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Le Coin des Poétes N° 8 ISLAM
Publié dans Eljadida 24 le 28 - 08 - 2012

Rien ne réchappait au poète Il louait dans son chant les braves guerriers de l'islam, le calife Ali ou le poète et d'autres encore maniant habilement les épées,
chargent bravement les impies jusqu'au mépris de la mort, mettant en exergue leur foi inébranlable, leur persévérance dans l'adversité. Combattre pour Allah et mourir pour Allah est la meilleure chose qui puisse arriver à cet indigène musulman. C'est la félicité supérieure. Tôt, l'islam s'était donné un encadrement social par le biais des confréries religieuses pour créer des liens de fraternité plus poussés et qui s'exprimait par la voie du soufisme, doctrine prônant l'amour de dieu et la solidarité entre les adeptes. C'est une sorte de parti à adhésion pérenne, cependant dépourvue d'ambitions politiques pour conquérir le pouvoir. Cependant la pensée de ces confréries avait évolué en Algérie déjà au 19ème siècle pour repousser l'agression française. C'est dans cette période et sur cette terre qu'elle avait formulé toute son expression, à commencer par l'investiture de l'Emir Abdel Kader en tant que chef de guerre et chef de confrérie la Kadiriya. L'on voit alors presque toutes les confréries lui enjamber le pas et s'intégrer dans le mouvement de résistance contre les agresseurs. Parmi les confréries révolutionnaires irréductibles, on citera celles des Aissaoua et de la Rahmaniya.
Nous noterons que la Rahmaniya avait joué un rôle déterminant dans la guerre de 1871 qui se définit comme une véritable révolution par les structures innovatrices qu'elle avait produites, tels les tribunaux révolutionnaires qui rendaient des jugements dans voie d'appel pour les collaborateurs. Tout comme elle avait conduit la résistance sous la bannière de Lala Fatma Nsoumer. C'est dire qu'en moins de trente ans la confrérie obtint une audience nationale et provoquait des soucis majeurs aux autorités coloniales. A Marguerite son influence est prépondérante et les insurgés sont des adeptes de la Rahmaniya.

« Souviens-toi de Cordoue, Mecque de l'Occident
Brillamment élevée au cœur des confessions,
Où prêchaient religion des santons très ardents
Venus de l'Orient en grandes processions
Capitale du Maghreb qui régna sur l'Empire
Au service de l'homme, par amour du prochain.
Le foyer du savoir, centre des lumières.
Toujours présent, le verbe commenté du Roi Saint
De brousses naquirent les vergers généreux
Qu'irriguait l'eau douce, drainée par aqueduc
De marbre, s'élevaient ses palais somptueux
D'herbes et de sciences naquit la clinique
Souviens-toi de Cordoue, l'age d'or de l'Islam
Ton génie rayonna sur d'obscurs univers
Tu es l'enfant béni, non un triste quidam
Ton arbre est vivant, ton jardin toujours vert.

4. Conscience nationale :

Certains s'étonneront, dont quelques historiens qui classifient les évènements selon des schémas ne correspondant pas à la réalité algérienne et qualifient la majorité des révolutions algériennes comme étant paysannes et donc non nationalistes. La meilleure réponse nous est fournie par la grande guerre de 1871 ou la guerre de El Mokrani ou du cheikh El Hadad. Le premier était bachagha avant 1871 et considérait la présence française comme une force d'occupation qui prendrait fin, sitôt les conditions réunies. C'est vrai dans un sens. La présence française n'avait pas comme priorité l'implantation coloniale. Mais elle menait une cohabitation ou même la formation d'un royaume arabe, principalement sous Napoléon III. Donc il fallait attendre seulement cette transition se concrétiser et translater le pouvoir aux autochtones. Néanmoins, la destitution de Napoléon III avait comme corollaire la formation d'une république et l'investiture d'un régime civil en Algérie, aux mains des colons par le bais des communes, si bien que des historiens le qualifient de gouvernement des maires.
Une fois, le gouvernement civil institué en Algérie, Cheikh El Hadad proclama le djihad Conscient du danger que représentait le gouvernement des maires pour l'accaparement des terres et l'occultation de la participation de l'indigène dans la vie politique, le Bahchagha El Mokrani rallia la guerre dont il devint le chef incontesté. Ainsi, cette guerre se retrouve avec une autorité morale et une autorité matérielle. On retrouve cette dualité dans l'insurrection de Marguerite avec deux personnages clé : Hamza et Mabrouk. Ce dernier nous renvoie au personnage historique Yakoub :

