Sahara : Malgré l'enjeu gazier, Giorgia Meloni maintient à Alger la position prudente de l'Italie    France: Tariq Ramadan condamné par défaut à 18 ans de réclusion criminelle    «Autopsie d'un message» : Le GADEM analyse les publications racistes en ligne    CDH : le Maroc accuse l'Iran de soutenir des groupes "séparatistes et extrémistes"    Les archives du journal Le Monde lèvent le voile : le Maroc s'opposait à la partition de l'Algérie en 1962    Le Maroc et la Centrafrique renforcent leur coopération judiciaire    Washington : Lalla Hasnaa représente le Maroc au sommet "Fostering the Future Together"    Prisons : pour 2,75 MDH, le Maroc renforce la sécurisation des données    Sanlam Maroc: Un résultat net de 451 MDH en 2025, en hausse de 7,9%    Espagne-Maroc. La Police espagnole se félicite de l'excellence de sa coopération avec la DGST marocaine    Le Polisario s'affiche à une réunion pro-Iran au Brésil    Espagne : Un universitaire marocain arrêté pour avoir abandonné ses enfants    Mercato : Bilal El Khannouss définitivement transféré à Stuttgart    Sénégal – Pérou : pourquoi aucune chaîne française ne diffuse le match ?    La Bourse de Casablanca clôture dans le vert    Morocco braces for strong thunderstorms with hail Wednesday and Thursday    Khalid Tinasti se une al panel de la ONU para replantear la política sobre drogas    Akhannouch : 100% des écoles seront des « écoles pionnières »    «L'héritage inconnu» : Mohamed Ouachen rend hommage à Fatema Mernissi au théâtre    Affaire Lamjarred : la plaignante poursuivie pour extorsion    Energie : Trump évoque un « cadeau inestimable » de l'Iran    Dacia Maroc renforce son engagement au Rallye Aïcha des Gazelles et devient sponsor de la catégorie Crossover    Football. Les joueurs africains les plus chères du moment    Mozambique : 267.000 hectares de forêts partis en fumée    Tanger : 230 MDH pour la construction d'un hôpital universitaire de psychiatrie    Mondial 2026 : le Maroc dévoile un maillot inspiré de son héritage    La belgo-algérienne Nawell Madani rattrapée par la polémique    Design africain : les événements qui vont marquer 2026    Aziz Akhannouch : La dignité du corps enseignant, pilier de la réforme du système éducatif    Halhal et Zabiri savourent leurs premiers pas chez les Lions de l'Atlas    FMI : L'économie du Maroc maintient son élan avec une croissance prévue de 4,4 % en 2026    Gestion de l'eau : le Maroc, laboratoire africain de la fiabilité de service    Le pétrole chute fortement sur fond d'espoirs d'apaisement au Moyen-Orient    HCP : Benmoussa présente les principales mutations démographiques du Royaume    Revue de presse ce mercredi 25 mars 2026    Washington fait passer un plan en 15 points à Téhéran pour mettre fin à la guerre    Maroc – Équateur : horaire, stade et enjeux du premier match de Ouahbi    CAN 2025 : le TAS dément toute saisine du Sénégal    Estados Unidos: un nuevo senador se une a la iniciativa de Ted Cruz contra el Polisario    Etats-Unis : Les agriculteurs ne veulent plus des droits de douane sur les engrais phosphatés du Maroc    Détroit d'Ormuz : plus de 80 pétroliers bloqués, selon Greenpeace    Menaces terroristes : le Maroc, parmi les pays les plus sûrs au monde    Anthropic propulse Claude vers une IA autonome capable de piloter votre ordinateur    « La Dolce Vita à Mogador » : L'excellence du cinéma transalpin rayonne à Essaouira    France : Nawal Rezagui, cheffe franco-marocaine étoilée au guide Michelin    Subvention de la musique et des arts chorégraphiques: Ouverture des candidatures pour la 1ère session de 2026    CV, c'est vous ! Ep-90. Fadoua Jemoumkh, la social media manager qui rêve grand    «Les Marocains de Norvège», un livre de Jamal Eddine Belarbi sur les récits migratoires    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Sur les traces des rois réformateurs
Publié dans Le temps le 13 - 09 - 2011

Mohammed VI s'inscrit dans la lignée des rois réformateurs qui ont marqué l'histoire du pays.
vous l'avez bien lu : Mohammed VI est le premier roi marocain démocrate. Une vocation qu'aucun sultan ni aucun roi n'a égalée, ni peut disputer. Depuis l'avènement de la dynastie alaouite, - fondée en 1666 par Moulay Ali Chérif -, jamais aucun roi alaouite n'a autant été acquis aux valeurs de progrès et de démocratie. Les témoignages, recueillis ici et ailleurs, sont unanimes sur cette vocation pionnière de Mohammed VI. Les acquis accumulés depuis l'accession de M6 sur le trône alaouite, en juillet 1999, nous édifient à bien des égards sur cet aspect précurseur. Mais voilà, fallait-il attendre l'arrivée de Mohammed VI, - quatre siècles après l'avènement de la dynastie alaouite -, pour que le royaume s'arrime, enfin, à la démocratie ? Cela veut-il dire que les prédécesseurs de Mohammed VI étaient moins enclins à la réforme ? Que peut-on, finalement, retenir de leur succession à la tête du Trône alaouite ? Un Moulay Abdelaziz à qui une certaine «légende» attribue le «forfait» d'avoir failli «troquer» l'empire chérifien contre un vélo français ? De s'être «amusé» à prendre des clichés de son harem ? Ne fallait-il pas y déceler, plutôt, les prémisses du modernisme au Maroc, comme l'avait si bien démontré, dans son excellent ouvrage «Dans l'intimité du Sultan», le conseiller artistique de Moulay Abdelaziz, Gabriel Veyre. Mais passons, car il y a des exemples, certes peu nombreux mais on ne peut plus édifiants, sur cette vocation moderniste des sultans et rois alaouites.
