Affaire Lamjarred : la plaignante poursuivie pour extorsion    Institutions : la Cour constitutionnelle valide sa propre réforme    Cash Plus : hausse du RNPG de 23% en 2025    Energie : Trump évoque un « cadeau inestimable » de l'Iran    Anti-terrorisme : La police espagnole se félicite de l'excellence de sa coopération avec la DGST    Dacia Maroc renforce son engagement au Rallye Aïcha des Gazelles et devient sponsor de la catégorie Crossover    Football. Les joueurs africains les plus chères du moment    Mondial 2026 : le Maroc dévoile un maillot inspiré de son héritage    U17 : Maroc–Algérie vendredi au tournoi d'Afrique du Nord    Mozambique : 267.000 hectares de forêts partis en fumée    Tanger : 230 MDH pour la construction d'un hôpital universitaire de psychiatrie    L'enseignant, acteur central du système éducatif    La belgo-algérienne Nawell Madani rattrapée par la polémique    Design africain : les événements qui vont marquer 2026    Aziz Akhannouch : La dignité du corps enseignant, pilier de la réforme du système éducatif    HCP : Benmoussa présente les principales mutations démographiques du Royaume    FMI : L'économie du Maroc maintient son élan avec une croissance prévue de 4,4 % en 2026    Météo : Averses orageuses mercredi et jeudi dans plusieurs provinces du Royaume    Morocco's population shifts toward cities and aging, says HCP chief    Halhal et Zabiri savourent leurs premiers pas chez les Lions de l'Atlas    Le pétrole chute fortement sur fond d'espoirs d'apaisement au Moyen-Orient    PSG : Hakimi ne bougera pas, son agent met fin aux rumeurs madrilènes    CAN 2025 : le TAS dément toute saisine du Sénégal    Maroc – Équateur : horaire, stade et enjeux du premier match de Ouahbi    Revue de presse ce mercredi 25 mars 2026    Washington fait passer un plan en 15 points à Téhéran pour mettre fin à la guerre    Coup de filet anti-terroriste : Démantèlement d'une cellule de Daech opérant entre le Maroc et l'Espagne    Essaouira police thwart international drug trafficking seizing over 11 tons of cannabis resin    Etats-Unis : Les agriculteurs ne veulent plus des droits de douane sur les engrais phosphatés du Maroc    Estados Unidos: un nuevo senador se une a la iniciativa de Ted Cruz contra el Polisario    Détroit d'Ormuz : plus de 80 pétroliers bloqués, selon Greenpeace    Menaces terroristes : le Maroc, parmi les pays les plus sûrs au monde    DarkSword: la fuite d'un outil de piratage d'iPhone expose des millions d'appareils dans le monde    Cybersécurité: la Défense nationale ouvre un concours pour recruter 10 ingénieurs au Maroc    Anthropic propulse Claude vers une IA autonome capable de piloter votre ordinateur    Lobbying à Washington : le Maroc creuse l'écart avec l'Algérie    Etats-Unis : un nouveau sénateur rallie l'initiative de Ted Cruz contre le Polisario    « La Dolce Vita à Mogador » : L'excellence du cinéma transalpin rayonne à Essaouira    France : Nawal Rezagui, cheffe franco-marocaine étoilée au guide Michelin    Assemblée nationale : le Togo accélère ses réformes économiques et sociales    Droits de l'Homme: ONU : le Maroc exprime sa préoccupation face à la situation en Palestine    RDC. Le recensement au cœur des priorités nationales    Subvention de la musique et des arts chorégraphiques: Ouverture des candidatures pour la 1ère session de 2026    CV, c'est vous ! Ep-90. Fadoua Jemoumkh, la social media manager qui rêve grand    Maroc : Chanaz Essakli prend la tête de l'Imprimerie officielle    Espagne : près des deux tiers des musulmans sont d'origine marocaine    «Les Marocains de Norvège», un livre de Jamal Eddine Belarbi sur les récits migratoires    Festival Jidar : Première édition d'un grand prix qui met les fresques à l'honneur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Investissements : Pourquoi l'Afrique anglophone a-t-elle la cote ?
