Nasser Bourita reçoit les envoyés de la Zambie, de la RDC et du Burundi    Sahara : Le soutien de l'Égypte à la souveraineté marocaine accentue l'isolement de l'Algérie dans le monde arabe    Le Polisario se plie à la pression et couvre d'éloges l'administration Trump    Discussions sur le Sahara : Le Polisario souffle le chaud et le froid    Coupe de la CAF : l'USM Alger et l'OC Safi se quittent dos à dos    L'Olympique de Safi impose le nul face à l'USM Alger en Algérie    Mohammed El Morabity leads Marathon des Sables as final stage approaches    Moroccan consulate launches mobile services in Cuenca to aid local community    Maroc : Averses orageuses, chutes de neige, rafales de vent avec chasse-poussières locales    Diaspo #436: Ouafaa Mhadi, un vínculo cultural y económico entre Marruecos y el Reino Unido    Tétouan, une médina séculaire porteuse de l'héritage d'Al-Andalus    Royal Air Maroc contrainte de réévaluer ses vols vers Doha et Dubaï    Coupe de la CAF : L'Olympique de Safi ramène un précieux nul d'Alger en demi-finale aller    Des navires de guerre américains traversent le détroit d'Ormuz pour la première fois depuis le début du conflit    Zagora : El Bouari préside l'ouverture du premier Forum national des oasis    Coopératives féminines : Une nouvelle dynamique d'export portée par le digital à GITEX Africa    Banques : Saham Bank généralise la gratuité des virements    Innovation financière : Al Barid Bank et Berexia s'allient (VIDEO)    Gitex Africa 2026 : les priorités numériques du continent au cœur des débats    Fès : des experts internationaux débattent des enjeux de l'arbitrage    Archives au Maroc : le temps d'un basculement stratégique    Sahara marocain: La République du Mali annonce le retrait de sa reconnaissance de la pseudo « rasd »    Ligue des Champions CAF: AS FAR/RSB, un plat footballistique marocain à la saveur africaine    Rugby féminin : le Maroc intensifie sa préparation avant sa première Coupe d'Afrique    Les médias iraniens annoncent que les négociations avec les Etats-Unis ont débuté au Pakistan    Guerre contre l'Iran : John Kerry regrette un conflit « qui n'aurait jamais dû avoir lieu »    Coupe du Monde 2030 : Le Maroc, l'Espagne et le Portugal scellent un accord historique de coopération judiciaire    ANEF-CESE : pour rendre effective la chaîne sanction-réparation    Moroccan Sahara: Republic of Mali Announces Withdrawal of Its Recognition of So-Called 'sadr'    De l'idéologie au pragmatisme : La politique étrangère marocaine ajuste ses positions africaines    Anfa Realties présente Les Villas d'Anfa Marrakech, premier projet du groupe dans la ville ocre    Pourquoi Issa Diop a choisi le Maroc : révélations de son entourage    Serie A en déclin : les Lions de l'Atlas s'y brûlent-ils la crinière ?    Sénégal : Les propos d'Ousmane Sonko sur les «55 Etats» africains interrogent    Cannes : «La Más Dulce» de Laïla Marrakchi retenu dans Un certain regard    Cinéma : Sami Fekkak, de la finance aux plateaux de tournage [Portrait]    Présidentielle. Les Djiboutiens aux urnes    Mariage: Les hommes marocains ont dit non ! (Enquête HCP)    FLAM 2026 à Marrakech : la littérature africaine convoque l'imaginaire pour penser les crises du monde    Kanvô : la noblesse textile béninoise au cœur de la création moderne    Emm'a, la chanteuse gabonaise, dans le jury de The Voice Afrique 2026    Averses orageuses, grêle et des chutes de neige, de vendredi à dimanche, dans plusieurs provinces    Revue de presse de ce vendredi 10 avril 2026    Conseil de gouvernement : Examen de projets de lois organiques et d'un décret militaire    Un étudiant marocain sauve une femme en Chine et salué comme un héros    La Mimouna... une mémoire vivante du vivre-ensemble marocain qui se renouvelle chaque année    «Terrorisme d'Etat» : La réaction discrète de l'Algérie aux accusations françaises    Liban. Le chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne.    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Meknès encore sous le choc
Publié dans Les ECO le 22 - 02 - 2010

L'effondrement du minaret de la mosquée Bab Berdieyinne provoque la colère de la population
Les détails du drame
Le minaret de la mosquée Bab Berdieyinne, -mot qui désigne les artisans spécialisés dans la confection des selles pour chevaux- située dans la médina de Meknès, s'est effondré vendredi pendant «salat al joumouâ» (la prière du vendredi). Une mosquée datant de 1709 et construite en briques de pisé à base de chaux et de terre. La capitale de Moulay Ismaïl est endeuillée, 41 personnes ayant trouvé la mort dans ce drame. Retour sur une catastrophe qui a traumatisé toute une ville et la scandalise encore. À 14h10, Place Bab Berdieyinne. Le lendemain du drame de l'effondrement du minaret de la mosquée du même nom, le Coran est diffusé à travers des haut-parleurs avoisinant un lieu de prière aménagé, au milieu de la place, pour se recueillir sur les dépouilles des victimes qui seront ensuite enterrées dans le cimetière situé à gauche de la Porte Berdieyinne. Notre source à la Préfecture de police de Meknès nous confirme le nombre de morts : 