Akhannouch représente le Roi au 2è Sommet international sur l'énergie nucléaire à Paris    Grande distribution au Maroc : de grands changements en vue    Bourse de Casablanca : ouverture en hausse    Paris: Akhannouch représente SM le Roi au deuxième Sommet international sur l'énergie nucléaire    OPCVM : un actif net de plus de 799,36 MMDH au 27 février    Dessalement des eaux souterraines : l'exploitation de la station de Missour est lancé    Trump : l'armée américaine prendra le contrôle du détroit d'Ormuz « le moment venu »    Le président Trump affirme que la guerre en Iran est « quasiment » finie    Guinée. Doumbouya dissout 40 partis politiques    Mercato : Après Chelsea, le FC Barcelone se renseigne sur Yassine Gessime    Al Qadsiah sécurise l'arrivée de Souffian El Karouani pour la prochaine saison    Ligue des champions : Liverpool, Barça, Bayern ... Voici le progamme de ce mardi    Accès des femmes à la justice : Ben Yahia met en avant à New York les avancées du Maroc    La guerre contre l'Iran... Washington s'apprête-t-elle à inscrire le Polisario sur ses listes noires ?    Du conflit avec l'Iran à la guerre au Liban : un pays pris au piège d'une guerre qui le dépasse    Guerre au Moyen-Orient : le PJD appelle à préserver la stabilité des pays arabes    Le Trésor place 2,35 MMDH d'excédents de trésorerie    Région de l'Oriental: Le taux de scolarisation des filles s'élève à plus de 95%    Trump : L'armée américaine prendra le contrôle du détroit d'Ormuz "le moment venu"    Les autorités pharmaceutiques activent le retrait de lots de lait infantile du marché marocain    Avenir de la MINURSO : une délégation des FAR s'est rendue à New York    Le corps d'un jeune Marocain a été retrouvé au port de Ceuta    El Consejo Democrático Civil critica la exclusión de los marroquíes en el extranjero de las elecciones legislativas de 2026    Migration council says decree setting 2026 elections excludes Moroccans abroad    Nouveau monstre marin préhistorique géant découvert au Maroc    Interdiction d'une fresque à Tanger : quand l'art s'arrête face aux autorités locales    Santé : L'INPLLC relance le marché relatif à la cartographie des risques de corruption    Mondial 2030 : une délégation de la FIFA bientôt au Maroc    Radios et télévisions indépendantes : l'ARTI prépare sa stratégie 2026-2027    MRE : la question de la participation électorale relancée    Le pétrole s'envole au-delà de 110 dollars sous l'effet des tensions au Moyen-Orient    Selon les calculs, l'Aïd Al-Fitr devrait être célébré le samedi 21 mars au Maroc    Lions de l'Atlas : quel cap après le changement de coach ?    La DGSN dément des rumeurs d'enlèvements d'enfants    Santé. Le Niger mise sur un écosystème intégré    Droits et libertés : ce que révèle le rapport 2024 du CNDH    Botola Pro : le Wydad renverse l'Union de Touarga dans un match fou (4-3)    Tourisme. Le Maroc à l'honneur sur France Télévisions    SILA 2026 : Abidjan, la capitale du livre    Après le changement de direction, l'IMA présente sa nouvelle offre éditoriale    Cambuur : Ismaël Baouf impressionne et attire des grands clubs    Caftans au Maroc #3 : De Tétouan à Oujda, les influences locales et andalouses se croisent    Ligue arabe : Le Maroc condamne les agressions iraniennes contre des Etats arabes    Sahara : Christopher Ross prend acte du changement de paradigme tout en jouant l'avocat du Polisario    Diaspora #431 : Najma, l'âme marocaine derrière l'artiste NAJ    Mondial 2030 : la droite espagnole tente de provoquer le Maroc    Azoulay : Un Ftour Pluriel d'anthologie qui fera date    UNESCO : Tanger relance sa candidature au patrimoine mondial    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



« Il est temps d'exploiter le capital symbolique des voies initiatiques du soufisme »
SALAMATO SOW, AUTEUR ET PROFESSEUR-CHERCHEUR AU NIGER
Publié dans L'opinion le 02 - 08 - 2013

Le Moussem de Moulay Abdesslam Ibn Mchich, pôle spirituel de la Tariqa Shadiliya, a été marqué récemment par un programme riche en activités culturelles et mystiques placées sous le signe « Ecole Mashishiya-Shadhiliya : valeurs et conduite », dans une humilité mystique et en présence massive de savants et disciples, ainsi que de grandes personnalités appartenant aux différentes cultures et religions pour invoquer la mémoire du saint, notamment par la prière de la Mashishiya . Cet événement interculturel s'inscrit dans une approche constructive et édifiante et pas réactionnaire basée sur les jalons de la voie la Mashishiya-Shadhiliya, en s'inspirant de la personnalité spirituelle exceptionnelle de Moulay Abdesslam Ibn Mashish et de son disciple Abou Al Hassan Ash Shadhili qui témoignent de l'apport de paix et de beauté au Maghreb et de par le monde. Entretien avec Salamato Sow, auteur nigérien et professeur chercheur à l'Ecole d'Etudes Orientales et Africaines, qui a participé à la première édition du Forum mondial de la Mashishiya Shadiliya, dont le directeur est Nabil Baraka :
* Comment appréciez-vous ce forum mondial
à caractère culturel et civilisationnel ?
