Accord de don BAD-BAM pour développer les e-paiements et renforcer l'inclusion financière    Le trafic portuaire en hausse de 8,9% en 2025    L'ancien ambassadeur chinois au Maroc, Li Changlin : Dix ans de partenariat sino-marocain ont produit des réalisations qualitatives et des perspectives prometteuses    La Fédération royale marocaine de football dément la rumeur concernant la démission de Walid Regragui de la sélection nationale    FIFA : record de transferts au mercato hivernal, les clubs anglais les plus dépensiers    Caftan Week 2026 : les designers qui porteront le "Souffle de l'Atlas"    Liberté d'expression : le Maroc inscrit dans les dynamiques régionales et numériques mondiales    Seghrouchni au Koweït pour des rencontres sur la coopération numérique    Le dossier du Sahara marocain conforte la position de Rabat au sein des alliances afro-britanniques    Rebond du Bitcoin après un plongeon brutal sur fond de liquidations massives    Hydrogène vert : M. Akhannouch reçoit les nouveaux investisseurs sélectionnés dans le cadre de l'"Offre Maroc"    Fès: bientôt une SDL dédiée à la gestion des espaces verts    Pénurie de carburant : la question des stocks refait surface    Digitalisation des pharmacies : partenariat stratégique entre Attijari Payment et Sobrus    Défense : un programme à 8,5MM $ avec les Etats-Unis    Congo: le président Sassou Nguesso annonce sa candidature à la présidentielle du 15 mars    Interpol va agrandir son siège conformément à un accord approuvé à Marrakech    La NASA ouvre enfin la porte aux smartphones dans l'espace    162 morts au Nigeria : Kwara sous contrôle militaire    USA-Russie : Trump réclame un nouveau traité nucléaire « amélioré et modernisé »    Gaz naturel : le Cameroun et la Guinée équatoriale s'allient    À Figuig, des gestes frontaliers algériens ravivent une tension contenue par le Maroc    Al Hoceima : réouverture de plusieurs axes routiers après les intempéries    Le temps qu'il fera ce vendredi 6 février 2026    Les températures attendues ce vendredi 6 février 2026    Sidi Slimane : Des efforts soutenus pour évacuer les habitants de Douar Soualem    Vague de froid: Campagne d'hébergement des sans-abris à Al Hoceima    Affaire « Or Blanc » : Le député PAM Abderrahim Bendaou interdit de quitter le Maroc    Marché Dar Essalam à Rabat: ouverture de l'aile ouest et du cinéma Pathé    Amical : Le Maroc devrait affronter l'Équateur à Madrid avant un duel face aux Pays-Bas    Maroc : Fortes pluies, averses et rafales de vent jusqu'à vendredi    School closures extended Thursday in Tanger–Tétouan–Al Hoceima    Espagne : Le service consulaire du Maroc prolonge ses horaires de travail    Figuig : L'armée algérienne impose des bornes frontalières et tire en l'air    Taounate : Un séisme de magnitude 3,8 enregistré    « Le Maroc en Musique » : l'AMMA lance sa saison culturelle 2026    Crowdfunding: la campagne de Mazaya pour soutenir les jeunes talents    Le FICAM® revient pour une 24e édition axée sur la jeunesse    Télévision : 2M dévoile son menu ramadanesque    Boxe : Imane Khelif reconnaît avoir suivi un traitement hormonal avant les JO de Paris 2024    Décès du Chef Kimo, figure appréciée de la cuisine populaire    Marcel Dessailly : "La FIFA avait à cœur d'amener la Coupe du Monde au Maroc"    « Fête du Printemps chinois » : Rabat célèbre le Nouvel An chinois 2026    Intempéries: la dépression Leonardo paralyse l'Andalousie et fait un mort au Portugal    Ligue 1: Hakimi suspendu pour un match ferme et un avec sursis après son carton rouge à Strasbourg    Le Maroc et l'Espagne sont liés par des relations culturelles enracinées (Ambassadeur d'Espagne au Maroc)    Sous le leadership de S.M. le Roi, le Maroc est clairement devenu une grande puissance du football mondial    « Bolt » chinois... Un robot humanoïde qui s'approche des limites de la vitesse humaine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Elections en Catalogne : Une candidate d'origine marocaine qui veut combattre les préjugés
Publié dans Yabiladi le 19 - 12 - 2017

D'origine marocaine, Najat Driouech est arrivée en Espagne à l'âge de neuf ans. Après 17 ans de carrière dans l'administration publique, elle décide enfin de franchir le pas et de faire carrière en politique afin de combattre les préjugés. Ainsi, l'Hispano-marocaine de 36 ans est arrivée dixième sur la liste de son parti. Une position qui lui permet de participer aux prochaines élections au parlement de Catalogne, qui auront lieu le 21 décembre prochain.
