Gaza. Washington salue l'engagement concret du Maroc pour la stabilité    Un millésime 2026 exceptionnel pour GITEX Africa Morocco (Seghrouchni)    Les températures attendues ce mercredi 29 avril 2026    Agadir : la police rétablit la vérité sur la vidéo de Tadart    Maroc–Allemagne : une visite stratégique pour accélérer le partenariat économique    Commerce de proximité : Al Barid Bank, Barid Cash, Chari et le ministère de l'Industrie s'allient    Ciment : les ventes augmentent de 2,5% en mars 2026    Concours marocain des produits du terroir : sept prix d'excellence décernés    Indice de capacités productives : un bilan contrasté pour le Maroc    Mondial 2026 : La FIFA sanctionnera automatiquement toute sortie du terrain par des cartons rouges    Le Maroc accueillera le 77ème Congrès de la FIFA    Reçu par le président algérien, Landau souhaite la résolution du conflit du Sahara    Sahara : le Canada juge le plan d'autonomie marocain «sérieux et crédible»    Le temps qu'il fera ce mercredi 29 avril 2026    Marrakech: Condena a Abdelilah Moul Hout por incitación al odio y difamación    Argelia: Christopher Landau aborda con Ahmed Attaf la cuestión del Sáhara    L'Académie du Royaume du Maroc rend hommage au grand penseur africain Valentin Yves Mudimbe    Ministère public : Balaoui s'entretient avec le Procureur général d'Azerbaïdjan    Energie : Akhannouch confirme la solidité des stocks au Maroc    Pétrole : Les Emirats arabes unis se retirent de l'Opep le 1er mai    Incendies de forêts : Un budget de 150 MDH pour limiter les risques cet été    CPS de l'UA : Le Maroc réaffirme sa solidarité agissante et constante avec le Mali    Théâtre Royal de Rabat : Le Maroc entre dans « la cour des grands »    Visite du commandant de l'AFRICOM en Algérie : un message américain ferme au régime de Tebboune et Chengriha pour cesser de déstabiliser le Sahel    Bourse de Casablanca : clôture en baisse    Burundi : Ndayishimiye en route vers un second mandat    Balaoui s'entretient avec le Procureur général de la République d'Azerbaïdjan    Le projet de loi relatif au CNP adopté en commission sur fond de tensions politiques    CPS de l'UA : le Maroc réaffirme sa solidarité avec le Mali    Moroccan boxing team shines with silver and bronze at World Cup in Brazil    Strong thunderstorms expected Tuesday in Morocco    Mondial 2026 : Ismaël Baouf veut rejoindre les Lions de l'Atlas après sa saison XXL    Maroc : Nador accueillera la première Coupe du monde de E-Foil en Afrique    Casablanca 1996 : le concert fantôme de Michael Jackson    Mawazine 2026 : le rappeur français Ninho ouvrira le bal de la 21ème édition    Madagascar. M'barek Bouhchichi expose "Les mains des poètes" à la Fondation H    Mawazine sous le feu des critiques après l'annonce de Hassan Shakosh    LGV Kénitra-Marrakech : L'ONCF engage 300 MDH pour 53 passerelles métalliques    Luka Modrić opéré : saison terminée avec AC Milan, mais le Mondial en ligne de mire    Réunion chez les arbitres marocains : vives discussions autour des décisions de la 16e journée    Protection de l'enfance : le CESE appelle à un renforcement des dispositifs de prise en charge    LdC : Paris Saint-Germain – Bayern Munich, choc XXL pour une place en finale    Hilale au Conseil de sécurité: Le Maroc dénonce l'instrumentation des voies maritimes comme cartes de pression et de chantage    Agadir : Coup d'envoi officiel de la 22e édition d"African Lion"    Attaque armée à Washington : le Maroc exprime sa solidarité avec Trump    Casablanca célèbre l'âme andalouse : le FMMA revient pour une 4e édition ambitieuse    AES : une compagnie aérienne commune pour relier le Sahel    Marrakech clôture en beauté le FLAM 2026 entre littérature, mémoire et poésie vivante    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Histoire du Maroc d'antan #1 : L'origine des noms de quelques sites et villes côtières
Publié dans Yabiladi le 04 - 12 - 2018

Dans une autre ère, le Maroc, l'Algérie et la Tunisie actuels constituaient une entité unie de sites historiques, ce qui dénote d'un passé politique commun qui remonte jusqu'aux Phéniciens (Xe siècle av. J.-C. – Ve siècle).
Les écrits historiques sur le passé lointain de l'Afrique du Nord montrent que des populations de différentes origines, comme les Amazighs, se sont installées depuis longtemps dans la région. Ces groupes ont posé les jalons d'une construction politique, sociale et culturelle particulière, suscitant jusqu'à aujourd'hui l'intérêt et la curiosité d'historiens, de chercheurs et de spécialistes.
Cette genèse des entités politiques dans l'Afrique du Nord fut principalement marquée par le royaume libyen numidien, l'empire carthaginois et les royautés berbères. Par ailleurs, la région a vécu sous l'influence de l'empire grec et romain, entre autres, avant de connaître l'intervention d'armées arabes. C'est pourquoi, plusieurs noms de villes sont aujourd'hui inspirés de termes rappelant ces époques.
