France : des familles marocaines alertent sur des soupçons d'abus sexuels visant des enfants    Marché des capitaux : 124,4 MMDH de levées en 2025    Mumbai : Le Maroc renforce sa visibilité sur le marché touristique indien    Ports stratégiques : Comment le Maroc redessine la carte maritime africaine    Brazzaville et Dakar scellent un nouveau partenariat stratégique    Alerte météo : fortes pluies, averses et fortes rafales de vent jeudi et vendredi    « Le Maroc en Musique » : l'AMMA lance sa saison culturelle 2026    Crowdfunding: la campagne de Mazaya pour soutenir les jeunes talents    Le FICAM® revient pour une 24e édition axée sur la jeunesse    Télévision : 2M dévoile son menu ramadanesque    Boxe : Imane Khelif reconnaît avoir suivi un traitement hormonal avant les JO de Paris 2024    Servir le citoyen marocain et préserver ses intérêts, une priorité absolue (Ambassade du Maroc en Espagne)    Décès du Chef Kimo, figure appréciée de la cuisine populaire    Réforme des EEP : cinq mois d'audit pour trancher le sort de l'ANAPEC    Production avicole : La FISA met en garde contre un déséquilibre structurel du secteur    Intempéries: la dépression Leonardo paralyse l'Andalousie et fait un mort au Portugal    New Start : la Chine ne participera pas à des discussions sur l'armement nucléaire "à ce stade"    Archives : Visa officiel pour le calendrier de conservation de la SNTL    Ligue 1: Hakimi suspendu pour un match ferme et un avec sursis après son carton rouge à Strasbourg    Marcel Dessailly : "La FIFA avait à cœur d'amener la Coupe du Monde au Maroc"    Brahim Diaz, victime collatérale de la refonte annoncée du Real Madrid ?    Al Nassr : Cristiano Ronaldo de retour à l'entraînement après sa grève, vers la fin du bras de fer ?    Maroc-Espagne : Pedro Sánchez salue une coopération migratoire «exemplaire»    Koweït : le Maroc réélu membre du Comité exécutif de l'Organisation de la coopération numérique    Maroc – Chine : Une alliance stratégique portée par la convergence des modèles de développement    Education : la plateforme TelmidTICE mobilisée face aux intempéries    Températures prévues pour vendredi 06 février 2026    « Fête du Printemps chinois » : Rabat célèbre le Nouvel An chinois 2026    Nasser Bourita : «Sous le leadership de SM le Roi Mohammed VI, le Maroc s'impose comme partenaire géostratégique fiable dans les minéraux critiques»    Réforme des avocats : Ouahbi écarte toute idée de crise    Inondations : les autorités renforcent l'alerte    Modernisation de l'agriculture et revitalisation rurale : pour la construction d'une puissance agricole    Le Maroc et l'Espagne sont liés par des relations culturelles enracinées (Ambassadeur d'Espagne au Maroc)    Borj Belkari : Renaissance d'un bastion historique à l'heure contemporaine    Le Maroc a gagné 14 places dans l'indice mondial « Government AI Readiness 2025 »    Alger sous pression au Sénat américain après l'achat d'avions de combat russes    Tanger-Tétouan-Al Hoceima: Suspension prolongée des cours jeudi    Minéraux critiques: Marco Rubio souligne le «rôle clé» du Maroc    Coupure temporaire de la circulation sur la RN2 entre Tétouan et Tanger et la RN16 entre Tétouan et Fnideq    Libye: le procureur général confirme la mort de Saif Al-Islam Kadhafi    Deux mois après sa rencontre avec Tebboune, l'ambassadeur vénézuélien en Algérie se rend à Tindouf    L'armée américaine dit avoir abattu un drone iranien ayant approché un porte-avions    Affaire Epstein : Jack Lang refuse de quitter l'IMA et invoque une "naïveté" assumée    Sous le leadership de S.M. le Roi, le Maroc est clairement devenu une grande puissance du football mondial    Evacuation des habitants et mise à disposition de l'hébergement... des mesures d'urgence pour faire face aux inondations à Douar Soualem – Sidi Slimane    Tragedia en Boujaria: tres mujeres de una misma familia perecen en el derrumbe de una casa causado por el mal tiempo    France : Le réalisateur Mohamed Ahd Bensouda tire sa révérence    « Bolt » chinois... Un robot humanoïde qui s'approche des limites de la vitesse humaine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Layla Skali : « Revaloriser le patrimoine de construction écologiqu e » | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 02 - 05 - 2012

Organisatrice du premier symposium sur l'architecture écologique marocaine, du 25 au 28 avril à Fès, l'architecte Layla Skali évoque pour Le Soir échos la nécessité de valoriser et préserver le savoir-faire traditionnel de construction écologique.
Autour de la thématique de l'architecture écologique, une équipe interdisciplinaire s'est constituée, formée d'architectes, ingénieurs, étudiants, artisans et institutionnels.
