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Près de deux millions de Marocains sont concernés
Journée mondiale du diabète
Publié dans Albayane le 22 - 11 - 2015

Le 14 novembre de chaque année, la communauté internationale et, avec elle, le Maroc célèbrent la Journée mondiale du diabète (JMD), qui est organisée par la Fédération internationale du diabète (FID) et soutenue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette journée est destinée à sensibiliser le grand public à cette maladie, qui touche de plus en plus de personnes, pour mieux faire comprendre au plus grand nombre ses causes et ses répercussions sur la vie des individus qui en sont atteints et surtout d'attirer l'attention sur les meilleurs moyens de lutte contre cette lourde pathologie aux conséquences parfois dramatiques et qui, faut-il le rappeler, touche des sujets de plus en plus jeunes.
La journée mondiale du diabète est célébrée chaque année le 14 novembre, Cette date a été choisie car c'est l'anniversaire de Frederick Banting qui, avec Charles Best, sont les premiers à avoir développé la théorie à l'origine de la découverte de l'insuline en 1922. La première journée mondiale a été lancée en 1991 comme réponse à l'escalade de l'incidence du diabète dans le monde. Depuis, elle a gagné en popularité et rassemble désormais des millions de personnes dans le monde entier, dont les leaders d'opinion, les professionnels et prestataires de soins de santé, les médias, les personnes atteintes de diabète, et le grand public.
Le diabète est un problème de sante publique majeur par sa prévalence importante et croissante d'une part, et son impact socio-économique d'autre part .Il touche une partie active de la population et constitue un problème sanitaire mondial en pleine expansion. Selon l'OMS et la Fédération internationale du diabète : En 1985, une évaluation incertaine mais sans doute assez proche de la réalité, donnait 30 millions de diabétiques dans le monde.
En 1994 puis 2000, une évaluation plus fine donnait respectivement 110 et 150 millions.
Toujours selon les estimations de la Fédération internationale du diabète, on comptait 285 millions de diabétiques de par le monde en 2010. En 2011, ce sont prés de 366 millions de personnes qui vivaient avec un diabète
En 2015, se sont 382 millions d'individus qui sont concernés par la maladie diabétique.
Comme on le constate, nous sommes face a une courbe est exponentielle, le diabète ne cesse de toucher de plus en plus de personnes a travers le monde, tous les pays sont concernes par ce mal. En 2035 le mal touchera 600 millions de personne Entre aujourd'hui et 2035, la prévalence de diabète passera de 8,3% a 9,9% noir 12 % de la population mondiale.
Chaque année, 5 à 6 millions de décès sont imputables au diabète dans le monde.
Se sont la des chiffres qui interpellent et il est grand temps d'agir aujourd'hui avec célérité pour endiguer du mieux que nous pourront ce fléau qui ne connait pas de repos.
Le Maroc, pays en pleine phase de transition démographique, nutritionnelle et épidémiologique les études ont montre des chiffres se situant autour de 6,6%, soit plus d'un million et demi de Marocains en 2010.Mais les dernières estimations nationales atteignent aujourd'hui 9% pour les personnes âgées de plus de 20 ans. Et si l'on considère les tranches d'âge au-delà de 50 ans, la prévalence dépasse les 10% et plus Ce qui dignifie que se sont plus de 2 millions de personnes qui souffrent du diabète dans notre pays. Faute d'une politique de dépistage planifiée et d'une collecte précise des données, le diagnostic de diabète est en général fait a l'occasion de symptômes évocateurs dans 50% des cas, voire même a l'occasion de décompensations métaboliques aigues, de complications cardiovasculaires (angine de poitrine, infarctus du myocarde, accidents vasculaire cérébral, hypertension artérielle) ou dégénératives (insuffisance rénale, rétinopathie diabétique, neuropathie et pied diabétique) dans plus de 25 % des cas. Ce qui signifie que pratiquement 50% des personnes ignorent qu'ils sont des diabétiques et ne seront dépistés que tardivement, c'est dire toute la problématique que pose aujourd'hui la prise en charge du diabète.
Il est toutefois possible, dans une large mesure, d'éviter le diabète et ses complications. Il existe des interventions éprouvées et abordables. Tout le monde est concerne et tout le monde a un rôle à jouer pour aider à inverser la tendance du diabète, et donc protéger notre avenir, celui des générations montantes. Une multitude de petites actions modestes peuvent donner lieu à des résultats significatifs pour les personnes atteintes de diabète et les individus à risque. En adoptant une meilleure hygiène de vie, en chassant les kilos superflus, oublier les graisses saturées pour se mettre aux fibres, pratiquer sérieusement un sport, on peut alors réduire son risque de diabète. Et ça marche si l'on en croit l'étude menée par le très sérieux National institute of Health qui a indique que 30 minutes d'exercice physique (marcher, par exemple) suffisent à diminuer de 58% le risque de développer la maladie. Alors contre le diabète marchons.