41. La personne au bout du fil essaie tant bien que mal de maîtriser ses émotions, elle-même ayant perdu un membre de sa famille dans le drame. Des dizaines de personnes, contenues par les forces de l'ordre, attendent encore les ambulances dont les sirènes ont envahi la ville depuis la veille. L'une des ambulances s'arrête, une dépouille en surgit pour être happée par les membres de sa famille qui l'emmènent, à la hâte, dans les dédales de la médina. Une autre ambulance rentre par la grande porte Bab Berdieyinne, des hommes la poursuivent en courant pour récupérer certainement un proche. Les dépouilles ressortent ensuite, par les ruelles de la médina, portées sur les épaules et déposées ensuite devant la mosquée improvisée pour la prière du mort. Des camionnettes transportant du ciment, dans le désordre total, des briques et des dalles, qui servent pour les tombes, font des allers-retours entre la place et le cimetière. Des jeunes du milieu associatif, un ruban rouge en guise de brassard, essaient d'organiser la foule et de donner un coup de main aux forces de l'ordre. Une dame surgit au milieu de la place, touchée elle aussi, en plein fouet par le drame. Elle se dirige vers des officiels en «costards» et talkie-walkie à la main, et crie : «Mangez le pain des orphelins. Sidna ne présente pas ses condoléances avec un paquet de thé. Sidna aime les pauvres. Honte sur vous...». Devant le drame et l'impuissance, le Roi, encore et toujours, est le seul recours de toute cette population. Tout au long de l'après-midi, les cortèges funéraires défilent... Dans les rues de la médina, vous vous retrouvez face à des «guenazas» (funérailles) un peu partout, dans pratiquement chaque rue du quartier Tizimi. Tout le monde présente ses condoléances à tout le monde. On n'ose plus poser la question à une connaissance croisée dans la médina de Meknès. Vous reviennent à l'oreille des histoires de toutes ces personnes décédées. Hamid, habitant de la médina, raconte celle du propriétaire d'un camion transportant du sel qui a garé sa camionnette sur la place avant d'aller à la mosquée et y laisser sa vie, ou encore l'histoire de personnes parties à la mosquée Bab Berdieyinne pour prier pour un père ou un ami mort.
L'effondrement était-il prévisible ?
La tristesse laisse place à la colère qui monte dans les rues de la médina. L'effondrement était-il prévisible ? La pluie est-elle la seule responsable de ce sinistre ? Peut-on-accuser la pluie de tout ? L'effondrement du minaret ne s'explique pas que par les intempéries qui ont sévi sur la ville de Meknès comme sur le reste du pays. Pendant le mois d'août dernier, un incendie a ravagé un atelier de menuiserie mitoyen de la mosquée. Cet incendie et surtout les grosses quantités d'eau déversées pour éteindre le feu ont affecté le minaret. La mosquée devait être restaurée. L'a-t-elle été vraiment ? En tout cas la direction régionale de la Culture à Meknès qui gère un patrimoine classé par l'Unesco n'y a été impliquée à aucun moment.
Les hôpitaux envahis
Les victimes ont été évacuées la veille à l'hôpital Mohammed V et à l'hôpital militaire Moulay Ismaïl. «J'étais dans le bloc sur une autre opération quand on nous a annoncé un afflux massif, terme qu'on utilise dans notre jargon pour désigner une telle catastrophe», témoigne Hassan Loukili, médecin chef réanimation anesthésie à l'hôpital Mohammed V. «Il fallait partager les rôles, changer le fonctionnement de l'hôpital, aménager les lits...», ajoute-t-il. Le CHU de Fès est également sollicité. Quatre réanimateurs et deux ambulances sont envoyés. Hassan Loukili raconte : «Nous étions submergés par les collègues qui voulaient donner un coup de main et surtout par les familles. L'hôtel n'a pas été sécurisé. L'accès n'a pas été maîtrisé. Nous avons créé une cellule de communication avec les familles, composée d'un psychiatre et d'un psychologue». Les blessés graves sont accueillis dans un nouveau service de réanimation prévu pour les éventuels cas de H1N1, et qui a été réinvesti pour les victimes du drame. Trois autres étages de l'hôpital sont également réaménagés pour les blessés légers. Hassan Loukili dément, en passant, que plusieurs victimes ont été envoyées à Fès, comme l'ont relayé certains médias : «Un seul malade a été envoyé à Fès car il avait un éclatement du genou. Nous n'avons pas de spécialiste de la chirurgie vasculaire à l'hôpital Mohammed V». Il reconnaît par ailleurs que la capacité de la morgue a été dépassée. Hassan Loukili revient ensuite sur les morts causés par l'effondrement du minaret : « Les personnes décédées ont été ensevelies par la terre qui avait servi à la construction de la mosquée. Il n'y avait pas de chambre aérée sous les décombres comme c'est le cas pour les tremblements de terre. Le béton armé, qui entraîne des écrasements des membres, aménage des espaces qui permettent aux victimes de survivre et de respirer... Dans le cas de la mosquée Berdieyinne, l'éboulement a provoqué étouffement et asphyxie sous les décombres ». Deux jours plus tard, la ville de Meknès est encore sous le choc.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.