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ASMEX Prochain rendez-vous à Skhirate
Publié dans Finances news le 24 - 05 - 2007

* Les Assises sur les exportations qui se tiendront le 12 juin prochain à Skhirate sont une occasion pour les opérateurs de réfléchir sérieusement sur l’urgence de mettre en place des mesures adéquates à même de donner un peu de souffle aux exportations.
Ces Assises en sont à leur 2ème initiative et se démarqueront certainement des précédentes dans la mesure où, depuis la première édition plusieurs évènements ont vu le jour. Depuis lors, le Maroc partie prenante des accords de l’OMC, a signé plusieurs accords de libre-échange et a mis en place le fameux programme Emergence. Ces Assises permettront de brosser un état des lieux de notre balance commerciale dont le taux de couverture des importations par les exportations ne cesse de se détériorer.
Les premières Assises ont été un appel aux entreprises à moderniser leurs équipements, à améliorer l’encadrement des ressources humaines et à diversifier les sources d’approvisionnement ainsi que les débouchés.
À cette occasion, les pouvoirs publics avaient passé en revue les efforts déployés par leurs instances en vue de rénover le cadre juridique et institutionnel, de simplifier et d’assouplir les procédures de dédouanement et de moderniser la législation douanière, de renforcer les infrastructures de base, les zones franches d’exportation… Chemin faisant, les premières évaluations des conséquences de l’ouverture sur l’économie marocaine n’apparaissent pas encourageantes, du moins à court terme.
Seront présentes à cette deuxième édition des Assises sur les exportations des personnalités avides de débattre de thèmes cruciaux comme la politique monétaire et la compétitivité, la réglementation des changes en liaison avec la promotion des exportations, les perspectives du commerce international dans le nouvel ordre mondial… Cette rencontre se veut aussi une occasion de s’inspirer des expériences étrangères, essentiellement en matière de promotion des exportations.
Aujourd’hui, presque sept ans se sont écoulés et l’heure est au bilan. Mieux encore, l’heure est aux aveux parce que nos entreprises ont du mal à être compétitives.
Il est à reconnaître qu’en dépit des efforts déployés, les entreprises nationales n’arrivent pas à affronter la concurrence étrangère.
On cite à titre d’exemple le Plan Emergence adopté ayant pour leitmotiv de moderniser et de renforcer les secteurs industriels existants, comme le textile-habillement, et de favoriser l’émergence de nouveaux métiers mondiaux tels que les composants électroniques, la sous-traitance automobile, l’aéronautique ainsi que l’offshoring.
L’exonération totale de l’IS et de l’IGR au profit des entreprises exportatrices pendant les cinq premières années constitue par ailleurs une des mesures permettant d’alléger la charge des coûts sur lesdites entreprises et de leur permettre d’être compétitives.
Au-delà de cette période, les entreprises bénéficient de la réduction de 50 % de ces impôts et de la suppression de la taxe d’inspection à l’exportation.
Des mesures ont été introduites par ailleurs au niveau de la Douane et ont permis de réduire de manière significative le délai de dédouanement des marchandises.
Sur le plan de la réglementation des changes, on assiste à un remplacement des mesures classiques de contrôle par d’autres plus libérales visant à encourager les exportations. L’opération d’exportation n’est soumise à aucune autorisation préalable et les exportateurs peuvent bénéficier d’une dotation en dirhams convertibles ou en devises fixée à 20% du montant des devises rapatriées.
Des écueils à éviter
Toutes ces mesures qui paraissent a priori importantes n’ont pu atteindre l’effet escompté, à savoir une amélioration de la compétitivité.
Dans son rapport du 30 mai 2006, la Banque mondiale souligne la nécessité de mettre rapidement sur pied une logistique commerciale performante. Avec un taux de progression moyen de 8,7 % par an, les exportations du Maroc affichent une progression continue depuis plus de vingt ans. Ces chiffres encourageants s’expliquent notamment par les accords de libre-échange signés avec l’Union européenne en 1996 et les Etats-Unis en 2004. Toutefois, il est à noter que ces accords de libre-échange soumettent aujourd’hui le pays à un environnement concurrentiel sans précédent. Comme le souligne le rapport de la Banque mondiale, ceux-ci «sont autant de défis lancés aux entreprises marocaines. (…) Résultante de ces accords de libre-échange, la protection tarifaire va progressivement disparaître et les produits européens ou américains pourraient directement concurrencer les produits marocains. (…) Il est donc indispensable pour les entreprises marocaines d’être compétitives dans ce nouvel environnement».
Une compétitivité qui, selon la Banque mondiale, est encore fortement handicapée par une logistique peu performante. Situé aux portes de l’Europe, le Maroc tire parti de sa proximité géographique. Cet avantage comparatif n’a de sens que si celui-ci est en mesure d’acheminer ses marchandises de manière sûre et efficace et d’assurer une livraison «juste à temps». «La logistique est créatrice de valeur ajoutée (...) Elle pourrait dynamiser l’économie marocaine en faisant apparaître de nouveaux services indispensables aux multinationales», insiste le rapport de la Banque mondiale.
Actuellement, les coûts logistiques totaux du pays s’élèvent à environ 20% du PIB, soit un ratio largement au-dessus de ceux de l’ensemble des pays de l’Union européenne. Fort heureusement, les autorités marocaines, conscientes de cette problématique, se sont déjà engagées dans une dynamique de modernisation des infrastructures. D’importants investissements, comme la mise en service du port de Tanger-Méditerranée, sont actuellement en cours d’achèvement.
Pour conserver les relations privilégiées que le Maroc entretient avec l’Union européenne, il est impératif, selon la Banque mondiale, d’améliorer sa logistique extérieure. Pour ce faire, elle recommande notamment de développer le secteur comme vecteur d’activité, à la fois à travers de nouveaux services mais aussi par la diffusion d’attitudes et de pratiques modernes dans les entreprises marocaines exportatrices ainsi que celles qui produisent sur le marché local».
Le développement de la logistique ne pourra se réaliser sans la mise en œuvre d’une coopération entre l’Etat, les entreprises et les organismes spécialisés dans le développement économique ou la formation».


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