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Enseignement : La réforme victime de la politique
Publié dans Challenge le 26 - 04 - 2008

Toutes les réformes de l'éducation ont échoué depuis l'indépendance. Le résultat est simple : l'agonie de l'école marocaine. Tout projet de réforme est tributaire de la fin de cette prise en otage.
L'enseignement, et plus généralement l'éducation, sont une plaie puante. L'école marocaine est l'échec principal de l'après-indépendance. Le nouveau projet de réforme aura plus de chance de succès s'il s'instruit du passé. L'école, dans les sociétés qui ont réussi leur accès à la modernité, a fait l'objet d'un consensus. Le deal est très simple : l'école doit être un lieu du savoir et donc former les jeunes, mais aussi un creuset d'intégration, c'est-à-dire donner les mêmes chances à tous, et enfin véhiculer des valeurs consensuelles sur ce qu'est le pays concerné. L'école post-indépendance, au début, a rempli ces 3 fonctions. Elle était à la fois un lieu du savoir, d'intégration et de transmission de valeurs, essentiellement nationalistes à l'époque. Mais l'école devient très vite un enjeu de pouvoir. Hassan II, dès 1965, se rend compte du fait politique. Un projet de réforme visant à séparer les filières traditionnelles et modernistes - en fait très novateur - donne lieu au 23 Mars à Casablanca et à ses milliers de morts. Dès cette époque d'idéologisation de l'enseignement, ce poison mortel est instillé. Lycées et facultés «appartiennent» à la gauche, qui ne défend plus les fonctions de l'école, mais instrumentalise les jeunes et le corps enseignant. En 1972, le gouvernement lance une réforme du baccalauréat qui sous-tendait une volonté de pousser les élèves moyens vers un enseignement technique plus en rapport avec leur potentiel et ouvrant des perspectives d'emploi. La grève dure toute la saison scolaire, la fameuse année blanche, avec l'interdiction de l'UNEM en prime. C'est le début d'une guérilla universitaire et lycéenne et d'une répression féroce. Azzedine Laraki devient ministre de l'Enseignement. Il interdit la philosophie, impose l'arabisation et surtout crée les CPR (Centres Pédagogiques Régionaux). Ces centres accueillaient sur dossier ceux qui avaient raté le bac. Douze mois plus tard, ils enseignaient… aux futurs bacheliers une formation bâclée, monolingue pour ceux qui sont aujourd'hui formateurs des formateurs ! En 1983, Azzedine Laraki rompt tous les accords de coopération.
Laraki predator
Un an plus tard, il arabise les matières scientifiques. Il recrute des enseignants du Moyen-Orient, souvent Frères Musulmans pourchassés par les gouvernements de leur pays. C'est le début de la fin, l'idéologisation a gagné et l'école n'est plus. Cependant, il a des difficultés dans le supérieur, jusqu'à ce que l'UNEM meure de sa belle mort. Aujourd'hui, 16 ans après le mandat de ce liquidateur, nous n'avons plus d'école.
L'école n'est plus un lieu de savoir. Les manuels scolaires sont truffés d'aberrations. Ils enseignent qu'«il est illicite de manger avec un non pratiquant de la prière» et bien d'autres jouissances. Surtout, il n'y a plus aucune ouverture sur les autres ou sur la raison. Les jeunes Marocains n'ont plus le droit d'étudier les civilisations anciennes, les Sumériens par exemple, ni d'avoir des cours civiques non religieux. L'histoire à l'école commence par l'arrivée de l'Islam. Ni Juba II, roi reconnu par Rome; ni Jugurtha, roi qui a défié Rome; ni la Kahina, reine qui a combattu les conquérants musulmans, ne sont cités. Le Maroc juif, amazigh, païen, le Mauritius de l'Antiquité, n'existe pas dans notre cursus scolaire. L'école n'est plus un creuset d'interrogations. Les pauvres, les très pauvres, vont dans le public. Les autres mettent leurs enfants dans le privé. Les dirigeants istiqlaliens mettent leurs enfants dans les missions étrangères quand ils ont arabisé l'enseignement. Le Tchernobyl social est là. Les fils des pauvres doivent avoir beaucoup de chance et être des génies pour y arriver. Les fils de ministres n'ont qu'à attendre leur tour pour succéder à Papa. Il est presque exclu que de nouveaux Hassad, Abouyoub, Saaidi, voire Driss Basri, réapparaissent. L'école n'est plus un ascenseur social. L'école véhicule des idéologies et non des valeurs consensuelles, socle d'une nation. Les enseignants prennent les enfants en otage. Le drame aujourd'hui, c'est que l'école est en faillite, mais qu'aucun acteur ne veut accepter la seule issue : ramener l'école à ses missions principales. Cela suppose une confrontation avec un corps enseignant totalement délité, sans déontologie, de l'avis même du syndicat le plus puissant. Nous avons perdu plusieurs générations.
La nouvelle réforme ne pourra passer que si elle casse l'idéologisation de l'école, la mainmise des islamistes et le mercantilisme des enseignants. Facile à écrire, mais cela présuppose de mobiliser la société contre le corps des enseignants et, surtout, de résister aux pressions d'un corps qui a produit les élites politiques et syndicales de ce pays, mais qui a tout f… en l'air. La responsabilité de la gauche est engagée. C'est elle qui a fourvoyé le système éducatif en le prenant en otage. Elle doit avoir le courage de le reconnaître avant de reprocher aux autres de l'avoir fait pour leur compte.


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