Pluies torrentielles et crues dans le sud de la France    CAN 2025 : La CAF condamne le comportement inacceptable lors de la finale    Voici les hauteurs de neige enregistrées ces dernières 24H    Agadir : Le CHU Mohammed VI réalise avec succès sa première angioplastie coronaire    Philippines: Découverte d'un gisement de gaz naturel de 2,8 milliards de m3 au large de Palawan    Les barrages du bassin de Sebou affichent un taux de remplissage de plus de 55% (ministère)    Transport via applications : : Un millier de demandes d'autorisation déposées auprès de l'Intérieur    La Bourse de Casablanca ouvre dans le vert    CAN 2025 : le Roi félicite l'équipe nationale et salue le public marocain passionné    Déraillement de deux trains en Espagne : Le bilan s'alourdit à 39 morts    Accident ferroviaire en Espagne : le bilan monte à 21 morts, la famille royale dit sa "grande inquiétude"    Espagne. Une collision de trains a fait 39 morts    Espagne : 939 Marocaines sélectionnées pour la récolte des fraises    CAN Maroc-2025 : Diaz sacré meilleur buteur, Bounou meilleur gardien    Botola Pro : le MAS de Fès devient le premier club marocain habillé par Nike    Revenus exceptionnels : la CAF réussit son pari économique    Revue de presse de ce lundi 19 janvier 2026    Exportations : les oranges repartent en force    Dispositifs médicaux : IM Medicare met en service une nouvelle unité de production de seringues    Aides sociales directes : 3,9 millions de familles ont bénéficié du dispositif    Températures prévues pour mardi 20 janvier 2026    CAN 2025 : «Le football est parfois cruel» (Walid Regragui)    CAN Maroc 2025. SM le Roi adresse un message de félicitations aux membres de l'équipe nationale de football    Le Maroc s'intéresse à Andrés Iniesta pour renforcer son projet footballistique    Three people missing after an avalanche on Mount Toubkal    Morocco denies claims of rights violations against Algerian fan in prison    Morocco falls to Senegal as they clinch the AFCON 2025 title    Semaine Eco-Ep82 : Nouvel an amazighe, IA made in Morocco, inauguration de JTI à Tétouan Park    Dakhla: Une délégation surinamaise explore les opportunités de coopération et d'investissement    CAN 2025. Hammouchi inspecte les protocoles de sécurité    Espagne : les initiatives de Trump au Groenland ravivent les inquiétudes sur Sebta et Melilla    Le Maroc pourrait acquérir des chars et un système de défense aérienne sud-coréens    CAN 2025. Dakar appelle à une finale Sénégal–Maroc fraternelle    Les forces kurdes se retirent du plus grand champ pétrolifère de Syrie    Chutes de neige, vague de froid et fortes pluies et rafales de vent, de dimanche à mardi, dans plusieurs provinces du Royaume    La France déploie un contingent militaire au Groenland dans le cadre d'une mission européenne    USA: Vers une prolongation jusqu'à fin 2026 du déploiement de la Garde nationale à Washington    CAN 2025 : l'Ambassade du Maroc au Sénégal appelle à la fraternité à l'occasion de la finale    Avec des bijoux à lèvre, Rim Amhaj déstigmatise le tatouage traditionnel    Maroc : Le 31 octobre officiellement décrété Fête de l'unité    M. Talbi El Alami représente Sa Majesté le Roi à la cérémonie d'investiture du Président élu de la République de Guinée    CAN 2025 : l'IMA diffuse la finale Sénégal-Maroc à Paris    Musique : quand la passion du football donne le tempo    Paris accueille l'Oriental Fashion Show 2026    Gel des visas d'immigration aux USA : le Maroc visé    La FNM et la Fondation du Patrimoine Culturel Prussien scellent un accord stratégique à Rabat    Les femmes au cœur du récit africain : « Lignes Blanches, Sang Commun »    Rabat : La FNM et la Fondation du patrimoine culturel prussien signent une convention de coopération    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Crèches, le grand «bazar»
Publié dans Les ECO le 11 - 11 - 2011

La pagaille des crèches continue de faire office de régulation. Seules neuf crèches ont été créées sur tout le territoire marocain depuis 2009. C'est le côté terne et obscur du bilan de fin d'étape de Moncef Belkhayat au ministère de la Jeunesse et des sports. Ce bilan, somme toute, semble plus avoir été axé sur les prouesses sportives des équipes de football nationales, en passant sous silence des sujets aussi essentiels que l'avenir et l'épanouissement de la jeunesse. Au moment où le nombre de bénéficiaires de ces établissements s'élève à 43.435 enfants et où la demande ne cesse de croître, l'offre des crèches ne répond pas. S'il paraît parfois y avoir un semblant de répondant, les établissements qui la proposent ne sont pas conformes à la réglementation en vigueur. Alors, où laisser son enfant pour pouvoir aller travailler ? Et surtout à qui le confier, tout en étant rassuré de la qualité de l'encadrement qu'on lui prodiguera ? Ce sont autant de questions qui taraudent aujourd'hui les parents... En 2008, une nouvelle législation avait fait miroiter la fin de l'anarchie totale dans laquelle les crèches privées étaient plongées depuis des décennies. Cette loi, qui régit les modalités d'ouverture et de fonctionnement des établissements de la petite enfance, avait été adoptée le 28 mai de la même année. Aujourd'hui, elle est remise en cause par le ministère de la Jeunesse et des sports, qui la qualifie de «trop restrictive», selon Younès El Jaouhari, directeur de la Jeunesse. Le dossier des crèches replonge donc une nouvelle fois dans la pagaille la plus totale.