Dans ce sens, «L'économie et la société dans l'ancienne Afrique du Nord», du chercheur algérien Akoun Mohamed Elaraby, souligne que «les villes nord-africaines étaient les points centraux de la civilisation prédominante, qui était souvent celle de la colonisation ; de ce fait, les considérations tribales dans ces villes se sont fondues dans cette civilisation».
Des appellations à consonnance phénicienne
Dans le deuxième volume de son ouvrage «Histoire de l'ancienne Afrique du Nord», l'archéologue et historien français Stéphane Gsell donne plusieurs exemples de ces noms de villes et de sites au Maroc ayant diverses origines. En deuxième partie de son livre, il écrit ainsi : «L'on remarque une prédominance des appellations d'origine phénicienne sur les côtes nord-africaines dans les premiers siècles après Jésus-Christ. Ces noms ont probablement été donnés à des villes et à des espaces commerciaux fondés par les Phéniciens orientaux et les Carthaginois. Ils ont par ailleurs su conserver les nominations libyennes d'autres sites qu'ils ont contrôlés. Les Africains locaux ont également désigné ces endroits par des termes étrangers à leur langue maternelle. Beaucoup parmi eux ont été influencés par la civilisation punique. Pourtant, certaines villes n'ont connu l'usage officiel de la langue phénicienne qu'après la chute de Carthage. En effet, les pièces de monnaie locales ne sont pas à elles seules une preuve du long passé phénicien de ces cités.»
Ainsi, selon Gsell, l'ancienne appellation de Melilla est Rusaddir, un nom d'origine phénicienne signifiant «le Cap fort» ou «majestueux», de par la forme péninsulaire de cette ville voisine à Nador. Aussi trouve-t-on cette ancienne appellation inscrite en lettres puniques sur les pièces de monnaie produites là-bas après la chute de l'empire carthaginois.
La rivière connue aujourd'hui comme l'Oued de Martil a quant à elle été baptisée l'Oued de Tamuda. Un nom inspiré du terme local «Tamdat», retrouvé également en lettres puniques dans les pièces de monnaie de la région. Sur les côtes de M'diq, des plaines de Ceuta à Cap Spartel, le Mont Acho s'étend par ailleurs jusqu'à la péninsule. Appelé Apilux, il est désigné comme étant un fief naturel de singes.
L'entrée est de M'diq, elle, laisse voir en demi-cercle la citadelle tangéroise. Dite autrefois Tingis, la vieille ville était nommée également Titga et Tinga sur des pièces de monnaie puniques. Cela dit, rien ne prouve que Tingi ait connu une réelle occupation phénicienne. D'ailleurs, son appellation ne tient probablement pas sa source du langage phénicien, d'autant plus que certains récits évoquent sa création par le roi tribal Antée.
Une influence étendue jusqu'au sud
Quant à Cap Spartel, réputé pour sa grotte d'Hercule, il a été baptisé Ampeloussia chez les Grecs et Cotès en Afrique. Quant à la population de Zili, actuellement dite Assila, elle a utilisé des pièces de monnaie portant des inscriptions puniques. Plus loin, sur Oued Loukos, appelé également Lexus, se situerait actuellement Larach selon les historiens. Les pièces utilisées là-bas porteraient également des inscriptions en lettres puniques modernes, avec les expressions Shemesh et Maqom Shemesh. En effet, Lexus a été décrite comme «la cité du soleil», probablement pour les fortes croyances de sa population locale Malqart, un dieu du soleil.
Plusieurs écrivains indiquent également la présence d'une péninsule golfique sur les côtes atlantiques, appelée Cotès par le Pseudo-Scylax. Elle s'étendrait jusqu'aux hauteurs d'Hermès et sud-est de l'embouchure du Bouregreg. Dans ce sens, un ancien ouvrage romain évoque la ville de Salé, dont le nom a une consonnance phénicienne et où des pièces de monnaie aux lettres puniques modernes ont été frappées. Elle aurait été située à Chella, sur les hauteurs ouest de Rabat, où les bateaux jetaient l'ancre dans une rivière qui portait le nom de la ville : Sala ou Salat.
A 331 km de Lexus, entre la rivière de Salat et les hauteurs de Solis (Promunturium Solis), dites Cap Cantin, se trouve finalement Mazagan (El Jadida), appelée également Rospesis. Cap Cantin, lui, était appelé Soloeis chez les Phéniciens et aurait accueilli un mausolée honorant l'un des dieux de la mer. Plus au sud, Essaouira s'étend sur une île appelée autrefois Junon, ou encore Astarti. Agadir a quant à elle conservé son nom d'origine punique jusqu'à nos jours.
Du côté des terres, entre l'Oued Tansift (Puth) et le Grand Atlas (Cap Gir) se trouve un site baptisé Oussadion Acron qui correspond à Cap Sim. Tels sont quelques exemples de sites énumérés par Stéphane Gsell sur la base de données conservées depuis l'époque. Cet historique témoigne des influences civilisationnelles antéislamiques, qui ne s'illustrent pas uniquement par les appellations puniques de ces villes. L'influence phénicienne dans la région ne se ressent pas uniquement en Afrique du Nord, mais dans tout le bassin sud et est-méditerranéen, notamment l'Espagne qui en est encore marquée.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.