Consultations au CPS avec les pays en transition politique : le MAE burkinabé salue l'initiative du Maroc    L'Afrique du Sud soutient le polisario pour détourner l'attention du "nouvel apartheid" interne    L'ancien chef du renseignement espagnol : le Maroc ne renoncera pas à ses revendications sur Ceuta et Melilla, tout comme l'Espagne ne renoncera pas à Gibraltar    Paris exprime sa vive préoccupation face au regain de tensions dans le sud du Liban    Canada: Des élections anticipées auront lieu le 28 avril    Espagne : La moitié du pays en alerte intempéries    Le tuniso-suédois Mounir Chebil nouvel entraîneur de l'OCK    Voici la hauteur des pluies enregistrée ces dernières 24H    Hatim Bettioui, nouveau président du Forum d'Asilah    Après l'Algérie, l'Afrique du sud fait face à un mouvement indépendantiste    La concertation publique sur la liaison électrique sous-marine entre le Maroc et le Royaume-Uni commence le 24 mars    La Libye remercie le Maroc pour son soutien à sa candidature au Conseil africain de paix et de sécurité    Andalousie : les exportations reculent de 6,1 % mais progression soutenue vers le Maroc (+7,8 %)    L'acheminement des 2 500 têtes de bétail paraguayen vivant vers le Maroc attend le feu vert final de Rabat    Tensions avec la France : acculé, Alger tente d'apaiser la crise alors que Paris garde la main    Le journal italien « Il Foglio » lance une édition entièrement rédigée par l'IA, une première mondiale    Journée mondiale de l'eau : Les cinq leçons d'une sécheresse structurelle    Foot féminin : le Real remporte son premier clasico !    Emirats Arabes Unis : Al Jazira d'Amouta en finale de la Coupe    L'étrange conception européenne du libre échange    Después de la crisis, Argelia aboga por la reconciliación tanto con Francia como con España    Aicha Duihi's fight for Sahrawi rights : Advocating from Geneva to end impunity in Tindouf    Casablanca: Marcha hacia el consulado de Estados Unidos para protestar contra su apoyo a Israel    Aziz Akhannouch en visite à Médine en Arabie Saoudite    FRMF /Arbitrage : Les axes du plan d'action d'Ismail El Fath dévoilés    Eliminatoires Mondial-2026 (6è journée/Gr. E): Youssef Belaamri convoqué pour le match contre la Tanzanie    Le CPS de l'UA souligne le rôle stratégique du Groupe des sages dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix    Gaza: un nouveau bilan fait état de 50.021 morts    Le ministre chinois des Affaires étrangères participe à la réunion trilatérale avec ses homologues japonais et coréen à Tokyo    L'allemand DEG réinvestit 15 millions d'euros dans Mediterrania Capital Partners    Tanger Med : Interpellation d'un ressortissant suédois d'origine sud-américaine objet d'un mandat d'arrêt international    Reprise de la distribution régulière de méthadone dans les centres de santé spécialisés    Reprise de la distribution régulière de méthadone dans les centres de santé spécialisés (ministère)    Casablanca-Settat : Un écrin culturel pour l'artisanat marocain et un hommage en mosaïque à la Coupe d'Afrique 2025    Animation : Une empreinte du patrimoine    Mosquée Al Haram : une capacité d'accueil de plus de deux millions de fidèles après la 3è expansion    Fès-Meknès. La pluie ravive les champs et ressuscite l'espoir    Les tentatives de la France de monopoliser le marché de l'huile d'argan : les Marocains défendent leur droit à leurs richesses naturelles    Le temps qu'il fera ce dimanche 23 mars 2025    Déclarations de Tebboune... Des promesses illusoires sur le marché du pain, du lait et les surenchères agricoles    L'Algérie et ses manœuvres dévoilées au Mozambique : Tentatives désespérées de légitimer l'illusion séparatiste    Hatim Bettioui élu secrétaire général de la fondation Forum d'Asilah    USM Alger - RS Berkane : La CAF interdit les éléments politiques sur les maillots    Tabsil Taws : La passion marocaine pour la vaisselle Imari japonaise    Le caftan marocain brille à la Fashion Week du Turkménistan    Dans «The Classroom», Hicham Benohoud capture la condition des élèves marocains    Eliminatoires Mondial-2026: « Le match contre le Niger nous permet de tirer de bons enseignements pour la suite »    Eliminatoires Mondial 2026. Le Maroc bat le Niger et se maintient à la tête de son groupe    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Maroc : «La prohibition de l'usage récréatif et thérapeutique du cannabis est un échec total»
Publié dans Yabiladi le 31 - 12 - 2018

Alors qu'une trentaine de pays à travers le monde dépénalisent et financent l'usage thérapeutique du cannabis, le producteur numéro un mondial nage toujours à contresens. Au Maroc, la production, la possession et la consommation de cannabis et de produits qui en dérivent sont interdites. Un cadre légal ayant causé une succession d'échecs selon Reda Mhasni, psychologue clinicien et psychothérapeute. INTERVIEW.