L'architecture écologique est un concept à la mode. De-ci de-là, on entend parler de villes vertes ou de nouveaux bâtiments écologiques. Mais qu'en est-il vraiment ? Pour faire un tour d'horizon, tant à l'échelle internationale que nationale, un symposium sur l'architecture écologique a été organisé à Fès pendant 3 jours. Pour l'organisatrice de l'évènement, l'architecte Layla Skalli, l'architecture écologique consiste à faire coïncider l'architecture et le développement humain. « C'est une architecture à base de matériaux naturels, qui a un impact économique positif sur les populations », explique-t-elle. Partant de ce positionnement, tout un groupe d'experts s'est constitué pour se focaliser principalement sur les zones rurales, où les maisons en terre constituent de véritables habitats écologiques. « En réhabilitant les constructions en matériaux naturels, nous travaillons sur le phénomène d'exode rural, qui est la cause d'un problème plus large de densification des villes et des bidonvilles », souligne-t-elle. Véritable passionnée, l'architecte Layla Skalli revient, dans cet entretien, sur le patrimoine architectural écologique marocain, en insistant sur l'urgence de le préserver.
L'achitecture écologique est en vogue à l'échelle mondiale. Mais quelle est sa réalité au Maroc ?
On se bat dans le monde pour construire écologiquement, alors qu'au Maroc, il y a déjà un patrimoine énorme à revaloriser et protéger. Réhabiliter les anciens douars avec leurs maisons en terre est un geste écologique. Le fait de déjà se concentrer sur ce patrimoine, matérialise l'architecture écologique marocaine. Notre but est de faire le pont entre les artisans, dont le savoir-faire est en train de se perdre, et les avancées technologiques et scientifiques actuels (analyses de terre, etc). De plus, il y a de nombreux matériaux naturels qui peuvent être envisagés, tels que la laine de mouton ou encore le chanvre, qui sont des secteurs porteurs.
Les maisons en terre sont des constructions écologiques par excellence. Ci-dessus, une maison en terre dans le village Saqia dans la province de Sefrou.
Les artisans se faisant de plus en plus rares, les constructions écologiques déjà existantes, telles que les maisons en terre dans les douars, se délabrent. Pourquoi le savoir-faire traditionnel est-il si peu valorisé ?
C'est une histoire de politique de ville, marquée par une logique quantitative. Pendant les 3 jours du symposium, il y a eu un cri de cœur général : on ne veut plus de cette logique, avec des villes nouvelles qui sont des dortoirs. Il faut travailler avec les gens et écouter leurs réels besoins. Les gens de la campagne partent parce qu'ils vivent mal. Il y a un problème de focus : il faut inverser la vapeur et voir comment on peut réhabiliter les villages plutôt que de laisser partir les gens vers les villes, ce qui crée encore plus de bidonvilles. Nous ne souhaitons pas une muséification du patrimoine existant, il faut, bien sûr, réfléchir à ce qui manque et comment améliorer. Les maisons en terre existantes sont aujourd'hui rafistolées de bric et de broc car de nombreux artisans ont quitté les villages. Il faut s'interroger sur comment transmettre le savoir-faire des artisans.
Le principal matériau naturel utilisé au Maroc est la terre. Quelles sont ses vertus ?
La principale vertu de la terre est l'inertie. On ressent un véritable bien-être à l'intérieur d'une maison en terre. La différence de température avec l'extérieur est toujours stable, avec un degré intéressant. De plus, si la maison est construite avec ingéniosité, cela crée un espace extraordinaire, sans que l'on ait à consommer de l'énergie pour chauffer ou climatiser. Et contrairement à ce que l'on pense, la terre est très résistante. Des murs de plus de 8 mètres peuvent tenir pendant plusieurs siècles. Pour cela, il faut couper la terre de l'humidité du sol et la protéger des intempéries par la toiture. Il est également possible de mélanger la terre avec une bonne proportion de sable et de gravats.
Plusieurs projets de villes vertes voient le jour. S'agit-il d'une réelle volonté écologique des constructeurs ou d'un outil marketing ?
Justement, c'est pour cela que nous nous sommes positionnés dans ce domaine. L'architecture écologique est un argument vendeur. Il y a un vrai risque à surfer sur cette mode écologique de passer à côté de son potentiel de développement. Il faut vérifier si les choses sont sérieuses. S'agit-il de projet construit en matériaux écologiques plutôt qu'en béton ? Quel est le bilan carbone de ces projets ? Quelle est la démarche de l'architecte ? Prend-il en compte tous les atouts naturels du lieu (vent, pluie, etc) ? Mais il y a aussi un problème de label au Maroc.
Une école écolo
Suite au symposium, l'équipe interdisciplinaire, regroupée autour de la thématique de l'architecture écologique, n'entend pas rester les mains dans les poches. Première étape pour passer à l'action, le groupe entend se constituer très prochainement en association, sous le nom d'Association pour le développement de l'architecture écologique marocaine. Plusieurs projets sont déjà en gestation, dont la construction d'une première école écologique dans le village de Tarhamra, dans la province de Sefrou, avec la Fondation Good Planet. « Cette école sera un prototype, avec la participation de nombreux professionnels. Ce sera une première expérience concernant à la fois l'architecture de terre mais aussi la récupération des eaux de pluie, et le problème de l'assainissement, crucial dans tous les villages », nous explique Layla Skali. Côté concret, la CDG s'est déjà engagée pour donner le terrain, et les idées pour cette nouvelle école bouillonnent déjà dans la tête de l'équipe. A suivre…


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.