Bourita représente le Roi au 11ème Sommet de l'OEACP à Malabo    Nasser Bourita représente Sa Majesté le Roi au 11e Sommet de l'OEACP à Malabo    HPS : un RNPG de 106 MDH en 2025, en hausse de 40,5%    Géopolitique : face aux chocs, la céréaliculture française cherche sa résilience    De Bab en Bab : quand le sport réinvente la visite de l'ancienne médina de Fès    Infofactory Conferences : une nouvelle plateforme de réflexion stratégique    SRM-SM célèbre la journée mondiale de l'eau    Larache : Baraka effectue une visite de terrain consacrée au suivi de plusieurs projets    Pétrole vénézuélien : les majors tentées mais prudentes    Royaume-Uni : Starmer «désireux» de limiter certaines fonctionnalités addictives des réseaux sociaux    Détroit d'Ormuz : l'ONU prône un dispositif pour faciliter le commerce des engrais    Les Houthis revendiquent leur première attaque contre Israël depuis le début de la guerre    Grand Prix Hassan II : quatre décennies de tennis d'exception    Equitation : les cavaliers marocains s'illustrent dans les compétitions internationales    Lions de l'Atlas : la grinta a cruellement fait défaut face à l'Équateur    Lions de l'Atlas : Yassine Bounou envoie un message direct à Thiago Pitarch    Polluants éternels : les experts européens préconisent une "large restriction"    Climat extrême : face au changement climatique, le Maroc accélère sa révolution météorologique    Journée mondiale du Théâtre : Willem Dafoe rappelle la puissance unique de la scène    Musée national de Rabat : "Let's Play – Réenchanter le monde", quand la photographie invite à rêver    Mohamed Ouahbi satisfait malgré un test exigeant face à l'Équateur    Match amical : Le Maroc et l'Equateur font match nul    Staffan de Mistura rencontre Barham Salih pour renforcer le rôle de l'ONU dans le dossier du Sahara    Taza : Le rappeur Souhaib Qabli condamné à 8 mois de prison pour ses chansons    Les Lionceaux de l'Atlas dominent l'Algérie à la mi-temps avec un score de 2-0    CAN 2025 : Le Sénégal et Pape Thiaw persistent et continuent de provoquer le Maroc    Législatives 2026 : Le gouvernement relève le plafond des dépenses pour les candidats    Royal air Maroc inaugure une liaison directe Bruxelles-Tétouan    Sáhara: Costa Rica apoya la autonomía bajo la soberanía de Marruecos    Avincis partners with De Havilland Canada to boost aircraft services in Morocco    Marrakech: 2 muertos en el derrumbe de las paredes de una casa de adobe    The Kingdom of Morocco and the Republic of Costa Rica reaffirmed on Friday in Rabat their commitment to giving their bilateral relations new momentum based on structured political dialogue and strengthened cooperation.    Tourisme : Le Maroc accueille le forum des voyagistes français    Le Sénégal réussi à retirer le soutien de l'UA à la candidature de Macky Sall à l'ONU    Ifquirn : Du Maroc à la France, les chibanis se racontent à Gennevilliers    Chutes de neige et averses orageuses accompagnées de grêle, vendredi et samedi, dans plusieurs provinces    Akdital : un chiffre d'affaires de 4,4 milliards de DH en 2025    Madagascar forme son nouveau gouvernement    Le Maroc prolonge son partenariat avec l'UE pour la recherche et l'innovation en Méditerranée    Sahara marocain : Le Costa Rica considère "l'autonomie sous souveraineté marocaine" comme "la solution la plus réalisable"    « K1 », la nouvelle série policière sur 2M, dès le 31 mars 2026    Will Smith séduit par l'Angola et prêt à y tourner « Bad Boys »    Côte d'Ivoire : 4 destinations incontournables pour l'été    « Let's Play » : Quand la photographie devient un acte de résistance poétique    FAO : la guerre au Moyen-Orient, un choc pour la production alimentaire mondiale    Femmes et sport, le pouvoir reste-t-il un terrain masculin ?    La Chine envoie un nouveau satellite test dans l'espace    Rabat : cycle de conférences pour repenser les féminismes depuis une approche décoloniale    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Confection des habits de l'Aïd: Une tradition qui n'échappe pas à la digitalisation [INTEGRAL]
Publié dans L'opinion le 20 - 04 - 2023