Entretien avec Moulay Ahmed Farouqui
Afin de mieux cerner les différentes facettes de ce mal insidieux, ravageur, nous avons été à la rencontre du professeur Moulay Ahmed El Farouqui, imminente personnalité du monde de la médecine Marocaine, ancien Doyen de la Faculté de Médecine de Casablanca, et du service d'endocrinologie et diabétologie au niveau de l'hôpital Ibn Rochd de Casablanca, expert international en étude du diabète, actuel président de la société SMEDIAN
Question : Le diabète est qualifié de problème majeur de santé publique. Que pouvez- nous nous dire à ce sujet ?
Pr Moulay Ahmed Farouqui : Concernant le diabète de type 2, les causes sont connues depuis longtemps et sont, surtout, liées au mode de vie qu'on appelle, communément, l'hygiène de vie et l'obésité. Si on veut détailler ses causes, je dirais que cette épidémie du diabète est favorisée par les changements du mode vie, dont le manque d'activité physique (sédentarité) et les mauvaises habitudes alimentaires (alimentation riches en gras et sucres), qui conduisent, inévitablement, vers la prise de poids et l'obésité. Il existe des facteurs héréditaires, qui facilitent la survenue du diabète de type 2, si les parents au premier degré sont, déjà, diabétiques. Pour le diabète de type 1 et qui ne concerne que 10% des diabétiques, on assiste, également, à l'augmentation de sa fréquence dans le monde et ceci est, peut-être, lié à des problèmes d'environnement
Qu'en est-il de la situation épidémiologique ?
Selon les chiffres avancés par la Fédération internationale du diabète, le nombre de diabétiques dans le monde en 2013 était de 382 millions. Le plus important, ce n'est pas le chiffre en soi, mais sa progression constante, et dans ce sens, les experts estiment qu'à l'horizon 2035, ce chiffre va pratiquement doubler. On va atteindre 600 millions de malades diabétiques au niveau mondial. En termes de prévalence, c'est une augmentation de 55 %
Mais le plus important, c'est quand on observe ce qui se passe par région. En Europe, on note la progression la plus faible, elle est de 22 %. En Amérique du nord, c'est une progression de 37 %. Mais quand on regarde en Afrique, on constate que c'est une progression de 109 %
Au niveau de la région Mena (Afrique du nord, Moyen Orient), la progression est estimée à 96 %. Nous constatons que les deux régions les plus touchées par le diabète sont l'Afrique et la région Mena. En Afrique le nombre de diabétiques en 2013 était de 20 millions, et à l'horizon 2035, ce chiffre atteindra 41 millions de diabétiques, c'est le double, soit 109 %.
Au niveau de la région Mena, on estime que le nombre des diabétiques est de 35 millions et qu'à l'horizon 2035 ce chiffre atteindra 68 millions, soit 96 %. C'est énorme.
Nous sommes face a une pandémie, face à une maladie qui progresse sans cesse, et c'est à mon sens, ce qui doit nous alerter le plus en tant que professionnels de santé, mais aussi les responsables et décideurs de nos système de santé, la société civile, les associations...
Quelle est l'ampleur de la maladie au sein de la population marocaine ?
Il y a l'enquête nationale organisée par le ministère de la Santé en 2000 concernant les facteurs de risques. C'est une référence. Bien sûr elle date, mais elle est importante. Concernant le diabète, elle nous apprend que pour la population de plus de 20 ans la prévalence du diabète est de 6, 6 % , il est important de noter que cette prévalence est plus élevée en milieu urbain (9 %) , qu'en milieu rural (4,4 %), et elle touche de façon égale les hommes comme les femmes. Il y a aussi une autre enquête régionale cette fois-ci, mais sérieuse, réalisée en 2013 par le ministère de la santé, la société marocaine de néphrologie avec le concours de l'OMS (enquête Maremar), cette enquête a concernée Khemisset, El Jadida. Elle a visée une population entre 60 et 70 ans.
