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18 % des terres arables et 1 % des engrais consommés dans le monde : L'agriculture en Afrique a besoin d'être revitalisée
Publié dans Albayane le 14 - 03 - 2011

L'agriculture en Afrique, de par sa prédominance et son importance socio-économique, avec 18 % des terres arables à l'échelle planétaire, se trouve confrontée à un paradoxe dans la mesure où, sa productivité demeure faible du fait de la faible consommation des engrais (1 %), ont souligné les participants à la deuxième conférence pour le développement de l'agriculture en Afrique "FMB Africa 2011" (Fertilizer Market Bulletin).
Les participants à ce conclave, dont les travaux ont pris fin vendredi à Marrakech, ont indiqué que pour 65 % de la population africaine, l'agriculture constitue la première source d'emplois et de revenus.
Cette activité génère également de nombreux emplois indirects et occupe une place centrale dans l'économie, compte tenu de ses nombreux liens avec les autres secteurs non agricoles, ont-ils poursuivis, notant que ce secteur reste à la traîne en raison notamment, des politiques agricoles mises en place dans les années soixante-dix et quatre-vingt et qui ont mené à une impasse.
Et de faire remarquer qu'en l'absence de mesures correctives rapides, cette situation pourrait constituer une des plus graves menaces pour l'avenir de l'agriculture africaine, d'autant plus que si la productivité se dégrade, la population, elle, s'accroît pour atteindre un milliard d'habitants, précisant que l'Afrique importe, aujourd'hui, les trois quarts de ses besoins viviers.
La détérioration de la qualité des sols, manque d'infrastructures, et l'absence quasi-totale de formation et de connaissances agraires, tels sont quelque problèmes dont souffre le secteur agricole en Afrique.
Les conférenciers ont pointé du doigt également la faible utilisation des engrais en Afrique, estimant que les agriculteurs africains n'utilisent que cinq à 10 % de la quantité d'engrais utilisés dans d'autres régions en développement comme l'Asie. Il s'agit en fait d'une consommation d'engrais estimée à 8 kg par an par hectare, contre 120 kg en moyenne dans le monde. Ils ont tenu à souligner aussi que les conséquences de cette situation sur l'environnement sont aussi catastrophiques dans la mesure où, les sols faiblement fertilisés, s'épuisent très vite et l'agriculteur, du coup, défriche de nouvelles terres, ce qui engendre rapidement de graves phénomènes tel que la déforestation.
L'OCP pour une révolution verte
Le Groupe Office Chérifien des Phosphates (OCP), de par ses actions visant la réalisation du développement agricole en Afrique, se positionne désormais comme un acteur principal de la révolution verte dans le continent. Selon un document distribué lors de la Conférence "FMB Africa 2011" (Fertilizer Market Bulletin), l'OCP est résolument engagé pour encourager la révolution verte dans le continent africain, une révolution qui passe par une meilleure diffusion et utilisation des engrais.
"Il est primordial d'augmenter la productivité et la production agricole en Afrique ainsi que de ralentir la dégradation des sols, phénomène extrêmement coûteux, tant en termes humains qu'environnementaux" a indiqué M. Mhamed Ibnabdeljalil, directeur exécutif du pôle commercial du Groupe OCP, cité par le document.
Concernant le slogan "Donnons à la terre la force de nourrir les hommes", l'OCP se définit comme un producteur d'engrais, avec une responsabilité sociale et humanitaire, souligne le document, estimant que l'OCP en tant qu'entreprise marocaine leader sur le marché des engrais dérivés, "ne pourrait rester insensible à la grave crise alimentaire de 2008 et aux nombreux débats autour de la nécessaire révolution verte en Afrique".
"Cette préoccupation morale est complétée par une préoccupation économique. Si le continent a offert, jusqu'ici de très faibles débouchés pour la commercialisation des engrais, il représente, aujourd'hui, un très fort potentiel à condition d'adopter la bonne stratégie", a ajouté la même source.
La faible utilisation des engrais en Afrique, relève le document, s'explique par la question du coût de ces derniers, d'autant plus qu'il n'existe, en moyenne, qu'un ou deux distributeurs par pays, relevant que si le marché n'est ni structuré ni facile d'accès, l'OCP a décidé de s'engager dans son développement.
Pour ce faire, le Groupe a élaboré un plan en quatre objectifs qui devraient être réalisés dans les dix années à venir: le premier est de contribuer à créer un marché d'engrais viable et soutenu, tandis que le deuxième réside dans la volonté du Groupe de conquérir et de conserver la place de premier fournisseur d'engrais phosphatés en Afrique.
En troisième lieu, le Groupe OCP ambitionne de devenir un des leaders de la coopération Sud-Sud, en favorisant une approche de partenariat public/privé incluant à la fois décideurs et acteurs privés et enfin, le Groupe affiche sa détermination à consacrer sa position en Afrique, auprès des fondations de donateurs internationaux, des fermiers et des firmes agri- business et donc des acteurs qui constituent le marché de l'agriculture du continent.


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