Salamato Sow : Le Maroc se veut encore une fois une terre idéale de dialogue et de partage autour de la religion. C'est un pays spirituel qui a offert au monde de nombreux saints soufis, parmi lesquels le pôle Moulay Abdesalam lbn Mashish et son disciple Sidi Abou al Hasan ash Shadhili dont l'influence spirituelle a marqué la vie politique, intellectuelle, culturelle et sociale dans une aire géographique s'étendant de l'Afrique à l'Asie et à l'occident.
C'est tout un système de valeurs humaines qui a dépassé l'espace-temps et les contraintes d'ordre racial via des œuvres, des actions et des voyages accomplis pour la diffusion de la lumière et de la voie doctrinale de cette grande école au sein de laquelle des personnalités spirituelles se sont élevées.
*Quelles sont vos attentes par rapport à cette rencontre interculturelle et interreligieuse?
Il est temps d'exploiter le capital symbolique des grandes voies initiatiques du soufisme (tasawwu) en vue de réinstaurer les valeurs de paix, de tolérance, de dialogue et d'ouverture à l'échelle mondiale. Nous avons besoin d'un regard tolèrent et positiviste sur le destin de l'humanité via cette façon mystique de concevoir l'islam. Ainsi, nous désirons partager le même esprit d'ouverture, de disponibilité spirituelle, d'accueil de la richesse de l'autre, et de respect de son identité profonde.
*Quelles sont les caractéristiques du soufisme
au Niger ?
A l'instar du Maroc, le Niger a toujours été imbibé de soufisme et a produit dans le passé de grandes personnalités spirituelles. C'est un pays ouvert culturellement car il a des traditions marquées par le soufisme en tant qu'une spiritualité loin de toute sorte d'idéologie ou de pensée dogmatique.
Au moment où quelques esprits se laissent encore séduire par le « choc des civilisations », le soufisme dans ses états au Niger a un grand apport dans la recherche d'une paix perpétuelle. Voie d'amour et de fraternité universelle, il contribue à établir des passerelles entre les continents, les hommes et favoriser le dialogue des cultures dans le respect mutuel.
Il s'agit d'un mouvement spirituel de recherche d'amour divin par la voie de la méditation. En Afrique, notamment au Niger les confréries telles que la Mouridja, la Tidjania et la Mashishiya-Shadhiliya jouent un rôle important à tous les niveaux de la vie économique et social. Le soufisme au Niger englobe donc l'ensemble du patrimoine soufi et il est considéré comme un des éléments fondateurs de la tradition religieuse de notre pays.
Comment le soufisme peut-il permettre à l'homme
de voler des deux ailes, la spirituelle
et la matérielle ?
Le soufisme est un authentique facteur de développement humain car en agissant sur la conduite et le comportement dans la société, il éduque des gens de valeur, intègres et utiles pour la société. Le soufisme prône la générosité d'âme, la sincérité dans tout ce qu'on entreprend. Toutes ces vertus sont essentielles dans les corporations de métiers et servent de fondement à l'élaboration de pactes d'honneur. Le fait que les soufis soient imbibés de spiritualité contribue à la grandeur de la civilisation musulmane.
La spiritualité religieuse se rapporte à l›aspiration à se «relier» (du latin «religare»). Il s'agit alors essentiellement de se relier à Dieu, au Divin, à une réalité transcendante. Par extension, la religion est ce qui tend à relier aux hommes et à la nature mais toujours sur la base du lien à Dieu.
Quelles sont les propositions que le soufisme peut faire pour rétablir l'équilibre existentiel du monde moderne ?
Le soufisme développe des valeurs de paix, de tolérance, d'acceptation de la diversité et coexiste avec les autres formes de spiritualités et de croyances. La première phase est donc celle du rejet de la conscience habituelle, celle des cinq sens, par la recherche d'un état d'»ivresse» spirituelle ; les soufis eux-mêmes parlent d'« extinction » (al-fana'), c'est-à-dire l'annihilation de l'ego pour parvenir à la conscience de la présence de l'action de Dieu en soi :
Le moi individuel doit être sacrifié pour laisser place à l'Esprit, étincelle divine en l'homme :Dans le soufisme, l'Être suprême est un porteur d'amour.
Le Forum Mondial de la Mashishiya-Shadhiliya est donc un outil de travail du plus haut intérêt plutôt qu'une synthèse. Face à ce foisonnement de recherches, il faut se réjouir de la convergence des contributions de plusieurs disciplines pour constater combien l'étude du champ spirituel s'avère nécessaire pour comprendre les structurations de l'espace, le phénomène urbain et citoyen, la sociologie des réseaux, les rapports de force politiques et les transformations culturelles ainsi pour tenter de comprendre les relations complexes entre développement et spiritualité.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.