Le Maroc et l'Autriche signent un MoU instituant un dialogue stratégique    Les éleveurs appelés à mettre leurs moutons sur le marché pour faire baisser les prix    Bilan gouvernemental: 92.000 entreprises créées en 2025, un record    Gnaoua et Musiques du Monde : Une transe-mission sans frontières    L'opposition soulève le mystère des financements... et le dialogue social déçoit les espoirs des syndicats    La Bourse de Casablanca termine sur une note quasi-stable    Aéroport Rabat-Salé : Hausse de plus de 8% du trafic passagers à fin février    Israël-UE. L'accord d'association ne sera pas suspendu    Terrorisme au Sahel: le Niger et le Mali pointent du doigt l'Algérie    Ismaël Baouf : une trajectoire qui mène naturellement vers les Lions de l'Atlas    Ajax : Rayane Bounida au cœur d'une bataille entre géants européens    Abdessamad Ezzalzouli vers un départ, le PSG et le Barça en embuscade    L'organisation de la CAN 2027 menacée en Afrique de l'Est après plusieurs retards    Austria supports UN resolution backing Moroccan autonomy plan for Sahara    Austria saludó el miércoles las amplias reformas emprendidas en Marruecos bajo la dirección de Su Majestad el Rey Mohammed VI, en favor de una sociedad y una economía marroquíes más abiertas y dinámicas.    Accélération des documents des véhicules grâce au partenariat NARSA–Barid Al-Maghrib    Philippe Lalliot attendu comme nouvel ambassadeur de France au Maroc    Coopération maroco-espagnole pour rechercher un bateau de migrants disparu au large de Tan-Tan    USA-Iran. Trump prolonge le cessez-le-feu    Aide militaire à l'Iran? Pékin rejette les sous-entendus de Trump    Washington préoccupée par les liens du Polisario avec l'Iran    Attentats de Madrid 2004 : l'ex-ministre Trillo accuse des cellules marocaines sous contrôle français    Le Roi Mohammed VI et Cheikh Zayed Al Nahyane s'entretiennent sur la coopération et les défis régionaux    Alimentation animale : la nouvelle niche qui pourrait créer un million d'emplois en Afrique    Profession d'Adoul: Le projet de loi adopté à la majorité à la Chambre des conseillers    Le Real Betis bat Girona FC, Ezzalzouli et Ounahi décisifs    Maroc-Emirats : Entretien téléphonique entre SM le Roi et Cheikh Mohammed Ben Zayed    Industrie : 41% de la main-d'œuvre sont des femmes, dont 62% dans le textile    Inondations : Akhannouch loue la mobilisation des autorités    Maroc-Suède : Hammouchi renforce le partenariat sécuritaire    Cannabis legal: Una producción de más de 19 000 Qx en 2025    Démantèlement d'un réseau de drogue lié au Maroc en Italie après trois ans d'enquête    Activités commerciales nocturnes : des professionnels démentent tout couvre-feu    Entretien entre Mohammed VI et le président des Emirats pour renforcer la coopération bilatérale    Gnaoua 2026 : Essaouira au rythme d'un monde en fusion    FLAM 2026 : Marrakech, carrefour des littératures africaines    Sport universitaire : Settat se prépare à accueillir le Grand Prix Moulay El Hassan 2026    Ryanair pourrait choisir le Maroc pour ses futurs centres de maintenance à 800 millions de dollars    Jonathan Harroch face à des témoignages vidéo accablants    Les États-Unis en "position très forte" pour négocier avec l'Iran, selon Trump    Festival Mawazine: un retour difficile marqué par une programmation compliquée    M. Bourita participe à la session extraordinaire du Conseil de la Ligue arabe au niveau ministériel consacrée aux attaques iraniennes illégales contre des Etats arabes    Santé : Le chantier des GST, une transformation structurelle du mode de gestion    ONU: Omar Hilale scelle un partenariat stratégique entre la Commission de consolidation de la paix et la Banque mondiale    Le Maroc, leader incontesté du patrimoine culturel dans le monde arabe    Es-Semara : des peintures rupestres et un atelier de pigments mis au jour à Jdiriya    Le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde dévoile sa 29è édition    Casablanca : "Manga F'lmdina", une immersion japonaise au cœur de la Villa des Arts    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le capital humain face à la croissance
Publié dans Le Soir Echos le 04 - 05 - 2011

L'avenir c'est l'investissement, en priorité, dans le savoir-faire et la formation de qualité. Le monde actuel est marqué par des changements accélérés de tout bord, et tout se base désormais sur la matière grise, clef du succès.
On constate depuis de nombreuses années que le salarié prend de plus en plus d'importance au sein de l'entreprise, celle-ci ne cherche pas nécessairement à le motiver et à favoriser son épanouissement au travail pour une meilleure performance et un meilleur rendement. Après tout ne s'agit-il pas d'un retour sur investissement ?
Toutefois bien que le salarié se valorise dans les entreprises, on constate que cette valorisation est omise de l'actif du bilan, document qui récapitule l'outil productif de l'entreprise.
Le capital humain se définit comme l'ensemble des capacités productives qu'un individu acquiert par l'accumulation des connaissances générales ou spécifiques, de savoir-faire. La notion de capital exprime l'idée que c'est un stock immatériel imputé à une personne pouvant être accumulé. Cette notion a été principalement développée par Gary Becker qui a obtenu le Prix Nobel en 1992.
Mais, comment ce capital humain est-il appréhendé actuellement ? Gary Becker considère que les dépenses de formations aident à constituer un capital humain au même titre que les dépenses d'investissements des entreprises conduisent à la création du capital physique. C'est pour cela, il serait intéressant d'analyser les différentes possibilités d'accroître ses connaissances ainsi que certains effets dans l'économie.