Les sultans réformateurs (1822-1894)
A partir de 1822, trois sultans alaouites auront à cœur de moderniser le pays. Il s'agit du père Moulay Abderrahmane, du fils Sidi Mohammed et son héritier Moulay Hassan. D'après certains historiens, le sultan Sidi Mohammed (1859-1873) serait «le plus réformateur des sultans marocains». «Ce sultan, qualifié par l'historien Jean Lemiège de sultan du progrès, avait chargé l'ingénieur anglais Sairlie de construire une usine de confection du coton à Marrakech», certifie Zaki Moubarak, historien. Les origines de l'industrie du textile au Maroc remonteraient ainsi à l'époque de ce sultan éclairé. Mais voilà, cet acte, si novateur soit-il, peut-il amener à concéder à ce sultan le titre glorieux de «sultan réformateur»?
A l'évidence, loin s'en faut. Seulement voilà : en 1862, le même sultan «confie certains travaux publics à l'ingénieur anglais Clakson Guy pour la construction d'un pont sur l'oued Oum Er-rbie», fait valoir l'historien Zaki Moubarak. Selon le même historien, le Maroc doit au même sultan la construction, à Tanger, du premier moulin à vapeur. Cette tâche est alors confiée à l'ingénieur Philipe Graygon. Dans le même élan, le sultan introduira, au Maroc, la première imprimerie. Et c'est la ville de Fès, haut lieu du savoir, qui a le privilège d'accueillir cette première imprimerie, dont les bienfaits auront été expliqués au sultan par l'ex-ambassadeur de Sidi Mohammed, Idriss El Amraoui. Ce sont là trois exploits majeurs à mettre à l'actif du sultan Sidi Mohammed et qui ont forcé, sinon l'admiration, du moins le respect de l'intelligentsia européenne. Mais cette vocation, Sidi Mohammed la doit aussi à son père Moulay Abderrahmane. Ainsi ce n'est pas un hasard si, en 1832, le célèbre artiste peintre français consacre un portrait laudateur à Moulay Abderrahmane, sous l'intitulé «Le Sultan du Maroc». Ce n'est pas un hasard non plus si l'émir Abdelkader, chevalier de la foi, exprime au même sultan, dans une lettre inédite, son allégeance et salue son appui au Jihad du voisin algérien contre l'occupant français. Pour rappel, cet appui a valu au sultan la cinglante défaite d'Isly. Un choc militaire et psychologique qui n'était pas aisé à assumer par le père Moulay Abderrahmane, encore moins par le fils héritier Sidi Mohammed. C'est ce dernier qui, en 1844, est dépêché par son père pour combattre les Français à Isly. Il a fini par lâcher l'allié algérien, pour s'intéresser à une Europe alors en plein essor économique. Encore lui fallait-il compter avec le voisin ibérique, l'Espagne. En 1860, tout juste sultan, Sidi Mohammed doit faire face à la prise de Tétouan. Et il ne doit la libération de cette ville marocaine qu'à une intervention anglaise. Sur le plan interne, la tâche du jeune sultan n'a pas été de tout repos. Mais sa perspicacité lui évitera de s'épuiser en guerres intestines, préférant plutôt tirer un meilleur profit des progrès économiques européens.
Les prémices de la modernité
Quant au sultan Moulay Al Hassan, en dépit de ses tournées de longue durée pour imposer l'autorité du Makhzen dans les différentes régions du Maroc, il n'a pas manqué de poursuivre l'œuvre réformatrice de son père Sidi Mohammed et son grand-père Moulay Abderrahmane. Ainsi s'est-il penché sur les entreprises à caractère commercial et financier, érigeant à Tanger notamment un quai en bois pour faciliter le débarquement des passagers. Comme il a donné une forte impulsion à certaines industries qui avaient été lancées par son père Sidi Mohammed, notamment le moulin à vapeur de Tanger, l'usine de confection du coton et la manufacture de sucre à Marrakech. Le Maroc lui est redevable également de la construction, dans la ville du Détroit, d'une fabrique de verre, d'un hôtel de monnaie à Fès …
Voyez-vous, on pourrait allonger la liste des preuves sur la «fibre réformatrice» des sultans et rois du Maroc, mais abrégeons : Cet élan a dû être freiné en 1894, au moment où le colon français rôdait déjà autour des frontières du Royaume. En 1912, Moulay Hafid est dans l'obligation d'accepter le traité du Protectorat. Tout bien considéré, il ne s'agissait toutefois là que de «prémices» de modernité étouffées tantôt par les guerres internes tantôt par les puissances étrangères. Ce n'est qu'avec l'avènement de Mohammed VI que le mot «réforme» a réellement acquis ses lettres de noblesse, dans la mesure où l'actuel roi a donné à la réforme inachevée, pour ne pas dire «loupée», de ses prédécesseurs une structure et un plein contenu. Avec la nouvelle Constitution, résultat d'une consultation plurielle et nationale, l'actuel souverain a réussi à inscrire, de facto, son pays dans la droite ligne des monarchies les plus avancées au monde. Cet exploit est d'autant plus remarquable qu'il a été réalisé en un temps record : il a fallu à l'actuel roi seulement une décennie pour accomplir ce que l'on peut qualifier, à juste titre, de véritable «révolution démocratique».
M'Hamed Hamrouch


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.