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Tourisme halieutique au Maroc: Réalité ou utopie : Entretien avec Dr. LAAMIRI Mohamed Badr du HCEFLCD
Publié dans L'opinion le 19 - 01 - 2016

Dans le cadre de sa nouvelle vision stratégique, le Haut-commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification a initié le projet: Tourisme durable pour la promotion de l'emploi et des revenus en zone rurale» pour la promotion de la chaine de valeur tourisme durable dans les espaces naturels dans deux régions pilotes à connaitre : Le Souss-Massa et Tadla-Azilal.
Pour en savoir plus sur ce projet novateur entre autres projets de ce département forestier et qui est initié dans le cadre d'une convention de partenariat signée par le HCEFLCD et la GIZ, nous avons invité Dr. LAAMIRI Mohamed Badr, (MBA, PMP) et Chef du Service Central de la Pêche et de la Pisciculture continentales au Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la Désertification qui a bien voulu répondre à nos questions à ce sujet.
L'Opinion : Qu'en-t-il est de la pêche de loisir au Maroc ?
Dr. LAAMIRI : La pêche de loisir dans les eaux continentales est définie par la réglementation nationale comme étant une activité de pêche exercée à des fins récréatives, sportives ou touristiques, dans les cours d'eau, les étangs ou autres plans d'eau naturels ou artificiels, à pieds ou avec une barque. La pêche continentale de loisir est dite «touristique» lorsqu'elle est pratiquée par l'intermédiaire d'un organisateur de pêche touristique, notamment les amodiataires du droit de pêche. Elle est dite «sportive» lorsqu' elle est pratiquée dans le cadre d'une compétition ou d'un concours de pêche. La vente des prises issues de la pêche de loisir est interdite.
Il y a lieu de signaler que toute personne désirant pratiquer la pêche continentale de loisir doit disposer d'un permis de pêche délivré à cet effet, soit directement par le Haut Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification au bénéficiaire, soit par l'intermédiaire d'un amodiataire de droit de pêche.
Tout bénéficiaire d'un permis de pêche continentale de loisir doit respecter les dispositions légales et aussi réglementaires fixées annuellement au niveau de l'arrêté de pêche, notamment en ce qui concerne les périodes de pêche, la taille minimale des espèces, le nombre de pièces autorisées, les engins et techniques de pêche et les zones d'interdiction.
La pêche de loisir a connu une évolution significative durant ces dix dernières années grâce à la mise en œuvre du plan stratégique (2005/2014) du Haut Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification qui s'articulait autour de cinq axes, à savoir : i) l'aménagement et la réhabilitation des frayères et des parcours halieutiques,
ii) le repeuplement des milieux aquatiques,
iii) l'organisation et l'encadrement des associations de pêche,
iv) la promotion de la pêche écologique dite « No Kill »
v) Lutte contre le braconnage,
vi)le développement des programmes éducatifs portant sur l'éthique du pêcheur et à l'éducation à l'environnement au profit des écoliers.
En termes de résultats, au cours de ces dix dernières années, il a été constaté une :
- Augmentation exponentielle de la production d'alevins au niveau des stations aquacoles en passant de 2.5 millions en 2005 à plus de 14 millions d'alevins actuellement, destinés principalement à la mise en valeur des milieux aquatiques
- Augmentation de la production piscicole de 2500 tonnes à 15000 tonnes.
- Augmentation du nombre de pêcheurs de loisir de 900 à 3000.
- Le nombre des associations de pêche sportive a augmenté d'une manière significative en passant de quelques associations concentrées au niveau de la région du moyen Atlas à une quarantaine d'associations représentant plusieurs régions du Royaume regroupées en une fédération nationale de pêche de loisir.
- En matière d'éducation à l'environnement, la station de Ras El Ma reçoit annuellement en moyenne 20.0000 visiteurs depuis la réalisation des travaux d'aménagement et la mise en place du programme éducatif.
Le nouveau plan stratégique du Haut Commissariat (2015/2024) a défini de nouvelles orientations stratégiques et ambitionne de rendre cette activité, en plus de sa vocation récréative et pédagogique, une activité créatrice de revenus et d'emplois notamment par la promotion du tourisme halieutique.