Alors que les derniers jours du Ramadan s'enchaînent, que chaque jour de la semaine est « le dernier que l'on jeûnera cette année », les familles marocaines (re) commencent à préparer la célébration d'Aïd El Fitr. Il est évidemment question de savoir avec qui on passera la fête, ce qu'on devra préparer pour les repas, mais surtout ce que chacun portera. Si certaines familles privilégiées ont le temps de faire préparer leurs habits de l'Aïd, un long moment en avance, la grande majorité attendra le dernier moment pour le faire.
« Les commandes que nous recevons sont bien évidemment différentes et selon la complexité du travail à faire ainsi que la disponibilité des matériaux, une commande aura besoin de 24 heures pour être prête comme elle peut parfois nécessiter plusieurs jours », nous explique Si Omar Yousfi, tailleur à Meknès. Travaillant seul durant l'année, la période du Ramadan impose cependant à l'artisan de recruter d'autres petites mains pour l'aider.

Rush ramadanesque

« J'ai des clients fidèles pour qui je confectionne régulièrement des habits selon les occasions et les demandes qu'ils ont. Généralement, les commandes sont préparées à l'avance, mais je reçois également des commandes durant le mois sacré, avec parfois des demandes de dernière minute », précise d'artisan, ajoutant que Aïd El Fitr est une occasion qui permet aux couturiers et magasins spécialisés dans les habits traditionnels de faire un pourcentage important de leur chiffre d'affaires annuel. « Contrairement aux mariages et célébrations familiales, les fêtes religieuses peuvent se préparer à l'avance.
Nous avons une idée des demandes et des attentes de nos clients alors nous essayons de les anticiper et de préparer des produits qu'ils pourront adopter », explique pour sa part un vendeur de vêtements prêt à porter, en désignant un petit rayon de vêtements traditionnels pour enfants. « Tous les vêtements durant l'Aïd n'ont pas forcément été préparés sur mesure. Il y a plusieurs modèles prêts à porter qui sont également utilisés, surtout pour les plus petits », explique le commerçant.

Evolution marketing

En dépit du caractère traditionnel du marché des habits de fête, les artisans n'ont pas manqué de suivre la nouvelle vague de web marketing. C'est ainsi qu'en plus de l'incontournable bouche à oreille, les pages dédiées sur TikTok, Facebook ou Instagram foisonnent et redoublent d'idées et d'efforts pour être les plus attractives. « Notre page n'est pas liée à un seul commerçant ou artisan, mais propose plutôt un catalogue de produits et services au niveau de plusieurs villes.
Notre business model est de créer plusieurs pages dédiées à divers types de produits, et choisir les commerçants dont nous ferons la publicité contre une rétribution convenue à l'avance », nous confie l'administrateur d'une page dédiée à la vente des habits traditionnels. « Certains commerçants préfèrent gérer eux-mêmes leur présence sur le web, mais c'est un travail à temps plein que d'animer une page, gérer sa communauté et préparer son contenu », estime notre interlocuteur.

Inflation et influenceur
À faire le tour des réseaux sociaux, il est évident que la digitalisation n'a pas raté le secteur de la confection des habits festifs et traditionnels. Les enseignes et les artisans qui ont le vent en poupe n'hésitent pas à faire appel à des influenceurs pour faire la promotion de leurs produits. À y regarder de plus près, les prix qu'ils affichent semblent un peu plus salés que d'habitude. « Notre domaine implique plusieurs catégories de prix pour un seul type de produit. C'est ainsi que chacun pourra trouver une offre qui est adaptée à son budget. Il est cependant vrai que les prix ont légèrement augmenté cette année du simple fait qu'il y a un contexte économique national qui n'échappe pas à l'inflation », concède Si Omar Yousfi.
Une fois que nous avons montré les prix de certaines enseignes promues par des influenceurs sur Instagram, l'artisan meknassi semble légèrement surpris : « Il y a un peu d'exagération dans ces prix. Mais j'imagine que ces enseignes doivent amortir leurs coûts sur deux fronts : l'inflation et l'influence », conclut l'artisan avec un sourire malicieux.

