* Les créations demplois annoncées au premier trimestre 2009 concernent toujours les secteurs du BTP et des services. * Le bon comportement de la campagne agricole na pas eu deffets positifs sur lemploi en milieu rural. * Le taux de chômage sest stabilisé à 9,6% à léchelle nationale. Depuis pratiquement trois années, le Haut Commissariat au Plan annonce que la statistique du chômage est en nette amélioration. Aujourdhui encore et malgré le marasme que connaît la conjoncture nationale à cause des soubresauts liés à celle internationale, le HCP parle dune stabilisation du taux de chômage entre le premier trimestre 2008 et celui de 2009. 40.000 emplois ont ainsi été attribués résultant dune création de 76.000 postes en zones urbaines et dune perte de 36.000 postes en zones rurales. Comment notre indicateur demploi na-t-il- pas été affecté par la crise alors que le secteur du tourisme, qui était très représentatif dans son calcul, lest dans toutes ses composantes. Le taux de chômage sest ainsi stabilisé à 9,6% sur le plan national. Selon le milieu de résidence, le taux de chômage est passé de 14,7% à 14,1% en milieu urbain et de 4% à 4,7% en milieu rural. Le taux demploi, quant à lui, est passé de 46,1% à 45,4% ; il a baissé de 0,4 point en milieu urbain (de 38,6% à 38,2%) et de un point en milieu rural (de 56,8% à 55,8%). Daprès le HCP, les 36.000 postes perdus en zones rurales sont la résultante dun accroissement de lemploi dans les «services» de 74.000 postes et dans les «Bâtiments et Travaux Publics» de 42.000 postes et dune régression de lemploi des autres secteurs de 152.000 postes, lagriculture, forêt et pêche (68.000 postes) et dans les activités mal désignées (6.000 postes). Le BTP et les services génèrent la totalité des emplois Au niveau sectoriel, les créations demplois ont concerné exclusivement les services avec 113.000 nouveaux postes (5,9%) et les BTP avec 53.000 postes (soit 5,9%). Les autres secteurs ont connu, à linverse, une perte demploi ayant atteint 126.000 postes répartis comme suit : lindustrie, y compris lartisanat, a connu une perte de lordre de 60.000 postes demploi, soit un recul du volume de lemploi du secteur de 4,5%. Idem, lagriculture, la forêt et la pêche ont enregistré une baisse de 60.000 postes, soit 1,4% du volume demploi du secteur. La situation telle quelle est révélée par le HCP interpelle à plus dun titre. En effet, on remarque que la tendance dans le marché du travail est quasiment identique et ce en dépit de fortes mutations que connaît le contexte national. Ou plus exactement malgré le bon comportement de lagriculture au cours des deux dernières années, on assiste toujours à une conversion des agriculteurs dans les métiers du BTP. La situation na donc pas pour autant changé, notamment dans le secteur qui va de pair avec le monde rural, en particulier lagriculture. Aussi, le nombre de 40.000 emplois créés en lespace dune année reste relativement faible «La création nette de 40.000 emplois en un an est relativement peu, malgré tout. Parce quen un an aussi, il y a une demande demplois largement supérieure. Donc, en retenant même cette donne, on peut dire que le nombre de chômeurs a augmenté», commente un économiste. Aussi, lon constate une embellie partielle dans deux secteurs que sont le BTP et les services. Les autres secteurs ont, par contre, affiché un trend baissier. Le problème se situe essentiellement au niveau de certaines filières qui continuent à faire sortir des jeunes difficilement insérables dans le marché de lemploi. Mais cela nempêche pas de dire que dans certaines filières, il existe un énorme besoin de postes demploi. Cest dans ce sillage quun plan durgence de la formation professionnelle a vu le jour. Dans les différentes composantes du programme Emergence, il a été mis en place un institut dédié aux métiers de laéronautique, à ceux de lautomobile, de lagroalimentaire, des NTIC ou à dautres secteurs qui, aujourdhui, ont besoin de profils adaptés. La stabilisation du taux de chômage nest pas faite pour durer. Les secteurs créateurs demplois sont le BTP et les services. Le tourisme nen fait plus partie comme cétait le cas auparavant. Or, il ne faut pas omettre de préciser que le secteur du bâtiment a joui ces dernières années de grosses dépenses et de gros investissements qui ont eu un impact direct sur lemploi. On en déduit alors que lamélioration affichée dans un secteur tel que le BTP nest que conjoncturelle, dautant plus que la crise financière internationale, qui sévit encore, risque davoir des effets néfastes sur les secteurs qui dépendent dune manière directe ou indirecte de linternational.