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Croissance : Le gouvernement, pas assez ambitieux
Publié dans Les ECO le 23 - 01 - 2011

La concrétisation de tous les plans stratégiques nationaux aboutirait selon la CGEM à une croissance annuelle moyenne du PIB de 5%. Un taux de 6,5% au moins est nécessaire pour se sortir d'ici dix ans du club des pays les moins riches. 8% de croissance requise pour faire du Maroc un pays à revenu intermédiaire en l'espace d'une génération, selon la Fondation Bouabid
Que faut-il penser de la croissance du PIB au Maroc ? On le sait, la position du gouvernement en la matière est tranchée. Le discours officiel tend en effet invariablement à mettre en avant une progression soutenue de cet indicateur sur les dernières années. À ce titre, un récent rapport de la Direction des études financières et de la planification (DEPF), saluant «la décennie des réformes et du progrès» mentionnait «un nouveau palier de croissance», arguant du fait que la croissance moyenne entre 2003 et 2008 s'était établie à 4,8% contre 3,8% de 1999 à 2003. Mais les experts trouvent à y redire. La Fondation Abderrahim Bouabid, dans son rapport critique «Le Maroc a-t-il une stratégie de développement économique ?», se montre beaucoup moins optimiste. L'organisme estime que pour pouvoir réellement juger de la croissance du Maroc sur les dernières années, il faut tout simplement se comparer aux pays de la région, un exercice qui, il est vrai, n'accompagne pas systématiquement la publication des statistiques officielles.
À quoi aboutit-on en optant pour cette optique? À une situation qui n'a rien de bien réjouissant. «La performance de croissance du Maroc est moins bonne que celle des voisins immédiats ayant bénéficié des mêmes circonstances favorables», explicite le think-tank. Les exemples de l'Egypte, de la Jordanie ou de la Tunisie, dont les structures économiques sont similaires à celles du Maroc, sont les plus révélateurs (voir graphique). Quoique l'on trouverait à redire aujourd'hui sur l'exemple tunisien, il se trouve que ce pays a réussi une performance de croissance intéressante, notamment par sa stabilité. C'est à ce dernier niveau justement que le bât blesse au Maroc. «La volatilité de la croissance marocaine demeure sensiblement plus forte que celles de ses voisins, du fait de l'impact de la pluviométriesur la production agricole, même si elle semble s'atténuer quelque peu ces dernières années», rapporte la Fondation. En somme, la performance comparée en termes de croissance du Maroc sur la décennie passée est loin d'être exceptionnelle et il apparaît que tous les autres pays de la région ont réussi une performance moyenne supérieure à celle du Maroc.
Et pour le futur...
Admettons que le bon trend passé de la croissance marocaine, rapporté par les officiels, soit contestable. Qu'en est-il, et c'est là une question bien plus importante, de la tendance future ? Là encore, le discours officiel semble anticiper un rythme de croissance soutenu, à même de permettre au Maroc de négocier sereinement son virage économique sur les années à venir. L'idée est essentiellement confortée par les retombées escomptées des différentes stratégies sectorielles entretenues par le gouvernement (Plan Maroc Vert, Rawaj, Tourisme Vision 2020...). Mais déjà, vers quel seuil ces stratégies sont-elles supposées hisser la croissance ? Aucune donnée officielle agrégeant l'impact en termes de croissance de l'ensemble des plans lancés n'a pour l'heure été avancée par le gouvernement. Néanmoins, la confédération patronale, CGEM, a tenté un chiffrage dans ce sens dans le cadre de sa Vision 2020 fraîchement dévoilée, appuyée en cela par les cabinets Roland Berger et Capital Consulting. Pour ne retenir qu'un chiffre, il en ressort que la pleine réalisation des objectifs des stratégies nationales (considérant un maintien du rythme de croissance des secteurs ne disposant pas d'une stratégie nationale) pourrait permettre d'atteindre quelque 5 à 6% de croissance en moyenne annuelle d'ici 2020. Insuffisant, tranche la CGEM. En considérant ce niveau de croissance, le Maroc ne parviendrait qu'à un niveau de PIB par habitant de 4.295 dollars d'ici 2020. Ce faisant, sur les dix ans à venir, le royaume ne progresserait que de 3 places sur le classement mondial du FMI (de la 107e à la 104e place) et resterait toujours cantonné dans le groupe des pays ayant un PIB par habitant de moins de 5.000 dollars. Pour en sortir, c'est plutôt un taux de croissance de 6,5% qu'il faut afficher sur la prochaine décennie, selon la CGEM. La Fondation Abderrahim Bouabid n'est pas moins ambitieuse. Le think tank fixe au Maroc un objectif légitime de se hisser au stade de pays à revenu intermédiaire en l'espace d'une génération. Cela suppose concrètement, selon les modélisations de la Fondation, de s'engager sur un chemin permettant d'assurer une croissance annuelle moyenne de 7% environ du PIB par habitant sur les 25 prochaines années. En supposant une croissance de la population de 1%, c'est même un taux de croissance annuel de 8% par an qui doit être atteint. Avec son probable niveau de développement de 5%, le Maroc est loin du compte. Comment dès lors donner un coup de pouce à la croissance, afin qu'elle puisse atteindre les seuils critiques évoqués ?