Publié dans Les ECO le 23 - 09 - 2014

La croissance africaine est tirée essentiellement par les économies des Etats anglophones, notamment le Nigeria et l'Afrique du Sud. Zoom sur les raisons du dynamisme de ces économies que les investisseurs marocains tardent encore à percer.
Le royaume commerce assez intensément avec les pays d'Afrique anglophone, mais peine encore à y imposer le label «Maroc S.A.», contrairement à la percée en cours dans les Etats francophones. Pourtant, la vingtaine de pays du continent, ayant adopté l'anglais comme langue officielle, constitue le moteur de l'économie africaine au Sud du Sahara. Hormis la Côte d'Ivoire et les riches Etats francophones de l'Afrique Centrale (Gabon, RD Congo), tous les autres pays, anciennement colonisés par la France, apparaissent comme des «nains» face aux Etats anglophones, beaucoup plus dynamiques économiquement. Les derniers indices de compétitivité économique publiés annuellement par le World Economic Forum (WEF) sont là pour le confirmer. Dans le top 5 africain, tous sont anglophones, à l'exception du Maroc (4e), qui talonne l'Île Maurice, l'Afrique du Sud, le Rwanda et se place devant le Botswana. Côté échanges commerciaux également, la part des pays anglophones dépassent de très loin celle des économies francophones. À eux seuls, les géants sud-africains et nigérians en représentent plus du quart.
Ces dernières années, un autre Etat anglophone de la région ouest-africaine fait également parler de lui. Le Ghana, puisque c'est de lui qu'il s'agit, affiche des indicateurs économiques très encourageants et est en phase de damer le pion à ses voisins francophones régionaux, comme la Côte d'Ivoire et le Sénégal. Chez les analystes et autres spécialistes des questions africaines, on explique ce dynamisme des Etats anglophones par plusieurs facteurs. L'héritage colonial continue encore de déterminer les destinées des Etats africains. «Les pays anglophones ont hérité le pragmatisme du système anglo-saxons», rappelle Alioune Gueye, P-DG d'Afrique Challenge, basé à Casablanca. «Dans les pays francophones, une bonne partie de la formation a été orientée pour avoir des juristes et autres littéraires alors que chez les voisins de culture anglo-saxons, on retrouve plus une formation plus concrète : scientifiques, ingénieurs, etc», ajoute Alioune Gueye. Un autre facteur est également évoqué, et qui a trait au processus de peuplement de certains pays majoritairement anglophones en Afrique de l'Est notamment. «Il s'agit le plus souvent de populations ayant des origines indiennes, donc de la même famille que certaines populations asiatiques. Cette proximité culturelle a favorisé les échanges entre ces deux zones géographiques», ajoute notre expert. À cela, s'ajoute l'avantage de communiquer avec la langue internationale la plus parlée au monde : l'anglais.
Pr. Mustapha Machrafi
Université Mohammed V-Rabat
«Il faut s'adapter à la culture des affaires de ces pays»
Pour le professeur Mustapha Machrafi, spécialiste des questions africaines, faire des affaires en Afrique et particulièrement en Afrique anglophone nécessite une adaptation à la culture des affaires dans ces pays, mais aussi aux institutions, et contraintes propres à chaque secteur et à chaque pays.
Les ECO : Qu'est-ce qui différencie l'Afrique anglophone de l'Afrique francophone ?
Mustapha Machrafi : D'un point de vue de la culture des affaires dans ces deux groupes de pays il y a des différences clairement identifiables. Les différences de cultures des affaires peuvent aussi varier d'un pays à un autre au sein du même groupe que l'on se situe en Afrique Australe, Centrale ou de l'Ouest. Les différences peuvent exister aussi dans le degré de l'intégration régionale et des communautés économiques régionales. En effet, un certain nombre de pays d'Afrique ont ce qu'on appelle une monnaie commune le Franc CFA. Le fait d'avoir une même monnaie facilite la régulation institutionnelle. Les structures économiques et les institutions diffèrent également entre Afrique anglophone et Afrique francophone. Par conséquent, cela détermine le degré de compétitivité des économies.
