Bétis : Abdessamad Ezzalzouli change de cap, un transfert imminent ?    Violence à l'encontre des enfants : une enquête nationale pour quantifier le fléau    Pilier de l'agriculture, l'élevage fait vivre 1,2 million de Marocains    Adouls : le PL 16.22 adopté en commission malgré une forte mobilisation    L'Office des Changes se réorganise    Casablanca : "Manga F'lmdina", une immersion japonaise au cœur de la Villa des Arts    Le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde dévoile sa 29è édition    En Espagne, le Maroc perçu comme l'une des principales «menaces militaires», derrière la Russie    Un vol Ryanair à destination du Maroc dévié vers la France après une urgence médicale à bord    Espagne : Le Polisario tente de torpiller une conférence animée par un de ses anciens membres    Olympique Safi - USM Alger : Youssef El Motie critique la naïveté des Marocains face au hooligans    Noussair Mazraoui : le couteau « suisse » de Manchester United    Nayef Aguerd : la FRMF prête à activer son protocole d'urgence    Un consortium égypto-émirati injecte 2 milliards de dirhams dans un projet touristique à Essaouira    Les défenseurs des droits humains rejettent les appels à tuer les chiens après la mort d'un jeune homme à Tanger    Morocco: Thunderstorms and temperatures up to 39°C this Monday    Olympic Safi goalkeeper slams Morocco's «excessive hospitality» after chaotic clash with USM Alger    The credibility of an electoral process cannot be fully guaranteed if it excludes a part of the population, the Minister of Foreign Affairs, African Cooperation and Moroccan Expatriates, Mr. Nasser Bourita, said on Monday in Rabat.    Les lauréats d'Al Akhawayn rendent un vibrant hommage à leur Université et s'engagent en faveur des générations futures    Travail des enfants : le CESE lance une consultation citoyenne    Tour Mohammed VI : Immersion dans ce nouveau symbole de la modernité marocaine    Flux Migratoire : la Méditerranée occidentale en hausse malgré la baisse globale des migrations vers l'UE en 2026    Chambre des conseillers: Séance plénière mercredi pour la discussion du bilan de l'action gouvernementale    Des diplomates africains s'informent de la dynamique de développement à Dakhla    Moral des ménages marocains : Un bond spectaculaire de la confiance début 2026    Coupes africaines: L'AS FAR en finale pour écrire l'histoire, première participation réussie de l'OCS    Conception du Stade de Nador: L'architecte Noureddine El Kenfaoui aux commandes    Casablanca lance la saison mondiale junior de surf avec le Morocco Mall Junior Pro 2026    Cap compétences 2030 : ce que le rapport de la BAD change concrètement pour les entreprises marocaines    SIAM 2026 : Kia Maroc accélère sur tous les terrains, de l'agricole à l'électrique    SIAM 2026 : Centrale Danone s'engage pour la résilience de la production animale    Dialogue social : premier round de discussions    L'Espagne nomme trois nouveaux consuls généraux au Maroc    Le Maroc consolide son rôle d'acteur clé dans le soutien à la stabilité politique en Afrique    L'Iran met en doute le "sérieux" des Etats-Unis dans le processus diplomatique    La Semaine mondiale de la vaccination célébrée du 20 au 24 avril au Maroc    Congo. Démission du gouvernement    Le Conseil de sécurité de l'ONU avance le débat sur le dossier du Sahara    Festivals : Jazzablanca et Tanjazz en voie de changer de mains?    Auto-Moto Morocco Fashion Week, une alliance d'exception défile plein phare    Le photographe marocain Charaf Lahib lauréat de la bourse AFAC pour son projet « Quand passent les hirondelles »    Kenya : le festival Blankets & Wine dévoile son programme 2026    Oumou Sy : création, traditions et modernité    Abdessamad Ezzalzouli captive l'Europe : le Betis fixe ses exigences financières    «Lilya et Rayane», la série d'animation 100% marocaine sur TV5MONDE+    Pyongyang tire plusieurs missiles balistiques de courte portée    La Turquie accuse Israël de vouloir créer un "fait accompli" au Liban    Vers un leadership continental... le Maroc parmi les pays africains les plus avancés dans les technologies spatiales    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



El Maleh, l'impossible interrogation
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 19 - 12 - 2002

L'écrivain Edmond Amran El Maleh va intervenir ce jeudi, à 19 h, au Centre de Abdelhaï Moudden sur un sujet très important. Le discours et la peinture seraient-ils incompatibles? L'un de nos meilleurs écrivains d'art va essayer de répondre à cette question.
