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Q&R : UEMOA : Le taux de croissance 2009 à 3,5%
Publié dans Finances news le 04 - 06 - 2009

Les économies des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont été frappées de plein fouet par la crise. Au point que le taux de croissance du PIB pour 2009 a été revu à la baisse.
Philippe-Henry Dacoury-Tabley, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), répond aux questions de Finances News Hebdo.
- Finances News Hebdo : Quelles ont été les premières mesures prises par la BCEAO face à la crise ?
- Philippe-Henry Dacoury-Tabley : Notre première démarche a été d’instaurer une cellule de veille, avec pour mission d’analyser les conséquences de la crise dans les pays de l’Union et de proposer une série de mesures. Ces analyses ont montré que les établissements de crédit ne disposaient pas dans leurs portefeuilles d’actifs toxiques, mais qu’ils pourraient être affectés par la dégradation de l'environnement économique peu favorable inhérent à la crise financière. C’est dans ce sens que la BCEAO a entrepris d’assurer un suivi régulier de la situation du système bancaire et d’y maintenir un niveau optimal de liquidité à travers ses opérations sur le marché monétaire.
- F. N. H. : Au niveau de l’UEMOA, le système financier a été relativement épargné. En cette période de crise, les chefs d’Etat ont tendance à s’en glorifier. En temps normal, cela ne démontre-t-il pas cependant un certain retard des pays de l’UEMOA par rapport aux développements des marchés financiers internationaux ?
- P-H. D-T. : Nous avons toujours déclaré que la crise financière a très peu impacté notre système financier du fait que nous avons une réglementation assez stricte qui ne permet pas aux banques d’aller acquérir certains produits, comme les produits toxiques qui ont été à l’origine de la crise. Par ailleurs, nous ne nous sommes pas trop impliqués dans le système financier mondial. Ce qui fait que la crise, sous son aspect financier, n’a pas eu un véritable impact sur notre système bancaire. Néanmoins, la crise économique, dérivée de la crise financière, nous touche de plein fouet.
- F. N. H. : Justement, est-ce que vous avez pu en mesurer l’impact sur l’économie réelle ?
- P-H. D-T. : Effectivement, parce que nous avons d’ores et déjà revu à la baisse notre taux de croissance initialement fixé à 4,7% environ. Actuellement, nous tablons sur un taux de croissance de 3,5%.
- F. N. H. : Avec la crise, commence à naître un certain protectionnisme des Etats, voire un nationalisme rampant. Comment percevez-vous ce phénomène et, en tant que gouverneur de la BCEAO, est-ce que vous le cautionnez ?
- P-H. D-T. : A notre niveau, nous ne sommes pas encore confrontés à ce type de comportement dans nos échanges avec l’extérieur. Il y a effectivement une baisse de la demande, mais que nous mettons sur le compte de la crise actuelle.
- F. N. H. : Quelles sont les mesures que vous avez préconisées pour l’après-crise afin d’accompagner justement les pays de l’Union ?
- P-H. D-T. : Le langage que je tiens aux autorités de l’Union est celui-ci : la crise nous a trouvés en crise. Par conséquent, les moyens d’en sortir sont des moyens préconisés depuis longtemps qu’il faut renforcer. Il faut poursuivre dans la voie des réformes structurelles et continuer à lutter contre la pauvreté. Il n’y a pas d’autres remèdes que de poursuivre les efforts de redressement.
- F. N. H. : La dernière crise financière majeure date d’environ 10 ans. En tant qu’expert, comment voyez-vous le système financier mondial dans 10 ans ?
- P-H. D-T. : Nous l’avons dit lors du symposium : nous allons dépasser cette crise, mais ça va être dur. Il faut que nous soyions vigilants à l’avenir et que nous appliquions scrupuleusement les mesures qui vont être édictées. Dans 10 ans, l’économie mondiale sera dans une dynamique de croissance si, bien entendu, nous retenons les leçons de la crise actuelle.


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