A défaut de place sur le podium, les athlètes marocains tiennent le haut de pavé dans le classement des sportifs qui se dopent. Sur les 9 contrôlés positifs, trois sont marocains. Une piètre performance qui a fait sortir Said Aouita de ses gonds, appelant le président de la Fédération à démissionner. «La Fédération d'athlétisme assume entièrement la responsabilité du recours des sportifs à des produits interdits». Les propos sont de Said Aouita. Dans un entretien accordé au quotidien Al Massae, l'ancienne vedette du sport national, connu pour son franc-parler, n'a pas fait dans la dentelle, accusant vertement la FRMA d' «encourager» les athlètes à se doper et refuse de la «combattre». Il a également invité le président de la Fédération, Abdeslam Ahizoune à reconnaître son «échec» et à «présenter sa démission». Et de préciser que «la Fédération a besoin d'un nettoyage radicale». Said Aouita, connu pour son franc-parler, a estimé que la Fédération d'athlétisme est un haut lieu de «la tricherie, la falsification et les dopants». Il a rappelé sa mauvaise expérience, en 2008, à la tête de la direction technique marquée par de perpétuels affrontements entre lui et le président de la Fédération, Abdeslam Ahizoune sur, justement, la prolifération du dopage dans les rangs des athlètes marocains. Aouita a assuré qu'il voulait combattre ce fléau mais que le président ne partageait pas la même ambition. Le dopage une pratique courante Au JO de Londres, le Maroc est au fond du fossé. Trois cas de dopages parmi sa délégation sont officiellement déclarés, il s'agit de Meriem Selsouli, Abderrahim Goumri et Amine Laâlou. Une liste ouverte à d'autres candidats. Force est de constater que cette pratique est devenue monnaie courante. En 2004, il y avait les cas de Abdelkader Hachlaf et Khalid Tighziouine, respectivement coureurs de 1500 et 800 mètres. Aux Mondiaux de Berlin de 2009, deux athlètes marocains, Meriem Alaoui Selsouli et Jamal Chetbi, tombent dans les filets des chasseurs de produits interdits. La première est revenue après une suspension de deux ans alors que le second a complètement disparu des pistes nationales et internationales. Dans l'entretien qu'il a accordé à Al Massae, Said Aouita a promis de révéler bien de secrets sur cette affaire de dopages. «J'ai gardé le silence durant une longue période mais le moment est venu pour appeler les choses par leurs noms (…) Je détiens des secrets d'une extrême importance que je ne dévoilerai que le 12 août, date de la fin des Jeux Olympiques». Tiendra-t-il sa promesse ?