À l'heure actuelle, l'exploitation d'une crèche est assortie du respect des normes techniques et sanitaires, et d'obligations pédagogiques. Interrogés, les principaux concernés, à savoir les exploitants de crèches sont clairs : «Concernant les normes, je les respectais déjà avant l'entrée en vigueur de la loi.Cependant, pour ce qui est de l'espace, il en faut effectivement beaucoup pour les enfants en bas âge. Toutefois, il est également très difficile de trouver un local exactement conforme à ces critères», explique la propriétaire d'une crèche à Casablanca. Le blocage ne s'arrête pas là. Le recrutement d'un personnel qualifié s'avère également très laborieux. Là encore, le bât blesse : «Je fais des annonces et j'appelle les centres de formation des éducateurs. Il est difficile de trouver des personnes qualifiées et compétentes. La formation dans les centres étatiques n'est souvent pas suffisante et surtout le niveau des éducatrices au départ est vraiment très faible».
Des formations «au rabais»
Des éducateurs peu ou mal formés, voilà ce à quoi les professionnels du secteur sont confrontés et dans un même temps ce que les parents ne sont bien évidemment pas prêts à accepter. Certains exploitants comme ce propriétaire d'une crèche dans le quartier huppé de l'Oasis à Casablanca dit «avoir les moyens d'envoyer les puéricultrices en France pour des stages de formation assez régulièrement», ce qui engendre bien évidemment un coût reporté sur les frais de scolarité. Cette offre devient par conséquent, presque exclusivement réservée à une catégorie privilégiée.Cependant, la demande en matière de crèches provient également de toutes les autres classes sociales, qui peinent à trouver des établissements en adéquation avec leur portefeuille et surtout avec la qualité de l'enseignement qu'ils espèrent pour leur progéniture. À cela le ministère de tutelle répond : «Concernant les puéricultrices, nous en avons formé au sein des centres de formation professionnels du ministère plus de 600 depuis 2009».
Une formation donc en masse, mais sans réels résultats, puisque cela reste en deçà des attentes des professionnels et des ménages. Pour couronner le tout, la charge salariale décourage amplement la création de crèches privées : «C'est le plus gros poste de dépenses dans le fonctionnement d'une crèche» explique la propriétaire d'une crèche avant d'ajouter : «Une aide peut en effet commencer au SMIG, mais une bonne éducatrice a un salaire moyen net plus élevé, sans compter le personnel annexe, la responsable pédagogique, la psychologue et le médecin». Moralité: actuellement une petite minorité de bons établissements cohabite avec des centaines d'autres aux pratiques plus que douteuses «des puéricultrices mal ou peu formées et travaillant au noir, des promoteurs aux connaissances pédagogiques limitées...» Dans l'esprit du promoteur du projet de texte, l'objectif était d'assainir ce secteur boiteux. L'autorisation d'exploitation devait être limitée dans le temps, au maximum dix ans. Ce plafonnement témoignait de la méfiance du législateur, mais il laisse de nombreuses zones grises, lorsqu'on sait dans quelles conditions les autorisations administratives sont délivrées, dans un manque total de communication. «J'avais l'impression d'être une balle de ping-pong que se renvoyaient les différents interlocuteurs, sans compter les informations souvent contradictoires données par les uns et les autres», déplore la porteuse d'un projet. À tous ces
dysfonctionnements, personne ne trouve de réponse, mis à part Moncef Belkhayat, qui estime que la solution est de «transférer cette compétences au ministère de l'Education nationale, pour en décharger le ministère de la Jeunesse et des sports».Entre temps, se rejeter la compétence, pour au final manquer totalement de compétence ne guérit pas la plaie béante que constitue le problème de la petite enfance au Maroc.
Ce que dit la loi
La règlementation aujourd'hui en vigueur fixera le nombre d'enfants admis dans les établissements en fonction de la capacité d'accueil et du nombre d'encadrants.
Le texte adopté en 2008, évoque également l'espace minimum nécessaire à l'évolution des chérubins, mais ne le précise pas. De son côté, le ministère de l'Education nationale exige un minimum de 1,5 mètre carré par enfant dans une classe d'école. Dans une crèche, il en faut beaucoup plus. Pour les encadrants, le texte reste aussi muet. Le ratio minimum pour une pédagogie crédible est d'un adulte pour 5 bébés de moins de 18 mois. Entre 2 et 3 ans, il est d'un adulte pour 8 enfants, et d'un pour 15 enfants âgés entre 3 et 4 ans. Pour ce qui est de la formation des éducateurs, la loi renvoie la question de critères de qualification pédagogique à un texte réglementaire (articles 18 et 20). Actuellement, l'OFPTT assure des formations de puéricultrices décriées par les professionnels,
qui les qualifient de «formations
au rabais».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.