Ryanair : Nouvelle liaison entre Valence et Rabat pour l'été 2026    Hôtellerie : Accor et Bouzoubaa signent le Pullman Casablanca Bouskoura    Intégration régionale : la CEDEAO renforce son alliance avec l'Espagne    Fibre optique. Une autoroute digitale entre la Zambie et le Mozambique    Foot : Double confrontation Maroc - Burkina Faso pour les Lionnes de l'Atlas    Les supporters de l'AS FAR appelés à la discipline au Complexe Moulay Abdellah    nucléaire : Américains et Iraniens se retrouvent ce jeudi à Genève    Xi Jinping appelle à un lancement vigoureux du 15e plan quinquennal (2026-2030)    Géopolitique. Younes Aït Hmadouch : "Parler de la fin du dollar serait économiquement excessif"    Digital et cybersécurité : le Maroc expose son modèle à Madrid    Ligue des champions : le Real Madrid expulse un supporter pour un salut nazi    Maroc Leasing : hausse du résultat net de 1,9 % en 2025    E-sport: lancement à Maârif du premier centre de gaming de Casablanca    Lekjaa salue le bilan de Gianni Infantino à la tête de la FIFA    Fès: l'USMBA et le CNRST s'allient pour promouvoir la recherche scientifique    Berrada: L'enseignement primaire dans les «Ecoles pionnières» atteindra 80% à la rentrée    Marco Rubio souhaite la fin des missions onusiennes inefficaces comme la MINURSO    Le Polisario silencieux suite à la suspension des liens par la Bolivie    Sahara: Le silence de Mistura témoin de la gêne de l'ONU    Etats-Unis : Nouveau soutien au projet de loi pour classer le Polisario comme organisation terroriste    Estados Unidos: Nuevo apoyo al proyecto de ley para clasificar al Polisario como organización terrorista    El Ktiri:La visite de feu SM Mohammed V à M'Hamid El Ghizlane: Un épisode glorieux dans le processus de parachèvement de l'intégrité territoriale du Royaume    Le programme du préscolaire réalisé à 80%, bénéficiant à plus de 985.000 enfants.    Cotonou: Le président du CESE plaide pour le renforcement du rôle des Conseils économiques et sociaux en Afrique    Foot féminin : Maroc-Burkina Faso en amical, les 27 février et 3 mars à Rabat    Christophe Leribault, nouveau président du musée du Louvre    L'Université Mohammed VI Polytechnique rejoint le réseau mondial APSIA    Le Chef du gouvernement préside une réunion de suivi de la mise en œuvre de la réforme du système de l'Education nationale et du préscolaire    Recherche scientifique : une nouvelle Unité régionale d'appui technique à Fès    Ramadan 1447: 27.700 ménages soutenus dans la province de Taroudant    Entre nage extrême et écriture, Hassan Baraka explore «le pouvoir du froid»    Procédure civile : la mue judiciaire est enclenchée    La FRMF dément le départ Walid Regragui, Xavi pressenti    Football : 5 arbitres suspendus après le match Raja Casablanca - Ittihad Tanger    Deux secousses de magnitude 3 enregistrées près d'Ifrane et Al Hoceima sans dégâts    Man arrested in Meknes for violent robbery of minor    Fútbol: 5 árbitros suspendidos tras el partido Raja Casablanca - Ittihad Tánger    Fusillade de Rotterdam : Le Maroc extrade le suspect vers les Pays-Bas    Le tambour Djidji Ayokwè retrouve la Côte d'Ivoire, 110 ans après son départ    Espagne-Témoignage au parlement. Un responsable sécuritaire espagnol salue le professionnalisme et la rigueur des services de sécurité marocains    USA : La nouvelle taxe douanière mondiale de 10% entre en vigueur    Sahara marocain : l'ONU confirme des négociations à Washington sur la résolution 2797    Nostalgia Lovers Festival revient pour une troisième édition au Vélodrome de Casablanca    Agadir mise sur la culture pour rythmer les Nuits du Ramadan    Le site historique de Chellah accueille Candlelight, la série de concerts immersifs qui réinvente la musique classique    Guerlain dévoile Terracotta Golden Dunes, inspiré par le désert du Maroc    FInAB 2026 : Cotonou au rythme des arts et de la création africaine    Edito. Capital humain    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



El Maleh, l'impossible interrogation
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 19 - 12 - 2002

L'écrivain Edmond Amran El Maleh va intervenir ce jeudi, à 19 h, au Centre de Abdelhaï Moudden sur un sujet très important. Le discours et la peinture seraient-ils incompatibles? L'un de nos meilleurs écrivains d'art va essayer de répondre à cette question.