10.000 personnes ont été sélectionnées. Les enquêteurs ont pris comme référence une glycémie à 1,26 g /l. Les résultats ont montre une prévalence de 13 %, on voit bien la progression avec l'âge. En 2014, un communiqué du ministère de la Santé nous apprenait que nous avons au Maroc 1.700.000 diabétiques et qu'il prenait en charge 560.000 diabétiques dont 240.000 sous insuline. Selon les chiffres avancés par la Fédération internationale du diabète en 2013, le nombre de diabétiques au Maroc était de 1, 5 million, avec une prévalence de 7, 29 % chez une population de plus de 20 ans. Ce chiffre est à prendre avec beaucoup de précaution car il y a autant de malades diabétiques qui s'ignorent. Si on ne procède pas à un dépistage, à un diagnostic précoce de la maladie et à une prise en charge adaptée, certains malades qui s'ignorent vont s'exposer à des complications graves (cardiovasculaires, rénales, cécité ) et finiront par arriver à l'hôpital dans un tableau de situation urgente (infarctus du myocarde, gangrène ..) ce qui va avoir un impact socio-économique : absentéisme, manque à gagner. Aujourd'hui, il serait plus sage et plus indiqué de jouer la carte de la prévention et le Maroc sera gagnant sur toutes les lignes.
Quelles sont les facteurs favorisants du diabète de type 2
Il faut d'abord rappeler que le diabète de type 2 est la forme la plus fréquente de diabète (90 % des cas). Parmi les facteurs favorisants, il y a l'hérédité qui est fortement présente dans cette affection,
L'environnement joue un rôle important expliquant la forte augmentation de prévalence de cette affection. Les hommes sont plus vulnérables que les femmes. L'âge, influe aussi et plus on vieillit, plus le risque augmente. La femme qui donne naissance à un bébé de plus de 4,1 kg est exposée. La prévalence est plus importante au sein de la population urbaine qui est plus exposée .L'excès pondéral et l'excès d'apport calorique et principalement d'origine lipidique, l'hypertension artérielle (HTA) et la sédentarité jouent des rôles déterminants dans l'émergence de cette affection.
De plus, parmi les obèses, ceux dont la répartition des graisses est centrale ou androïde sont ceux qui deviennent diabétiques de type 2. D'autres facteurs comme le stress et le tabagisme, l'alcoolisme sont aussi à l'origine de cette maladie.
Quelles sont les complications du diabète ?
Il faut tout d'abord rappeler que le diabète constitue un problème majeure de santé publique, que le nombre de diabétique augmente de jour en jour , que cette maladie évolue a bas bruit , et que de ce fait de nombreux malades qui s'ignoraient vont arriver à la consultation au stade des complications . Les complications sont multiples, variées, de gravité importante. Il faut savoir que le diabète est la première cause d'insuffisance rénale, qui va nécessiter des séances de dialyse à vie, de causes d'infarctus du myocarde chez l'homme et chez la femme, la première cause d'artériopathie des membres inférieurs, entrainant aussi des amputations des orteils et pieds, une des grandes causes d'accidents vasculaires cérébraux, les rétinopathies secondaires au diabète cause de cécité
En outre, il faut savoir que le diabète favorise les infections bactériennes et mycosiques provoquant ainsi des infections urinaires et cutanées. Ces infections déséquilibrent le diabète.
Toutes ces complications vont avoir une incidence négative sur cette maladie, ils aggravent et diminuent l'espérance de vie des personnes atteintes de diabète. Pourtant la majorité des complications liées au diabète peuvent être évitées, diminuées ou retardées si le diabète est dépisté et traité précocement et correctement.
Quelles mesures adopter pour prévenir cette maladie ?
Il y a l'éducation et la sensibilisation de la population, les professionnels de santé ont un grand rôle à jouer dans ce registre, en encourageant nos concitoyens à adopter des attitudes de vie saines, à manger équilibré, a pratiquer une activité physique, a marcher au moins 30 minutes par jour. Ce changement d'attitude doit commencer dès le jeune âge, le rôle des parents et des éducateurs à l'école est déterminant
Le second niveau concerne la prévention secondaire, dans lequel le dépistage précoce du diabète de type 2 avec, en conséquence, une prise en charge précoce et une réduction des complications. Ce dépistage doit être destiné aux sujets à risque de développer le diabète.
Il faut encourager les personnes âgées de 35 ans et plus a consulter leur médecin au moins une fois par an pour dépistage du diabète. Des efforts concernant la prise en charge du diabète et surtout quand des complications apparaissent, bien des diabétiques avec gangrènes sont ballotés d'hôpital en hôpital. Il s'agit aujourd'hui de permettre aux diabétiques d'avoir l'accès aux soins quel que soit le degré de leurs complications. La question qui se pose naturellement est de savoir s'il existe, dans notre pays, une politique de prévention, contre cette maladie et ses complications ? La réponse est connue. Il ne fait aucun doute que le ministère de la santé entreprend des actions louables et qu'il reste encore beaucoup à faire, des efforts sont nécessaires, il nous faut mener une grande réflexion avec des objectifs à court, moyen et long termes, et l'implication de tous les acteurs sur le diabète (ministère, société savantes, association... Ensemble tout est possible.


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