Tout d'abord que signifie l'usage thérapeutique du cannabis ?
Nombre de mes patients utilisent, en cachette, de l'huile de cannabis. Atteints de rhumatisme, de tumeur ou de cancer, ils constatent un effet analgésique extrêmement important de cette huile, apaisant les douleurs musculaires, articulaires et autres.
Les expériences thérapeutiques basées sur l'usage du cannabis dans les soins palliatifs, pour les traitements des infections oncologiques, pour la sclérose en plaque, ont prouvé leur efficacité. On peut y ajouter les expériences menées aux Etats-Unis et dans les pays d'Amérique du Sud sur l'autisme et sur un certain nombre de pathologies, qui sont sans effets secondaires, à partir du moment où il est régulé médicalement et adapté à la personne.
Le Maroc est-il en retard dans un secteur où il aurait pu être pionnier ?
Nous devons tous tirer profit de cette substance qui reste naturelle, avec un faible niveau psychoactif. Aujourd'hui si l'on prête attention aux recherches en biologie, en médecine ou en neuroscience, ce n'est pas un sujet d'actualité pour l'ensemble de nos centres de recherches, alors que nous pouvions très bien le faire. Nous disposons au Maroc de biologistes et de chercheurs compétents. Nous avons des instituts de recherche qui peuvent mener des travaux dans ce sens. Malheureusement, la censure pénale, sociale et culturelle font leur labeur pour bloquer quelque part ce cheminement d'investigation et de recherche.
La question thérapeutique évoque beaucoup d'autres registres que ce soit au niveau social, religieux, déontologique et éthique. Mais suite aux politiques publiques vis-à-vis de cette substance et ce, depuis plus d'un siècle, le résultat de la prohibition et de la pénalisation de l'usage de cannbis, qu'il soit récréatif ou thérapeutique, est un échec total.
Cette politique d'interdiction nous a mené vers l'échec, alors que d'autres pays présentent des expériences réussies dans ce sens.
Mais quelles sont réellement les éléments qui empêchent un usage thérapeutique du cannabis de nos jours ?
La question du cannabis pour la culture marocaine n'est pas quelque chose qui vient d'un autre monde. Elle est millénaire et intégrée culturellement dans la région où cette plante pousse de manière naturelle.
Le problème n'est pas que religieux. Il a une dimension historique. Par exemple, Les Haddawas a été une fraction de soufis qui consommaient notamment du cannabis. Seulement, à aucun moment le soufisme n'a imposé la prohibition ou n'a prôné une opposition par rapport à l'usage de plantes ou d'autres.
Maroc : Sidi Haddi ou le «Saint Patron des fumeurs de Kif»
Il est important aussi d'évoquer un évènement historique. Durant le protectorat, les Marocains avaient décidé de boycotter des produits français, notamment le tabac. En substitution à cette denrée, ils ont laissé de côté les gitanes pour consommer du kif. Ce sont les autorités françaises qui vont, par la suite, répondre à ce boycott par une interdiction de la culture et de la consommation du cannabis. Puis sur décision royale, Mohammed V a autorisé la région du Rif à cultiver et commercialiser cette plante. Le cannabis a donc été aussi une question politique.
Pourtant, depuis plusieurs années, un assouplissement des politiques se fait sentir dans plusieurs pays... Pourquoi pas au Maroc ?
L'Etat a abandonné ce secteur aux malfrats. Le laisser aux mains des trafiquants, c'est se priver de moyens d'abord financiers et fiscaux et de rentabilité pour un secteur clairement en croissance.
Il est important aujourd'hui de se demander quelle politique nous voulons mener pour notre pays. Voulons-nous continuer dans le cadre d'une politique ayant prouvé son échec aussi bien chez nous qu'ailleurs ? Nous devons au moins entamer la réflexion dans ce sens.
Reda Mhasni, psychologue clinicien et psychothérapeute.
Voyez-vous un possible changement à l'avenir ?
Si on revient sur la scène politique, il y a des initiatives émanant de différents partis, notamment le Parti de l'authenticité et de la modernité (PAM) ainsi que le parti de l'Istiqlal. Des sujets souvent abordés à l'approche des élections. Mais les projets sont ensuite enterrés et on n'en reparle plus après.
Il n'y a absolument aucun élément dans le terrain objectif ou institutionnel qui me permet de penser à un avenir meilleur pour cette question. Ce n'est qu'une carte électorale jouée par plusieurs partis politiques, sachant que beaucoup de riverains et d'agriculteurs au Rif ne disposent même pas d'une carte d'identité nationale. Ils ne peuvent même pas se présenter aux différents commissariats pour la demander car recherchés par les autorités. Cela complique d'avantage la tâche alors que la question devient criminelle au lieu d'être sociale.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.