Partons de cette phrase de Michel Foucault : «On a beau écrire ce qu'on voit, ce qu'on voit ne loge jamais dans ce qu'on dit, et on a beau faire voir, par des images, des métaphores, des comparaisons, ce qu'on est en train de dire, le lieu où elles resplendissent n'est pas celui que déploient les yeux, mais celui que définissent les successions de la syntaxe».
Le philosophe français a écrit cette phrase à l'occasion de sa fameuse analyse des «Ménines», le tableau de Vélasquez. La parole et le visible seraient-ils irréductibles ? C'est dans le texte que se manifeste l'attitude de l'écrivain vis-à-vis des arts plastiques, que ce soit par la confiance dont il crédite le pouvoir du langage ou par sa méfiance quant à la capacité des mots à rendre compte de ce qui se déploie essentiellement pour les yeux. Edmond Amran El Maleh est l'un des écrivains marocains qui ont interrogé avec le plus de régularité les arts plastiques. Il a écrit un livre magnifique sur Khalil El Ghrib, il en a consacré d'autres à Ahmed Cherkaoui et Tibari Kantour. Ceci pour dire que ce n'est pas à un théoricien mettant la charrue devant les bœufs ou à un universitaire verbeux qui applique des schémas préétablis que l'on a affaire ici, mais à un homme qui connaît le problème de l'intérieur, puisqu'il y est confronté dans l'exercice de son métier. «Comment est-il possible d'écrire à propos de la peinture ?
Comment situer ce qu'on écrit à partir de l'acte de peindre ?» telles sont les deux interrogations qui sous-tendent l'intervention d'Edmond Amran El Maleh. «Ou bien, on construit un texte, truffé de considérations métaphysiques, loin de ce qu'on a sous les yeux. Ou bien on essaie de parler de qu'on voit et partant, l'on s'expose à l'illusion de percer le mystère de la création», nous confie l'écrivain. Edmond Amran El Maleh a son idée sur le sujet : «Contrairement à ce qu'on croit et à la vogue des discours sur la peinture, cet art s'offre au regard, mais ne se donne pas à la parole. L'acte de peindre est irréductible au discours».
L'écrivain ne se contente pas de cette interrogation, il va plus loin. Il s'interroge sur la “validité”, la “pertinence” de son discours sur la peinture. C'est en cela que sa communication se distingue des propos que l'on a tenus jusque-là sur l'incompatibilité du visible et du verbal. Au-delà de la difficulté à écrire sur les arts plastiques, est-ce qu'un cortège de mots instruit vraiment sur des images ? Est-ce qu'il n'y a pas une espèce d'orgueil à essayer de faire tenir dans la trame d'un discours un objet récalcitrant ?
L'interrogation d'Edmond Amran El Maleh éclaire aussi sur cette modestie des vrais écrivains lorsqu'ils interrogent la peinture. Car contrairement à ce que l'on peut s'imaginer, tous les peintres ne sont pas friands des discours que l'on construit sur leurs œuvres.
L'Histoire de l'art est remplie d'exemples de plasticiens qui ont cloué au pilori des critiques qui ont péché par un excès de confiance quant au pouvoir des mots face à tous les modes d'expression. Ce rapport s'exacerbe souvent en conflit. À commencer par cette phrase de Léonard de Vinci : « La diversité à laquelle s'étend la peinture est incomparablement plus grande que celle qu'embrassent les paroles, car le peintre fera une infinité de choses que le langage ne saura jamais désigner faute de mots appropriés. » Cette phrase garde toute son actualité concernant les écrivains qui écrivent sur des peintres non figuratifs. Edmond Amran El Maleh l'a fait. C'est pour cela que son intervention va nous instruire sur la difficulté suivante : comment décrire ce qu'on voit et que les mots ne reconnaissent pas ? Avec quels mots décrire un espace qui se refuse au langage qui nomme le monde ? L'œil aperçoit, se saisit complètement de l'objet, mais le langage est impuissant devant ce que cet œil voit. Lorsque la peinture devient son propre objet, elle se donne entière à voir, et il n'y a plus moyen d'y reconnaître des détails du monde extérieur susceptibles d'être recouverts par des mots. Edmond Amran El Maleh n'a pas été paralysé par cette difficulté, puisqu'il est l'un des écrivains d'art qui ajoutent le plus de sens à l'art des autres. Mais il ne l'a pas fait sans quelques interrogations sur le bien-fondé de sa démarche. C'est l'humilité des grands !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.