Oussama ABAOUSS
3 questions au Pr Lahlou Abdelati
« Considérer que la djellaba est un habit exclusivement religieux est une interprétation fallacieuse et erronée »
Anthropologue affilié à l'Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine (INSAP), Pr Lahlou Abdelati répond à nos questions sur la tradition d'habillement festif au Maroc.
Pourquoi certaines fêtes ou occasions sont marquées par une tradition spéciale d'habillement ?
- Tous les peuples et les communautés qui ont une grande tradition connaissent des jalons dans le cycle de leur vie, durant lesquels la célébration se fait avec une attention particulière à l'habillement. Cela permet de valoriser ce temps festif et de se présenter sous le meilleur jour possible. Pour le cas de la célébration de Aïd El Fitr au Maroc, cela implique également de montrer du respect aux autres et à soi-même. Il y a également une dimension identitaire de cet apparat puisqu'on revient aux origines en exhibant notre attachement aux vêtements traditionnels.
N'existe-t-il pas également une dimension qui met en avant le statut social par l'habillement ?
- En effet, s'habiller en Bzioui, par exemple, n'est pas donné à tous. Le faire, ajoute donc une certaine distinction sociale. Le plus important est que cette tradition d'habillement s'attache aux valeurs d'authenticité puisque le travail à la main et les composantes culturelles d'origine sont respectées et valorisées. Cela n'empêche pas que les métiers qui sont derrière cette tradition continuent à évoluer. On peut voir apparaître de nouvelles couleurs, de nouvelles technologies de tissage, mais la Djellaba par exemple est toujours la même.
Justement, une école étrangère installée au Maroc a récemment considéré la Djellaba comme un habit non-civil. Peut-on réduire la Djellaba à sa seule dimension religieuse ?
- Absolument pas. La preuve en est qu'un grand monde s'habille en djellaba à des occasions qui n'ont aucune relation avec la religion. C'est un costume comme un autre et c'est surtout un costume traditionnel. Il faut faire la distinction entre la culture et la religion. Considérer que la djellaba est un habit ou signe exclusivement religieux est une interprétation fallacieuse et complètement erronée.
L'info...Graphie
Patrimoine: Vers une meilleure sauvegarde des savoir-faire liés à l'artisanat
Il y a quelques jours, la ministre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie Sociale et Solidaire, Fatim-Zahra Ammor, a présidé une réunion qui a marqué le lancement du projet « Sauvegarde des savoirs et des savoir-faire menacés de disparition et liés à l'artisanat à travers leur transmission aux jeunes générations », ainsi que la validation du processus de transmission et de sélection des artisans détenteurs des savoirs et savoir-faire menacés de disparition qui auront le titre de "Trésors des Arts Traditionnels Marocains". « En effet, plusieurs savoirs et savoir-faire liés aux métiers de l'Artisanat marocain courent aujourd'hui le risque de disparaître pour différentes raisons, notamment la non-transmission de ces savoirs, véritable héritage immatériel national, aux jeunes générations par leurs maîtres artisans », a souligné un communiqué du ministère.
Dans une première étape, six savoirs et savoir-faire traditionnels menacés de disparition ont été fixés lors de ce comité de pilotage. Il s'agit de la Blousa Oujdia, des Selles Brodés, de la Lutherie, du Zellige de Tétouan et du Tissage des tentes. Les prochaines étapes porteront sur l'identification de 6 maîtres artisans détenteurs de ces savoir-faire et la transmission de leur savoir à des jeunes apprentis à travers des programmes de formation spécifiques. Ce programme sera par la suite généralisé pour couvrir 30 savoirs et savoir-faire menacés de disparition, a conclu le communiqué. Gageons que le patrimoine vestimentaire marocain ne manquera pas de bénéficier de ce projet.

Evolution: Le patrimoine vestimentaire façonné par l'Histoire et la géographie
Les vêtements « traditionnels » du Maroc se sont développés depuis l'apparition du tissage, il y a des milliers d'années. Cette évolution s'est faite différemment selon les caractéristiques des territoires et du climat local. L'évolution des outillages et la disponibilité locale des matériaux ont également influencé l'évolution des habits qui représentent aujourd'hui toute la diversité culturelle, ethnique et patrimoniale du Maroc. « Depuis le milieu du XXème siècle, la djellaba a rejoint la garde-robe féminine.
A cette époque, en effet, les Marocaines ont abandonné le haïk, large morceau de tissu, généralement blanc, dont elles se recouvraient le visage et le corps pour sortir, au profit de la djellaba qui est devenue un vêtement d'extérieur. Aux coupes très strictes et très larges d'antan, se sont substituées aujourd'hui des djellabas féminines beaucoup plus proches du corps, plus colorées et inspirées des tendances de la mode contemporaine », décrit ainsi un site spécialisé, démontrant un exemple du dynamisme qui a façonné le patrimoine et les habitudes vestimentaires des Marocains.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.