Malheureusement, le système éducation-formation marocain n'a pas évolué à la vitesse requise.
Ainsi, le capital humain repose sur une accumulation des connaissances. L'être humain acquiert, en tout premier lieu, des connaissances grâce à la formation générale c'est-à-dire son éducation. Comme les entreprises, celui-ci procède à des investissements monétaires tels que l'achat d'éducation et de biens (livres, droits…) ou non monétaires comme la perte de temps et, il attend que ceux-ci soient rentabilisés. Cette rentabilité prendra la forme d'un salaire plus élevé lors de son entrée dans la vie active. En effet, l'individu cherche à optimiser ses dépenses d'éducation et à égaliser leur coût marginal avec leur productivité marginale. Toutefois, ce salaire constitue une charge pour l'entreprise évaluée normalement en fonction du niveau d'étude de l'employé et non de sa productivité. En effet, une part importante des connaissances nécessaires à son emploi est spécifique à chaque société tel que l'utilisation d'équipements particuliers.
La société peut également accroître son capital humain par le biais de la formation professionnelle continue. Celle-ci est devenue obligatoire pour les entreprises depuis un certain nombre d'années. Ces dernières doivent consacrer un pourcentage de leur masse salariale au financement de la formation de leurs salariés. Cette formation a pour but d'accroître ou de compléter les connaissances du personnel mais surtout permet à l'entreprise de devenir plus compétitive du fait de la hausse de la productivité.
Le capital humain, une charge pour l'entreprise
L'accumulation des connaissances se fait donc par l'éducation ainsi que la formation. Or tous les individus ne sont pas égaux devant la possibilité d'acquérir des connaissances. Ceci implique donc une plus grande vulnérabilité des individus face au chômage si ceux-ci détiennent un capital humain peu élevé. On assistera donc au développement du chômage structurel. Cette aggravation de la situation de l'emploi se traduit toutefois par une augmentation du rythme d'accumulation du capital humain. En effet, l'idéal serait que l'individu au chômage ait recours à diverses formations afin de palier aux manquements précédents.
En effet, une hausse du chômage détruit une partie du capital humain car celui-ci à la propriété de se dégrader lorsqu'il n'est pas utilisé. Une longue période de chômage fait diminuer l'efficience et la productivité des travailleurs, celle-ci affaiblit donc le taux de croissance de l'économie.
L'entreprise valorise une certaine partie des connaissances du capital humain. Toutefois, le savoir-faire n'apparaît pas dans la comptabilité de ces sociétés or c'est un facteur de compétitivité qui améliore l'économie.
La comptabilité générale, lors de chaque exercice, prend en compte une partie du capital humain sous forme de salaires versés aux employés. Ces rémunérations constituent une charge pour les entreprises et figurent donc uniquement, à leur coût historique, dans le compte de résultat. On constate donc que ce dernier est important dans les états financiers.
A ce salaire, on peut ajouter les dépenses de formation et de recrutement que l'entreprise enregistre également comme une charge, c'est-à-dire comme quelque chose de non durable pour elle. La formation est prise en compte mais pas ce qu'elle apporte aux salariés : ses nouvelles connaissances et aptitudes. On prend donc en comptes les dépenses mais pas les recettes futures espérées.
Afin de palier au manquement de la comptabilité générale, certaines sociétés doivent obligatoirement fournir certains documents afin de rendre compte aux salariés, à l'inspecteur du travail ainsi qu'aux actionnaires de l'aspect social de l'entreprise.
Seules les sociétés de plus de 300 salariés ont en effet l'obligation d'établir un bilan social. Celui-ci récapitule en un document unique les principales données chiffrées permettant d'apprécier la situation de l'entreprise dans le domaine social, d'enregistrer les réalisations effectuées ainsi que les changements intervenus au cours de l'année écoulée et des deux années précédentes.
Partenariat
Entreprise-Université
On constate que le capital humain désigne l'ensemble des connaissances apprises par l'individu qui accroît son efficacité productive. Chaque individu est propriétaire d'un certain nombre de compétences qu'il valorise en les vendant sur le marché du travail. Toutefois, malgré l'importance de ce dernier dans l'économie, et malgré diverses tentatives d'évolution, ce capital humain est toujours considéré comme une charge pour l'entreprise au même titre que les matières premières.
Malheureusement, le système éducation-formation marocain n'a pas évolué à la vitesse requise. L'inadéquation formation-emploi, la multiplication des diplômes inutiles et générateurs de chômage, l'absence d'orientation et d'information. Ceci nécessite une stratégie conséquente capable de doter les jeunes des armes indispensables dans un monde impitoyable. La réforme de l'enseignement doit justement œuvrer dans ce sens pour apporter des réponses appropriées aux questions posées pour répondre adéquatement au marché de l'emploi.
La valorisation du capital humain représente le créneau où il faut cibler l'intervention et investir davantage. Car l'avenir c'est l'investissement en priorité dans le savoir-faire et la formation de qualité. Le monde actuel est marqué par des changements accélérés de tout bord, et tout se base désormais sur la matière grise, clef du succès. La réalisation et/ou le développement d'un partenariat Entreprise- Université sont vivement souhaitables pour rapprocher autant que possible la théorie de la pratique et faire du «sur-mesure». La revalorisation de l'enseignement technique et professionnel s'impose pour dispenser une formation efficace et opérationnelle adaptée à la nouvelle donne. Il n'est question de délivrer, dès lors, que des diplômes qui ont une valeur sûre permettant de surcroît à leurs détenteurs la protection contre le virus du chômage.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.