« Libérez la fureur de vos cœurs tourmentés !
L'audace vit en vous jusqu'à la fin des temps.
Le fusil, le sabre sont votre liberté
Allumez la poudre ô guerriers d'antan !
Gronde le tonnerre et s'abat la foudre !
Ton courroux est plus vif, pourfends ton ennemi
Laisse-le paniquer, pousse-le à geindre
La terre fertile, récolte ton semis
L'heure annoncée par l'oracle pointera
Seuls de gros nuages cachent notre soleil
Le messie justicier parmi nous surgira
Notre moisson sera faite de vermeil
L'Allemand a vaincu le Roumi à Sedan.
Son déclin a sonné, sa fin est proche
Prépare le bûcher, le brasier ardent
Fête l'évènement, allume les torches. »




La traduction de l'œuvre du poète du Malhoun pose une problématique. En effet le terme Malhoun comporte un double sens :
- mélodique ; la production est plus un chant qu'un poème sans accompagnement musical.
- faute ; alors c'est l'altération du mot classique qui se concrétise vers sa fin pour donner une rime ou une mélodie ; en plus, le recours au dialecte est largement présent, sauf pour certaines grandes odes où la langue classique est largement employée, dûment altérée et confortée par des mots de dialecte local. C'est le cas de Hiziya. Donc il est difficile au traducteur de trouver le terme approprié pour désigner le mot Malhoun. Il serait souhaitable que les spécialistes lui trouvent un correspondant dans la langue cible, français ou autre. La poésie du Malhoun est essentiellement orale. Cette particularité ne lui assure pas une pérennité et tombe dans l'oubli avec la disparition de l'auteur. Car il existe des poètes qui ne savent ni lire ni écrire et pourtant leurs œuvres sont de grande beauté. .
L'écrivain dans sa traduction du malhoun devrait-il rester fidèle au texte source et faire une traduction littérale ou faire des transpositions qui enrichissent son œuvre en procédant à des interférences culturelles qui seront au service du nouveau texte de la langue cible ici la langue française. Cette deuxième fonction rend le texte d'origine plus riche, plus compréhensible, créé toutes fois dans son contexte socio-culturel et historique.


1. ô terre تحتاللحود
2. ô bonnes gens عزونييا ملاح
3. principale des filles فيرايس البنات
4. l'harmonie تأويل
5. Mon cœur s'est envolé avec la disparue Hizziya
قلبي سافر مع ضامر حيزيه * قلبي سافر مع اللي رحلت من الدنيا Il surgit en puissance llimitée les soldats avec lui et les goumiers à sa suite جبعساكرو معاه وجنودو مراه * طلبت تلقاه كل واحد بهدية

6. Ton œil, unité de poudre guerrière de Syrie
7. عينكقرد الرصاص حربي في قرطاس * مسوي كي غصن اللياس بيدين حربية

8. Je ne remercie point El bey,
9. La fille de Ahmed Bel Bey, muse de mes flatteries et de mon chant مانيش على الباي جدد يا غناي * بنت أحمد بن باي شكري وا غنايا

10. Bouche garnie d'ivoire, de sourire brûlante

Salive, colostrum de brebis, miel savoureux
11. الفم مثل العاج و المضحك لعاج * فييدك سيف النعاج عسل الشهابة

12. Elle repose dans la sépulture et mon feu brûle »
13. Tentes affrétées et le baroud langoureux
14. Lazreg me menant au royaume de Hizziya

15. لجحاف مغلقين و البارود ينين * عودي ( حصاني ) بيا يميل صاح باسم حيزية
16. في التل مسطفين واحنا محذورين* للصحراء قاصدين انا و الطواية

17. Décrire sa beauté dépasse la longueur du drapeau
18. Perle souriante au langage de maximes qu'elle m'explicitait

19. كانتطول لعلام و جوهرة في التبسام *وتمتع فب الكلام
20. وتفهم فيا
21. Seul dattier dans un jardin aux palmes ramifiées
22. Que le vent ploya et arracha avec les pousses
23. Je ne la croyais pas tomber, tout le temps en sécurité
24. كينخلة بستان في جنان مسقيةازند عنها الريح قلحها بالميح * مانحسبها طيح
ديما محضية

25. Ainsi ce Bon lui signifia le Visa et la dévia vers la sanctification
26. وترنيالمليح دارها في تصريح * حركها للمصيح ربي مولانا

27. خطفت عقلي وراحتمسبوغة الالماح * بنت الناس لملاح زادتلي كية
28. داروها في الكفان بنت اعظيم الشان * زادتلي حمان من بخل الحجيا

29. La fille aux sourcils colorés mise en cercueil
30. Dans la grande tente, son douar paré de soie tressée de cuir
31. En procession pieuse déchirante
32. Inhumation, reflet astral par un après midi brumeux et court
33. حطوها فيجحاف وحوموها في بياض * زينة الأوصاف حبي طول الدنيا
34. في حومتها قران كي ضي الكبان * انطلقت فوق السحاب في ضيق عشية
35. حومتها بالحرير وراقدة فوق السرير * وانايا كي الغشيم بيا ما بيا


36. Mon esprit est étreint de mysticisme
37. Et j'erre par delà les oueds et les collines
38. Ma raison happée s'en est allée


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