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Stratégies de développement
Publié dans Finances news le 15 - 12 - 2005

Depuis 1960, l’économie coréenne a mis en place une stratégie économique basée sur l’industrie. Aujourd’hui, elle se spécialise dans l’industrie lourde de pétrochimie, construction navale, automobile et des semi-conducteurs, ce qui lui a permis de se placer au 11ème rang dans l’économie mondiale.
Pour le Maroc, miser sur le secteur agricole ne semble pas être le bon choix pour l’économie, puisque, il est toujours dépendant des conditions climatiques.
C’est dans l’objectif de promouvoir les relations économiques maroco-coréennes que s’est tenu, le jeudi 8 décembre, un séminaire co-organisé par le Haut commissariat au plan et l’Ambassade de Corée sous le thème : «Stratégies et perspectives du développement économique de la Corée et les moyens de promouvoir la coopération économique avec la République de Corée».
En l’espace de 4 décennies, la république de Corée a réussi à rejoindre le concert des grands et se propulser au 11ème rang dans l’économie mondiale, en 2004. Sur la décennie écoulée, la croissance moyenne du PIB coréen a été de 5,7%, alors que la croissance démographique n’a évolué que de 1%. Comparativement, la croissance de l’économie marocaine demeure faible avec un taux de 2,4% en moyenne par an. Le taux de croissance démographique, quant à lui, s’élève à 2% pour la même période.
Le revenu par habitant de la Corée du Sud en 2002 s’est établi à 9.800 dollars, ce qui représente 9 fois le revenu marocain, soit 1.200 dollars. Concernant l’indice de développement humain coréen (IDH), il se fixe à 0,882 selon le rapport du PNUD en 2001, alors que pour le Maroc il est estimé à 0,602.
Le modèle de développement coréen est un modèle original qui se base sur les politiques économiques volontaristes planifiées qui font intervenir à la fois l’Etat, les chaebols et les banques.
A ce niveau, il y a lieu de signaler le rôle très important que joue l’Etat coréen, depuis l’ère dictatoriale de Park Chung Hee, à travers l’élaboration des plans, le privilège accordé aux choix stratégiques et en favorisant les industries remontantes à travers les politiques appropriées des prêts bonifiés et des incitations fiscales.
Pour leur part, les chaebols ont été pratiquement les principaux artisans de la réussite économique de la République de Corée. Sur ce point, on rappelle que la contribution des 30 premiers chaebols est de 15% au PIB global, 30% au PIB manufacturier et 75% aux exportations.
Education et savoir
Ceci dit, comment capitaliser sur l’expérience coréenne pour asseoir une bonne stratégie de développement de l’économie marocaine, sachant que les deux pays sont partis en 1960 d’un même niveau de développement et ont eu des destins économiques, le moins qu’on puisse dire, dissemblables ?
Il est certain que l’histoire ne peut pas se reproduire, le Maroc ne pouvant pas revenir sur ses pas et reprendre à son compte l’expérience coréenne, mais il semble très instructif de s’inspirer du miracle coréen.
Au cours des années soixante, le niveau de développement de la Corée était comparable à celui du Maroc. La Corée dévastée par la guerre, surpeuplée et ne disposant d’aucune ressource naturelle, se trouve dans le rang des pays pauvres. Cependant, les Coréens ne vont pas s’arrêter là. Faisant preuve d’une grande combativité, ils se sont relevés et ont annoncé l’ère de la reconstruction.
Ils misent sur l’éducation et le savoir comme étant une ressource très productive. A partir de 1962, on assiste à la naissance de grands groupes coréens (Hyundai, Samsung, Goldstar…) ayant bénéficié de contrats publics très avantageux. D’autre part, l’aide massive des Etats-Unis (2 Mds de dollars par an) a été déterminante pour la relance de cette économie.
Ils décidèrent de se spécialiser dans des productions intensives en main-d’œuvre non qualifiée abondante et peu coûteuse et se tournèrent vers l’exportation dans les domaines du textile, de l’habillement, de l’assemblage électronique … .
A partir des années quatre-vingt, la Corée du Sud est désormais considérée comme une puissance industrielle regroupant les industries lourdes (pétrochimie, construction navale) et les industries exportatrices de pointe à très haute valeur ajoutée (automobile, électronique, semi-conducteurs…).
Aujourd’hui, les Coréens concentrent leurs efforts sur les secteurs de haute technicité comme les technologies de l’information et des communications.
Le Maroc à la traine
Pendant ce temps, le Maroc ne se remet pas encore de ses difficultés dans la transition post-coloniale. La division sur les questions économiques fait tomber le plan quinquennal de 1960 à l’eau et ces années s’annoncent pour le Maroc comme une période de stagnation économique.
L’évolution économique s’avère moins réjouissante. Sous le poids d’un endettement extérieur insoutenable, on se trouve contraint d’adopter à partir de 1983 un plan d’ajustement structurel concocté par le FMI.
Ce n’est qu’à partir des années 90 que la politique de réforme du cadre juridique et institutionnel de l’économie, entamée depuis les années 80 en vue d’améliorer les conditions d’une croissance plus forte, a connu une impulsion et donné lieu à un train de mesures législatives et réglementaires.
Aujourd’hui, notre économie reste toujours dépendante des conditions climatiques et le libéralisme commercial risque de pénaliser les exportations marocaines, le démantèlement en 2005 des accords multifibres rendant l’avenir du secteur du textile incertain.
Toutefois, le Maroc parvient à maintenir une relative stabilité de son cadre macro-économique. La balance des paiements est restée bénéficiaire et les réserves de change représentent l’équivalent de 11 mois d’importation de biens et services. L’inflation reste en dessous de 2% et le déficit budgétaire inférieur à 3,5%, grâce notamment aux recettes du programme de privatisation.
Les perspectives marocaines de développement demeurent prometteuses au regard des réformes entreprises. La position géographique dans le contexte actuel de la mondialisation de l’économie pourrait jouer un rôle accru dans les échanges entre les trois grands continents que sont l’Europe, l’Asie et l’Amérique. «Les dispositions des accords de libre-échange avec l’Union européenne, les Etats-Unis, les pays arabes et la Turquie offrent des opportunités appréciables pour attirer les investissements extérieurs, tournés vers l’exportation», précise M. Bijaad, secrétaire général du Haut Commissariat au Plan.
En définitive, le Maroc est en mesure de conduire des mesures stratégiques pour promouvoir son développement. Cependant, sans volonté, il ne peut y avoir de développement.


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