, l'agence de notation indique que les entreprises détenues par l'Etat, ainsi que les acteurs du secteur bancaire pourraient bien impacter la note négativement, dans le cas où il ne s'alignent pas sur les réformes proposées, notamment pour ce qui est d'encourager l'investissement et le développement des activités des TPME, notamment celles opérant dans l'export.