En termes d'indicateurs, ce nouveau plan stratégique a tracé comme objectifs chiffrés à l'horizon 2024 de :
i) augmenter la production piscicole de 15000 tonnes enregistrée actuellement à 50.000 tonnes,
ii) augmenter le nombre de pêcheurs sportifs de 3000 à 7500,
iii) augmenter le nombre d'alevins déversés dans les parcours de pêche de 14 millions à 30 millions,
iv) créer 10 000 emplois supplémentaires liés à l'activité de la pêche et de l'aquaculture.
L'Opinion : Quelles nouveautés pour le secteur dans la nouvelle loi ?
Dr. LAAMIRI : Dans le cadre de la mise en œuvre de cette nouvelle stratégie de développement de le pêche continentale et pour donner une réelle impulsion à la pêche et à l'aquaculture continentales, le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification a élaboré une loi publiée le 20 août 2015 portant sur la mise au point d'un nouveau cadre juridique dans les domaines de la pêche et de l'aquaculture continentales aux fins de permettre d'assurer un meilleur encadrement de ses activités.
Le passage à cette nouvelle loi entraînera plusieurs changements dans les pratiques actuelles dans l'exercice de la pêche et de l'aquaculture. Les principales dispositions fixées dans le cadre de ladite loi visent notamment à :
* Recadrer l'activité de la pêche continentale avec ses sept différentes composantes, à savoir la pêche récréative, la pêche sportive, la pêche touristique, la pêche pédagogique, la pêche commerciale, la pêche de régulation et la pêche scientifique ;
* Cadrer l'exercice de l'activité de l'aquaculture continentale ;
* Institutionnaliser le conseil national de la pêche et de l'aquaculture continentales comme organe consultatif pour les prises de décisions pour le développement du secteur ;
* instaurer le principe d'élaboration des schémas régionaux du développement et de gestion de la pêche et de l'aquaculture continentales pour une meilleure planification des activités piscicoles.
Durant la saison écoulée, des ateliers de concertation ont été tenus avec les différentes parties prenantes concernées par la pêche, notamment les gestionnaires piscicoles, les associations de pêche de loisir et leur fédération et les amodiataires du droit de pêche afin de recueillir leurs avis sur les nouvelles dispositions à mettre en place au niveau des textes d'application de ladite loi. Sur ce point, les projets de décrets élaborés pour cette fin seront soumis à l'avis du comité de la pêche lors de sa prochaine session.
L'Opinion : Quelle stratégie pour le HCEFLCD pour le développement de la pêche touristique au Maroc ?
Dr. LAAMIRI : La nouvelle vision stratégique du HCEFLCD repose sur le principe du développement de cette niche touristique selon l'approche «chaine de valeur» qui consiste à un assemblage ou une combinaison de prestations et de services (hébergements, restauration, animation, produits de terroir, etc...) autour d'un parcours halieutique.
Le nouveau plan stratégique pour la promotion du tourisme halieutique s'articule autour de 5 axes, à savoir :
i) Aménager et réhabiliter les parcours halieutiques,
ii) Développer une offre touristique intégrée liée au poisson, iii) Renforcer les capacités des acteurs locaux,
iii) Développer une image de marque pour les parcours halieutiques à fort potentiel touristique, et
iv) Anticiper sur les évolutions prévisibles, en terme de prestations / produits.
Dans ce cadre, il y a lieu de signaler également que la loi n°130-12 sur la pêche et l'aquaculture continentales a permis un nouveau cadrage de l'activité de la pêche touristique tout en veillant à assurer des retombées socioéconomiques au profit des populations locales à travers la création d'emplois liés à cette niche touristique.
En effet, ladite loi a prévu le cadrage de nouveaux métiers tels que l'organisateur de pêche touristique et le moniteur pêche qui peuvent être assurés par les membres des associations ou des coopératives locales. Le premier métier consiste à organiser, à titre lucratif, des séjours de pêche à l'intention de pêcheurs résidents ou non au Maroc et désireux de pratiquer la pêche continentale de loisir. Quant au second métier, il consiste à former les pêcheurs débutants sur les différentes techniques de la pêche (la pêche à la mouche par exemple) au niveau d'une école de pêche agréée par le Haut Commissariat aux eaux forêts et à la lutte contre la désertification.


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