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Entretien : La décharge de Médiouna en quête des normes européennes
Publié dans Finances news le 28 - 07 - 2010

* Sita Maroc assure toutes sortes d’activités d’assainissement, que ce soit la collecte des ordures ménagères, la gestion in situ avec la mise à disposition du personnel ou le tri et la valorisation des déchets.
* A défaut d’une plate-forme exécutoire, le tri sélectif ne sert absolument à rien.
* Il y a des rejets dangereux auxquels Sita El Beida peut donner une seconde vie, tout en réalisant des économies pour l’entreprise soucieuse de préserver l’environnement.
* Point de vue de Thomas Forgacs, Directeur général de Sita El Beida
- Finances News Hebdo : La question des déchets solides au Maroc représente l’un des aspects majeurs de l’environnement urbain. Comment votre structure peut-elle remédier à ce fléau ?
- Thomas Forgacs : Aujourd’hui, Sita, qui est à 100% filiale de Suez Environnement, a deux structures : Sita El Beida dédiée au marché des collectivités, c’est-à-dire aux communes de Rabat, Casa, voire tout ce qui est délégation de services publics. Au Maroc, comme en France, il y a 50 ans, généralement le service de la collecte et du nettoiement se faisait en régies par les municipalités. Aujourd’hui, on s’aperçoit qu’il y a beaucoup de conflits sociaux et d’investissements, sachant que des capitaux importants sont nécessaires pour l’acquisition du matériel. Les gens externalisent ainsi de plus en plus la gestion de la collecte et du nettoiement. En clair, ils cherchent des prestataires de services. C’est d’ailleurs ce que fait Sita El Beida avec toutes les collectivités (Oujda, El Jadida, Rabat, Casablanca et le groupement
Al Bayar).
On peut dire que le marché des grosses collectivités constitue l’activité principale de Sita El Beida. Ensuite, nous avons une autre structure, Sita Maroc, qui est dédiée à l’industrie. Elle répond aux besoins des particuliers et des entreprises pour toute la gestion de leurs déchets, comme la gestion déléguée sur site telle que celle de Renault. Sur ce site-là, il y a une quarantaine de personnes qui acheminent tous les déchets sur une plate-forme pour les trier ensuite et les valoriser. Sita Maroc assure le nettoyage industriel chez Lesieur, et la valorisation des déchets chez Somaca et procède à la récupération des huiles chez Total. Elle opère dans toutes sortes d’activités concernant les déchets, que ce soit la collecte pure jusqu’à la gestion in situ avec la mise à disposition du personnel pour le tri et la valorisation des détritus.
Je suis même tenté de dire que c’est une nouvelle activité au Maroc. La valorisation des déchets se veut désormais une véritable valeur ajoutée.
- F.N.H. : Comment procédez-vous à la collecte et, surtout, vers combien de décharges acheminez-vous les déchets ?
- T. F. : En ce qui concerne la structure de Sita El Beida, sur le marché dédié aux collectivités, on n’a pas de collecte sélective à la source. C’est-à-dire qu’on ne voit pas dans la ville de Casablanca des bacs de couleurs différentes devant permettre de trier, dès la collecte, les différents types de déchets.
- F.N.H. : Qu’est-ce qui empêche d’effectuer ce tri à la source ?
- T. F. : Il faut sensibiliser les gens à ce type de comportements, les éduquer. Il faut également mobiliser d’importantes ressources financières parce qu’une collecte sélective coûte plus cher que celle qui est faite normalement. Pourquoi ? Parce qu’on sera obligé de multiplier le nombre des bacs et celui des camions du moment qu’il s’agit de collectes différentes. Ou encore, acquérir des camions qui vont coûter cher parce qu’il s’agit de camions en bi-flux qui vont ramasser, par exemple, le verre et le plastique en même temps. C’est une collecte qui est beaucoup compliquée à mettre en œuvre. Mais nous n’avons pas de leçons à donner, parce que nous, en France, avons mis 50 ans à l’instaurer. Et, surtout, le coût est très important.
Aussi, la collecte sélective ne présente d’intérêt que si, à la finalité, l’exutoire est maîtrisé. Aujourd’hui, si on entreprend la collecte sélective en séparant le carton du plastique, il faut avoir une plate-forme en mesure de les traiter et de les conditionner séparément. Sinon, la collecte sélective ne sert absolument à rien.
