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Entretien avec l'économiste Driss Benali : «Le Maroc est en train d'hypothéquer l'avenir des générations futures»
Publié dans Finances news le 21 - 02 - 2007

* Le règlement anticipé de la dette intérieure risque de créer des tensions inflationnistes.
* Le recours aux maturités «long terme» permet à l'Etat d'être relativement à l'aise dans le remboursement de la dette.
Finances News Hebdo : Depuis quelques années, le Maroc s'est efforcé de réduire sa dette extérieure au détriment de sa dette intérieure. Quel est l'impact de ce choix sur les Finances publiques ? Et comment jugez-vous l'arbitrage que fait le Trésor entre dette extérieure et dette intérieure ?
Driss Benali : La dette extérieure a baissé, mais c'est la dette intérieure qui a augmenté. Celle-ci a un impact relativement significatif sur l'économie. Pourquoi ? Parce qu'elle engendre ce que l'on appelle l'effet d'éviction. Ça veut dire que l'Etat dispose d'une partie de l'épargne nationale et la détourne pour combler le déficit budgétaire au lieu de la laisser jouer son rôle de financement de l'investissement. Sur ce plan, le système bancaire y a aussi sa part de responsabilité. Les banques préfèrent à la limite financer l'Etat via les bons du Trésor plutôt que l'investissement. Pour les banques, l'Etat est plus sûr. Donc, la dette interne, en se développant trop, puise dans l'épargne nationale et, ce faisant, réduit les possibilités d'investissement dans le pays en ce sens que l'Etat dispose de cette épargne pour combler son déficit au lieu de la laisser à la disposition de l'investissement.
L'Etat opte plus pour la dette intérieure car il n'a aucune emprise sur la dette extérieure. Il peut y avoir un changement qui vous échappe totalement. La dette interne, en revanche, est à la limite maîtrisable. Elle peut en partie être financée par l'inflation qui, soulignons-le, reste toujours maquillée car ne prenant pas en compte plusieurs éléments dont, entre autres, le prix du foncier et de l'immobilier qui connaissent actuellement une surchauffe anormale.
F. N. H. : Concernant la dette extérieure, le ministre des Finances a affirmé que l'essentiel de la dette devient libellé en Euro permettant une couverture contre le risque de changes. En quoi cette option est-elle tenable sachant que le Dirham s'est déprécié par rapport à l'Euro et s'est apprécié par rapport au Dollar, ces derniers temps ?
D. B. : La dette interne est, disons, moins pesante dans le sens où elle n'est pas libellée en devises. Il y a au moins cet avantage. Car, si vous avez une dette extérieure, premièrement, elle est libellée en devises, donc, elle puise dans les réserves de l'Etat en devises. Deuxièmement, vous êtes à la merci des fluctuations d'une monnaie. Chose qui est arrivée au pays du Tiers-Monde en 1982. Le Dollar a été presque multiplié par deux suite au passage de l'Administration Carter à l'Administration Reagan. Et les pays qui avaient une grande partie de leur dette libellée en dollars ont vu leur dette se multiplier par deux.
Quand le Dollar baisse, l'Etat règle par anticipation. C'est ce qu'on appelle la gestion dynamique de la dette. Quand une devise commence à chuter, il faut régler le maximum de la dette que l'on peut dans cette période. Le Maroc le fait. L'Algérie aussi le fait. Et dans cette conjoncture baissière du Dollar, je crois que c'est le moment opportun pour l'Etat de payer toute sa dette libellée en cette devise. Il faut savoir aussi que les Américains laissent le Dollar glisser à dessein. Car cela les avantage pour l'instant. Leurs exportations augmentent, leur balance commerciale est en train de baisser...
F. N. H. : Qu'en est-il de la structure de la dette ?
D. B. : La dette marocaine est en grande partie une dette publique. Elle relève du Club de Paris et non du Club de Londres. Ainsi, elle est considérée comme une dette publique. Et dans ce cas de figure, le taux d'intérêt est plus faible. La dette marocaine, à titre d'exemple, est différente de la dette algérienne. Celle-ci est en grande partie une dette privée. L'Algérie étant un pays pétrolier, les banques internationales lui font confiance. La dette marocaine est en revanche une dette d'Etat à Etat. Elle est faite à partir de ce qu'on appelle de l'aide. L'aide consiste à fournir un crédit à l'Etat marocain avec un taux inférieur au Libor qui est le taux international des crédits. Ce qui fait que la grande partie de notre dette est facturée au-dessus du Libor. Maintenant, si cette dette est libellée en Euro, certes, cela stabilise le taux de change, mais ce n'est pas forcément favorable à l'Etat.
Le Dirham est déterminé, comme vous le savez, sur un panier de devises où l'Euro compte pour près de 65%. La dette est donc calquée sur les pondérations de chaque devise dans ce panier, ce qui permet une certaine stabilisation du taux de change. Mais ceci ne favorise pas forcément le Maroc au point de vue du remboursement de sa dette, l'Euro étant à un niveau très élevé qui handicape même l'Europe en terme de compétitivité par rapport aux Etats-Unis. En quoi donc ceci est favorable pour la dette du Maroc ? En rien je crois. En plus, la stabilisation du taux de change ne veut en aucun cas dire que celui-là est aujourd'hui favorable pour le pays.
F. N. H. : Le Trésor a annoncé, dans le cadre de sa nouvelle vision de «gestion dynamique de la dette», qu'il va régler par anticipation une partie de sa dette intérieure à partir de 2007. Quel impact aura cette initiative sur le marché financier ?
D. B. : Cela peut créer un climat d'inflation. Il y a un risque d'inflation, si l'Etat se lance dans le règlement par anticipation. Cela dit, si l'Etat part de l'idée qu'il faut relancer la demande et par conséquent veut injecter de la monnaie dans l'économie, ça peut être positif. Pour la simple raison que l'année 2007 risque de ne pas être au rendez-vous à cause de l'année agricole. Donc, si l'Etat paye par anticipation, il peut relancer la demande.
F. N. H. : Au registre des levées du Trésor sur le marché financier marocain, l'on constate une prédominance des maturités «long terme» dans l'encours levé. Quel commentaire pouvez-vous nous faire ?
D. B. : C'est très facile à commenter. Le recours aux maturités «long terme» permet à l'Etat d'être relativement à l'aise dans le remboursement de la dette. Elle n'a pas le couteau du remboursement sur la gorge, et c'est très important. Cela dit, pour le gouvernement actuel, c'est favorable parce qu'après tout il ne sera pas là. Mais en même temps, on risque de reporter cette dette sur les générations futures. C'est une manière aussi d'hypothéquer une partie de l'avenir des générations futures, car ce sont elles qui vont payer cette dette.


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