Quelles est la principale force de l'Afrique anglophone ?
Il ne faut pas considérer l'Afrique anglophone comme un tout homogène. Certains pays anglophones connaissent des défaillances institutionnelles énormes et des problèmes socio-économiques insurmontables, comme la pauvreté, le chômage, l'absence de la démocratie, un niveau de développement humain très faible, des problèmes d'urbanisation, des infrastructures faibles, etc. Nous pouvons donner l'exemple du Libéria ou de la Sierra Leone. Ce dernier est l'un des pays les plus pauvres de la planète. Si nous prenons des pays comme le Malawi ou le Zimbabwe nous pouvons trouver les mêmes problèmes d'enclavement dont souffrent certaines économies africaines. Cependant, il faut noter que certaines économies, comme celle de l'Afrique du Sud, du Ghana, du Nigeria, du Kenya ou du Botswana sont des économies fortes soit à cause du développement d'un tissu industriel fort, ou la possession de ressources énergétiques et des ressources naturelles, ou l'inscription dans un processus de gouvernance avec des institutions relativement efficace. De toute façon, les forces des économies de l'Afrique anglophone nous pouvons les trouver chez les pays de l'Afrique francophone. Toutefois, la langue peut faciliter l'intégration des économies dans d'autres groupements politiques et économiques au niveau mondial qui peuvent avoir un impact sur la compétitivité.
Sur le plan politique, est-ce que le système hérité de la colonisation a toujours un impact sur le système des institutions ?
Il est vrai que la colonisation a eu une influence sur les structures politiques des Etats africains. Après les indépendances, les Etats africains ont hérité d'institutions politiques et institutionnelles qui ont essayé de changer, de modifier ou supprimer... etc. La construction des systèmes politiques a une influence sur la consolidation de l'Etat comme institution en Afrique. Certains pays ont essayé de construire un système politique opposé à celui hérité de la colonisation, d'autres ont essayé de garder des instituions et de les transformer, alors que d'autres Etats sont toujours en quête d'institutions politiques et de la construction d'un système des institutions. Il ne faut pas non plus croire que le système des institutions est uniquement déterminé par «les institutions de la colonisation». Des civilisations africaines ont bien existé avant la colonisation et ont su développer des formes institutionnelles vernaculaires adaptées à leur contexte. Il faut aussi être prudent au niveau de tout déterminisme de la colonisation que ça soit au niveau économique, politique ou culturelle.
Economiquement parlant, comment jugez-vous l'évolution de ces pays ?
Sur le plan économique il y a des pays comme l'Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya, le Ghana ou le Botswana qui ont su s'inscrire sur des sentiers de croissance et développer des institutions relativement efficaces malgré les accidents de parcours que peuvent présenter, dans certains cas, l'alternance au niveau du pouvoir. Ce groupe de pays a réussi par exemple à assainir leur situation macroéconomique et leurs entreprises sont présentes dans les autres pays de la région. Néanmoins, des problèmes d'exclusion, de pauvreté de chômage, de création d'emploi, d'inégalités sont aussi flagrants. Le contraste est clairement observable comme dans les autres parties du continent.
Comment le Maroc peut-il réussir à percer ces marchés ?
Il faut noter que certains pays africains expriment une réelle attente par rapport aux investissements marocains. Le Maroc peut percer s'il arrive à déceler les opportunités (qui sont multiples) dans chaque marché et au niveau de chaque niche. Bien sûr faire des affaires en Afrique et particulièrement en Afrique anglophone nécessite une adaptation au niveau de la culture des affaires dans ces pays, des institutions, des contraintes propres à chaque secteur et à chaque pays. Certains pays africains sont déjà implantés sur ces marchés et par conséquent des barrières peuvent exister pour les nouveaux entrants marocains. Une stratégie prudente, active et efficace est nécessaire. Pour cela, il faut conjuguer les efforts de tous les acteurs marocains qui ont des intérêts dans ces marchés.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.