Ce que nous proposons, et c’est d’ailleurs pour cela que nous avons créé Sita Maroc, aux industriels, aux restaurateurs et aux opérateurs, c’est de ne rien jeter dans les décharges, c’est nous-mêmes qui allons assurer le ramassage des déchets dits spéciaux et valorisables. A noter qu’il existe des déchets industriels dangereux (DID) auxquels on peut donner une seconde vie.
Nous avons trouvé une alternative pour commencer à mettre en place le tri au Maroc, et c’est par l’intermédiaire de Sita Maroc en faisant du tri sur place.
Si on prend l’exemple de Somaca, elle a une enveloppe budgétaire pour la gestion de ses déchets. Nous avons réussi à diviser par deux cette enveloppe budgétaire, parce que nous lui rétrocédons 50% de ce qu’elle nous a donné rien qu’en rachat de matière.
- F.N.H. : Est-ce que tous les industriels font appel à vous pour la gestion de leurs déchets ?
- T. F. : Non. En fait, ce sont surtout ceux qui sont soucieux de l’environnement. Le problème c’est qu’à chaque fois qu’il y a du profit qui peut être généré par une activité, il y a des gens, soucieux de la sauvegarde de l’environnement qui vont le faire correctement. Comme nous, parce que nous appartenons à un grand groupe, que nous avons un code d’éthique, certifiés
ISO 14000… et puis nous fournissons une qualité de service, alors que certains industriels ne recherchent que l’argent et se désintéressent du mode opératoire.
- F.N.H. : Comment se présente la concurrence dans votre activité ?
- T. F. : Nous souffrons d’une concurrence pas tout à fait formelle qui nous gêne parce que nos concurrents pratiquent la collecte à l’aide de petits camions et sont dépourvus d’équipement de sécurité.
- F.N.H. : Quelle est votre appréciation de la gestion des déchets dans une grande ville comme Casablanca ?
- T. F. : La gestion des déchets constitue un grand problème dans toutes les grandes villes, parce qu’elle fait appel au civisme des gens, au professionnalisme de l’entreprise et au partenariat avec la commune. Aujourd’hui, dans le Grand Casablanca, nous nous sommes équipés en contenants et en bacs, en tout 1.500 poubelles et, tous les ans, nous nous réapprovisionnons en bacs. Malgré cela, nous avons un taux de dégradation de 80% pour ce qui est des bacs. Pour vous donner une idée sur le degré de dégradation, en Europe c’est 4 à 5% seulement. Il y a un réel problème d’utilisation des bacs. On a beau mener des campagnes de communication et de sensibilisation dans les écoles, mais ce n’est pas suffisant. Il est indispensable de sensibiliser les enfants et de leur expliquer la nécessité de procéder au tri. Il faut par conséquent qu’une véritable culture de gestion des déchets s’installe au Maroc.
- F.N.H. : Depuis votre implantation au Maroc, quels sont les principaux changements que l’on peut compter à votre actif ?
- T. F. : Au niveau de Sita El Beida, c’est 20% de croissance organique par an.
Nous sommes la première société au Maroc à assurer la gestion des gravats et des déchets verts sur Rabat. Pour nous, c’est important, parce que nous avons démontré que nous sommes capables de valoriser les gravats et les déchets verts qui, auparavant, allaient à la décharge et limitaient davantage sa capacité.
- F.N.H. : Quid de nos décharges ? Obéissent-elles au moins à des normes ?
- T. F. : Aujourd’hui, il y a une véritable volonté de Sa Majesté et du gouvernement, notamment dans le cadre de la charte environnementale de réhabiliter les décharges dites en fin de vie. On le voit avec tous les appels d’offres qui concernent soit la construction, soit la gestion des décharges et qui correspondent à des normes environnementales actuellement en vigueur. Il y a une forte mobilisation de ressources en faveur de la réhabilitation des décharges et de l’élimination de celles dites non formelles. Dans la ville de Casablanca, il y a un programme de réhabilitation de la décharge de Médiouna pour qu’elle puisse répondre aux normes européennes.


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