Partons de cette phrase de Michel Foucault : «On a beau écrire ce qu'on voit, ce qu'on voit ne loge jamais dans ce qu'on dit, et on a beau faire voir, par des images, des métaphores, des comparaisons, ce qu'on est en train de dire, le lieu où elles resplendissent n'est pas celui que déploient les yeux, mais celui que définissent les successions de la syntaxe».
Le philosophe français a écrit cette phrase à l'occasion de sa fameuse analyse des «Ménines», le tableau de Vélasquez. La parole et le visible seraient-ils irréductibles ? C'est dans le texte que se manifeste l'attitude de l'écrivain vis-à-vis des arts plastiques, que ce soit par la confiance dont il crédite le pouvoir du langage ou par sa méfiance quant à la capacité des mots à rendre compte de ce qui se déploie essentiellement pour les yeux. Edmond Amran El Maleh est l'un des écrivains marocains qui ont interrogé avec le plus de régularité les arts plastiques. Il a écrit un livre magnifique sur Khalil El Ghrib, il en a consacré d'autres à Ahmed Cherkaoui et Tibari Kantour. Ceci pour dire que ce n'est pas à un théoricien mettant la charrue devant les bœufs ou à un universitaire verbeux qui applique des schémas préétablis que l'on a affaire ici, mais à un homme qui connaît le problème de l'intérieur, puisqu'il y est confronté dans l'exercice de son métier. «Comment est-il possible d'écrire à propos de la peinture ?
Comment situer ce qu'on écrit à partir de l'acte de peindre ?» telles sont les deux interrogations qui sous-tendent l'intervention d'Edmond Amran El Maleh. «Ou bien, on construit un texte, truffé de considérations métaphysiques, loin de ce qu'on a sous les yeux. Ou bien on essaie de parler de qu'on voit et partant, l'on s'expose à l'illusion de percer le mystère de la création», nous confie l'écrivain. Edmond Amran El Maleh a son idée sur le sujet : «Contrairement à ce qu'on croit et à la vogue des discours sur la peinture, cet art s'offre au regard, mais ne se donne pas à la parole. L'acte de peindre est irréductible au discours».
L'écrivain ne se contente pas de cette interrogation, il va plus loin. Il s'interroge sur la “validité”, la “pertinence” de son discours sur la peinture. C'est en cela que sa communication se distingue des propos que l'on a tenus jusque-là sur l'incompatibilité du visible et du verbal. Au-delà de la difficulté à écrire sur les arts plastiques, est-ce qu'un cortège de mots instruit vraiment sur des images ? Est-ce qu'il n'y a pas une espèce d'orgueil à essayer de faire tenir dans la trame d'un discours un objet récalcitrant ?
L'interrogation d'Edmond Amran El Maleh éclaire aussi sur cette modestie des vrais écrivains lorsqu'ils interrogent la peinture. Car contrairement à ce que l'on peut s'imaginer, tous les peintres ne sont pas friands des discours que l'on construit sur leurs œuvres.
L'Histoire de l'art est remplie d'exemples de plasticiens qui ont cloué au pilori des critiques qui ont péché par un excès de confiance quant au pouvoir des mots face à tous les modes d'expression. Ce rapport s'exacerbe souvent en conflit. À commencer par cette phrase de Léonard de Vinci : « La diversité à laquelle s'étend la peinture est incomparablement plus grande que celle qu'embrassent les paroles, car le peintre fera une infinité de choses que le langage ne saura jamais désigner faute de mots appropriés. » Cette phrase garde toute son actualité concernant les écrivains qui écrivent sur des peintres non figuratifs. Edmond Amran El Maleh l'a fait. C'est pour cela que son intervention va nous instruire sur la difficulté suivante : comment décrire ce qu'on voit et que les mots ne reconnaissent pas ? Avec quels mots décrire un espace qui se refuse au langage qui nomme le monde ? L'œil aperçoit, se saisit complètement de l'objet, mais le langage est impuissant devant ce que cet œil voit. Lorsque la peinture devient son propre objet, elle se donne entière à voir, et il n'y a plus moyen d'y reconnaître des détails du monde extérieur susceptibles d'être recouverts par des mots. Edmond Amran El Maleh n'a pas été paralysé par cette difficulté, puisqu'il est l'un des écrivains d'art qui ajoutent le plus de sens à l'art des autres. Mais il ne l'a pas fait sans quelques interrogations sur le bien-fondé de sa démarche. C'est l'humilité des grands !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.