Le salut par la gouvernance, mais pas seulement
Pour la CGEM comme pour la Fondation Bouabid, on propose de s'attaquer au chantier de la gouvernance. Pour cette dernière, une condition sine qua non de doper la croissance marocaine serait de mettre en place un système de gouvernance économique qui permette l'agrégation des préférences, l'arbitrage entre des intérêts économiques parfois divergents (subventionner un producteur agricole ou un consommateur)... En somme, la Fondation insiste sur trois points. Pour elle, le progrès économique nécessite inexorablement le débat, la transparence sur les motifs de prise de décision et une liberté d'accès à l'information, et force est de constater que sur tous ces points, le Maroc accuse encore un retard considérable.
Côté CGEM, on propose d'installer une nouvelle gouvernance, qui viendrait pallier les difficultés de coordination entre les plans nationaux et les risques d'incohérence au niveau de leur mise en œuvre, deux facteurs susceptibles de priver le Maroc d'opportunités économiques importantes. Cette gouvernance new look devrait également permettre une meilleure implication du secteur privé. Celui-ci reste encore trop peu impliqué dans l'élaboration, le pilotage et la mise en œuvre de certaines démarches nationales, de l'avis de la CGEM. Plus en détail, il est rapporté que l'entreprise marocaine n'est pas toujours suffisamment impliquée en amont dans l'élaboration des stratégies et des accords de libre-échange ou encore dans les arbitrages économiques clés. Enfin, le nouveau modèle de gouvernance proposé aurait pour objectif que les principaux plans nationaux soient déclinés en contrats d'application régionaux, ce qui suppose de remédier d'abord à l'absence de vision intégrée pour le développement des régions à l'heure actuelle. Mais il n'y a pas que la gouvernance et un autre catalyseur pour la progression du PIB, selon la CGEM, consiste en la diversification des composantes sectorielles de la croissance. En effet, au cours de la dernière décennie, outre le secteur primaire et l'administration, seuls trois secteurs ont particulièrement été dynamiques : les services financiers, les télécoms et le BTP. En lien, d'autres démarches sectorielles devraient être lancées, afin d'accélérer la croissance, suggère la CGEM : la santé, les services aux entreprises et l'éducation.... Poussant l'anticipation, l'organisme patronal soutient que l'effort de diversification des sources de croissance permettra l'émergence de nouveaux secteurs (biotechnologie, microélectronique, nanotechnologie, loisirs...) afin de préparer des relais de croissance pour la décennie 2021 à 2030, à charge pour le gouvernement à présent de se décider à faire le nécessaire.
À saisir
Une croissance molle dans le temps
Le discours officiel rapportant une croissance soutenue du PIB sur les dernières années s'effiloche quand on le compare aux réalisations d'autres pays mais aussi quand on considère un horizon de temps large, ce qui au final apparaît être la seule démarche à même de permettre de déceler des améliorations structurelles réelles. Il en ressort que la tendance linéaire est plutôt à la baisse, sur les 60 dernières années. Paradoxalement, le Maroc a connu d'autres épisodes de croissance nettement plus importants, en particulier à la fin des années 50 jusqu'au milieu des années 60, et ensuite un épisode moins important mais significatif, celui du début des années 70 qui a duré environ toute la décennie. Pour ce qui est de la décennie écoulée (1999 à 2009), elle est remarquable en soi par une atténuation de la volatilité de la croissance marocaine à savoir que les creux et les pics de croissance sont moins marqués sur la période mais le taux de croissance moyen sur cet intervalle n'a rien d'exceptionnel à savoir qu'on en était à des niveaux supérieurs avant le début des années 90 (période qui pour rappel concorde avec l'épisode d'ajustement structurel). Certes, il est possible de détecter un léger envol de la croissance à partir de 1999 où la moyenne, à la baisse sur huit ans. Mais cela reste insuffisant, comme en atteste l'avis unanime des économistes, qu'il n'y a pas lieu de parler d'accélération de la croissance au vrai sens économique du terme sur le long terme.


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