Al Barid Bank signe une année 2024 remarquable    TAMWILCOM tient son 10ème Conseil d'administration    Dislog Group prend 70 % d'Afrobiomedic et développe son pôle santé    Ghita Triki : "Résonance chromatique s'inscrit dans les programmes de visibilisation des cultures du Maroc et d'Afrique"    Installation de Mohammed El Habib Belkouch, Délégué interministériel aux Droits de l'Homme    Aéroports: Une capacité de 80 millions de passagers ciblée à l'horizon 2030    Parlement andin: Le Maroc, «un partenaire clé»    Festival Mawazine: Will Smith et Kid Cudi en têtes d'affiche    Maroc : CEMA bois de l'Atlas investit 150 MDH pour moderniser ses infrastructures    Zagora : Deux soldats tués lors d'une collision et un blessé    1/4 Finale. LDC/Refus d'accès des supporters au stade : L'AS FAR explique et informe !    1⁄4 de finale CCAF : La RSB , opportuniste, rentre à Berkane victorieuse !    Thiago Pitarch, la pépite du Real Madrid convoitée par le Maroc et l'Espagne    Algeria reports shooting down Malian Akinci drone    L'ONMT a opté pour Finn Partners pour organiser son roadshow en Amérique du Nord.    Aziz Akhannouch, la tercera fortuna de Marruecos después de Benjelloun y Sefrioui (Forbes)    Maroc : Un syndicat envisage le recours international contre la loi sur le droit de grève    Boluda Towage France and Marsa Maroc win Nador West Med towing contract    Charles Thépaut, expert de la région MENA et de la lutte contre la désinformation au Quai d'Orsay, nommé premier conseiller à l'ambassade de France au Maroc    Ligue 1 : Hakimi et Ben Seghir nommés au prix Marc-Vivien Foé    Fraude fiscale : Carlo Ancelotti jugé ce mercredi    Handball: Le Maroc accueille la 1ère édition du championnat du monde masculin U17    Real Sociedad : Inquiétude autour de Nayef Aguerd, sorti sur blessure    Copa del Rey : Le Real finaliste au bout des prolongations d'un match fou !    L'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS) appelle à reconnaître le phosphate et la potasse comme minéraux critiques    Trésor : Les détails de l'emprunt obligataire de 2 milliards d'euros    Washington annonce la nomination de Massad Boulos comme conseiller principal pour l'Afrique    Le temps qu'il fera ce mercredi 2 avril 2025    Les températures attendues ce mercredi 2 avril 2025    Sebta : 508 mineurs marocains accueillis en 2024    Présidence française au Conseil de sécurité : Vers une consolidation de la position marocaine sur le Sahara ?    Milan : Hicham Lahlou, membre du jury du Salone Satellite Award 2025    La Dolce Vita à Mogador : Le Cinéma Italien à l'honneur à Essaouira du 23 au 26 Avril 2025    Aïd al-Fitr : entre spiritualité, élégance et gourmandise    Soulaiman Raissouni, de l'hostilité envers la patrie à l'antisémitisme    Somalie. Les Etats-Unis ont le contrôle exclusif des bases aériennes et des ports.    Pardon et réconciliation au Niger, libération d'anciens hauts responsables politiques et militaires    Gabon. La campagne pour la présidentielle est ouverte    L'Alliance des Etats du Sahel établit un droit de douane commun    Un Festival pour promouvoir la cuisine ivoirienne    Birmanie : le bilan du séisme dépasse les 2 700 morts    Trump menace Harvard de priver l'université de 9 milliards de dollars de subventions fédérales    Royaume-Uni : Le roi Charles reprend ses fonctions publiques après un traitement contre le cancer    Le Festival "On Marche" revient pour une 18è édition    L'Algérie revendique l'abattage d'un drone malien Akinci    Aïd al-Fitr : Attention aux excès alimentaires après le jeûne !    Une chanson qui relie le passé au présent... Quand la voix de Hassan II rencontre les rythmes d'aujourd'hui    Lancement de "Visions Théâtres", nouvelle revue scientifique spécialisée dans la pratique théâtrale    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



« Un tableau se touche avec les yeux » | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 16 - 04 - 2012

Le corps humain est un élément moteur de votre recherche. Pourtant votre trait a évolué, du figuratif à l'abstrait.
Oui, mes premières expositions montraient des formes plus nettes, ma peinture était plus chargée et incorporait plus de détails, et je travaillais la notion de la répétition et des psalmodies. Le corps était en blanc et habillé de jellaba, maintenant il est noir et dénué de forme. Je peignais des scènes de danse, de rituels arabes où les couleurs éclatantes ressemblaient à celles du zellige, jusqu'à récemment où ma peinture s'est mue en une peinture plus simple.
« Figures entrelacées » font-elles donc référence à ces rituels de transe soufie ou gnaouie?
Elle font référence aux cercles qui sont emblématiques du patrimoine arabe, comme le turban soufi, les mouvements circulaires des transes gnaouies, les cercles des soufis, ou encore le patio des maisons traditionnelles. Les cercles sont représentatifs de plusieurs danses populaires, comme la Ghiyata, sorte de danse à la fois festive et belligérante que les hommes dansaient du temps de la résistance. Cette danse consiste à tenir des fusils, des tambours et la « ghitta » (sorte de flûte) et finit par une ronde où les hommes tirent en direction du sol.
Il y aussi une forme d'élévation et de célébration, par le biais du corps. Est-ce en rapport avec le soufisme ?
Certes. Les grandes figures soufies prônaient l'élévation par le corps et la fusion avec Dieu, et la concentration qui mène à l'élévation. Le grand penseur Al Hallaj, par exemple, été condamné à mort parce qu'on ne comprenait pas sa poésie, «Et maintenant je suis Toi-même. Ton existence c'est la mienne et c'est aussi mon vouloir ». C'est comme la musique des Issawa où le rythme mène à un degré d'oubli de soi.
Pourtant, certains corps semblent être en souffrance, d'autres absents, et d'autres festifs.
Quand je travaille, je ne me concentre pas sur l'état des corps ou leurs formes. Mon trait est spontané et je travaille au hasard. Les taches noires, la gestuelle et la superposition de couleurs forment mes silhouettes. Il y a de l'attente, de la contemplation, de la danse, de la célébration, il y a même de la calligraphie, mais ce n'est pas forcément réfléchi. Certains diraient que les corps se bagarrent, ou appellent les esprits, ou souffrent. Je n'en sais rien. La figuration est normalement un processus planifié, alors que l'abstraction relève de l'aventure. Après c'est de l'intprétation. Un tableau se touche avec les yeux.
Pourquoi le noir prime-t-il dans vos œuvres ?
Le noir est une couleur attachée aux coutumes et aux rituels de l'Afrique, aux transes africaines, à la jungle et au masque du continent noir. C'est aussi une partie de la culture soufie, et représente le noir des gnaouis. Les gnaouis dansent en s'habillant de différentes couleurs, et chaque couleur représente un rythme particulier. Le noir représente les rythmes les plus effrénés, la transe.
Quelle est la part des formes géométriques et de la calligraphie dans vos œuvres ?
Les formes géométriques c'est pour créeer l'équilibre, et la calligraphie se crée instinctivement, dès lors que les silhouettes sont tracées. Je fais beaucoup de recherches sur la composition en amont, mais mon trait reste spontané. Le plus difficile, dans le processus de création, c'est le début et la fin de l'œuvre, l'instant où on se lance dans la création, ou celui où l'on se dit « c'est fini, je ne rajoute plus rien ». A la galerie Amadeus, jusqu'au 17 mai.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.