Les Catalans sont appelés aux urnes jeudi 21 décembre pour élire un nouveau parlement et de surcroît, 135 nouveaux députés pour un mandat de quatre ans. Parmi les prétendants, Najat Driouech, une jeune hispano-marocaine de 36 ans est au dixième rang sur la liste du parti de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC).
Pourtant, rien ne prédestinait cette native du Maroc à se lancer un jour en politique. Elle débarque en Espagne dans les 90, accompagnée de ses parents, et se forge peu à peu une conscience politique. Elle dit aujourd'hui vouloir s'engager pour mettre fin aux préjugés, notamment ceux qui pèsent sur les musulmans. La Catalogne recense en effet la principale concentration de citoyens de confession musulmane. D'après les chiffres publiés par l'Union des communautés islamiques d'Espagne (Ucide) en 2016, leur nombre s'élève à près de 515 000.
Des représentants peu représentatifs
A l'origine de son combat, une remarque sortie de la bouche de son fils alors qu'ils regardaient les débats parlementaires le 7 septembre dernier : «Mon fils m'a demandé qui étaient ces gens dans le parlement. Je lui ai alors répondu qu'il s'agissait de nos représentants politiques.» Au bout de quelques minutes, son fils revient la voir et lui demande : «S'ils sont nos représentants, pourquoi n'y a t-il personne qui nous ressemble ?», raconte-t-elle au quotidien espagnol La Vanguardia. «Je me présente parce que je suis tout d'abord catalane et que je ne souhaite pas représenter une minorité seulement. Je me présente avec à mon actif une carrière professionnelle de 17 ans et, surtout, avec le désir de faire de la pédagogie, d'éduquer pour changer les choses», affirme cette conseillère à l'intégration et à la formation à la mairie de El Masnou, une commune catalane où elle vit avec son mari et leurs deux enfants.
De la discrimination à la radicalisation
Najat est la première femme de sa communauté à être parvenue à intégrer l'université et à en sortir diplômée. «Je ne veux vraiment pas que mes enfants souffrent de ce dont leurs grands-parents ont souffert, ou du quart de ce dont j'ai souffert. Je veux qu'ils puissent grandir dans une société inclusive, égale et partisane de la diversité», confie-t-elle à la BBC. «Quand tu es petit et que tu t'exprimes correctement en catalan et en espagnol, les gens trouvent ça mignon. Une fois que tu es devenu grand, les choses changent peu à peu… Tu commences à t'exprimer et à débattre et tu deviens un vrai rival.»
Et d'ajouter : «On nous a demandé d'étudier pour réussir à être des citoyens normaux. Maintenant qu'on est tous qualifiés avec des diplômes en poche, pourquoi les choses n'avancent toujours pas ?»
Dans une interview au journal espagnol El Diario, ce dernier avait demandé à la candidate son opinion sur les récentes détentions djihadistes en Catalogne, qui ont ouvert un débat sur les causes de la radicalisation de certains citoyens et les problèmes d'identité des jeunes. Selon Najat, cette réflexion arrive malheureusement trop tard.
«En 2009, quand j'ai présenté ma thèse 'Le voile comme construction identitaire', je n'ai cessé d'affirmer qu'il y a un sentiment de radicalisation brutale chez les filles qui son nées ou ont grandi en Catalogne. De nombreuses jeunes femmes m'avaient confié qu'elles éprouvaient énormément de douleur et un sentiment de rage. Elles se sentaient rejetées par la société catalane. Leurs parents avaient multiplié les efforts afin de leur assurer une éducation et une formation adéquate. Parmi celles que j'ai interviewées, la tranche d'âge se situait entre 16 et 35 ans, et la plupart avait effectué des études universitaires. L'une d'entre elles était infirmière mais ne pouvait exercer parce qu'elle portait le voile. Elle m'avait alors interrogée : Pourquoi je n'ai pas les mêmes opportunités que les autres ?»
Interrogée par El Diario sur les solutions qui peuvent aboutir sur un vrai changement et une lutte contre la radicalisation, Najat Driouech rétorque que la première chose à envisager est de fournir un travail au sein des écoles en formant les enseignants à de nouvelles thématiques très peu, si ce n'est jamais abordées : «Vous ne pouvez pas avoir une grande diversité culturelle au sein de votre salle de classe et continuer à l'ignorer. Ce n'est pas la faute des enseignants mais il est primordial que les administrations fournissent des formations adéquates à leurs personnels pédagogiques.»
Concernant la radicalisation des jeunes, Najat insiste sur l'importance de travailler avec les parents : «Il existe une confusion totale chez les parents. Personne ne leur a expliqué comment identifier un jeune qui se radicalise ou quels éléments doivent les alerter quant à une éventuelle radicalisation de leurs enfants. Beaucoup de parents ont également peur d'alerter la police, craignant d'être accusé d'y avoir participé», a-t-elle conclu. Un constat que la jeune femme espère bien changer.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.