Hilton Tangier Al Houara Resort & Spa et Al Houara Golf Club lancent la première édition de la Hilton Al Houara Golf Cup    Financement des TPE : Tamwilcom et Ardi Microfinance scellent un nouveau partenariat    Arnaque : La Narsa alerte contre un faux site électronique usurpant son identité    Le Maroc condamne l'attaque armée ayant visé une réception, en présence de Donald Trump    Tournoi U19 : l'AMF impressionne et s'impose face à l'élite européenne    Format inédit : la CAN U17 au Maroc devient un "festival" du football africain    Akhomach décisif : le Rayo arrache un nul héroïque face à Sociedad    Alerte météo : Averses orageuses lundi et mardi dans certaines provinces    Almería : un dispositif exceptionnel pour faciliter l'accès aux services consulaires    Tomates : Hausse des prix en Europe après les restrictions d'exportation du Maroc    Le Maroc condamne l'attaque armée contre Trump    UFC: Après 8 victoires consécutives, le Marocain Youssef Zalal s'incline par décision    Après Manchester City, l'Atlético de Madrid lorgne Azzedine Ounahi    Botola: Le Raja écrase le FUS de Rabat (4-1)    Botola: l'Union Yaacoub El Mansour et l'AS FAR font match nul(2-2)    Plainte d'un avocat de Rabat contre des militants anti-normalisation avec Israël    El patrullero marroquí Avante 1800 alcanza una etapa clave antes de su entrega    UFC: Después de 8 victorias consecutivas, Youssef Zalal cae por decisión    Le Roi félicite la présidente tanzanienne à l'occasion de la fête nationale de son pays    SM le Roi félicite la présidente tanzanienne à l'occasion de la fête nationale de son pays    UGTM : Youssef Allakouch succède à Naam Miyara    Ecoles pionnières : Akhannouch à Meknès pour un point d'étape sur la réforme éducative    CAN U17 au Maroc : La CAF introduit un format festival pour les compétitions de jeunes    Le patrouilleur marocain Avante 1800 franchit une étape clé avant sa livraison    Une double distinction internationale pour Attijariwafa bank    Solidarité. Le Maroc condamne l'attaque armée ayant visé une réception à Washington en présence du Président Trump    La Razón : le Maroc modernise une base aérienne près de Dakhla dans le cadre d'un partenariat stratégique avec Washington    Base aérea de Bir Anzarane: Un pilar estratégico de las FAR fortalecido en el corazón del Sahara    Mali: Guterres condamne les attaques et appelle à un soutien international    Belgique: les citoyens refusent de ralentir la transition climatique    Le Maroc, un modèle de transformation des systèmes agroalimentaires selon la FAO    LGV Kenitra-Marrakech. Le chantier avance à grande vitesse    SIAM 2026. Alliances stratégiques pour une agriculture plus durable    FLAM 2026 : Marc Alexandre OHO BAMBE ou le pouvoir de résister avec les mots    L'armée algérienne tue trois Sahraouis des camps de Tindouf    ONU : Staffan de Mistura voit une chance historique pour résoudre le conflit du Sahara    Pour contrer la révision du mandat de la MINURSO, l'Algérie sollicite l'appui de la Russie    Lancement de l'événement Rabat, capitale mondiale du livre 2026    Maroc : Un partenariat renforcé avec l'Autorité du livre de Sharjah    Diaspo #438 : Mériame Mezgueldi célèbre les chibanis par l'art figuratif    L'ambassadrice de Chine depuis Meknès : le Salon international de l'agriculture..une plateforme pour le développement durable et une coopération continue avec le Maroc dans ce domaine    China's Ambassador from Meknes: The International Agriculture Fair... a platform for sustainable development and continued cooperation with Morocco in this field    Morocco and Switzerland expressed their determination on Friday in Bern to further strengthen their political dialogue and bilateral partnership.    Orientation post-bac : le grand déséquilibre du système universitaire    COMEDIABLANCA revient pour une 3e édition    « She Did It Again » : Tyla revisite la pop des années 2000    Le Festival Printemps Musical des Alizés revient pour une nouvelle édition à Essaouira    Festival Mawazine : La 21ème édition du 19 au 27 juin 2026    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les déchets de construction, un filon non-exploité
Publié dans Les ECO le 23 - 06 - 2011

Le traitement des déchets, il est évident, constitue un réel problème. Cela d'autant que le pays est inscrit dans une dynamique de sensibilisation et d'ancrage d'une stratégie nationale de protection de l'environnement. Devant cela, un arsenal juridique est certes en construction, mais force est de noter que ni les usages ni la prise de conscience ne suivent forcémement.
Une option pour le recyclage
La loi relative à la gestion des déchets est entrée en vigueur depuis décembre 2006, dans le but de couvrir tous les aspects liés au volet environnemental de traitement des déchets. Pour autant, aujourd'hui, l'intérêt est davantage focalisé sur les déchets ménagers et, depuis quelques temps, les déchets industriels. Dans cet état de fait, les déchets résultant des chantiers de construction et de démolition semblent totalement échapper à cette loi. Même les statistiques disponibles ne traitent ce volet à aucun moment. L'on sait que les déchets ménagers s'élèvent annuellement à 6,5 million de tonnes et se situent à 1,5 million de tonnes pour le secteur industriel. Les secteurs de construction et de démolition n'entrant pas dans le champ de ces évaluations, «le tonnage des déchets qu'ils dégagent est estimé à quelque 4 à 5 millions de tonnes par an si l'on ne prend en considération que les constructions autorisées», souligne Hassan Chouaouta, président de l'Association marocaine des experts en gestion des déchets environnement (AMEDE).
Selon la définition de la loi 28-00 régissant la gestion des déchets et leur élimination, les déchets de construction peuvent être composés de briques, de béton, de bois, de matériaux de revêtement, de plastique, d'aluminium, d'acier, de matériel électrique, de matériaux d'isolation et de plomberie, d'emballages ou autres matériaux qui peuvent être récupérés, recyclés ou réutilisés. Ce processus permet ainsi de produire des matières premières ou des produits réutilisables contribuant de la sorte à réduire ou à éliminer l'impact négatif de ces déchets sur l'environnement. La définition est là, mais la réalité est tout autre. En effet, «les autorités ont mis l'accent sur les déchets ménagers et les déchets dangereux pour lesquels plusieurs projets ont été lancés», souligne Chouaouta. Or, les déchets de construction ou de démolition constituent un enjeu majeur. D'abord, parce qu'ils sont importants en termes de quantité et, en second lieu, car les matériaux qu'ils contiennent peuvent facilement être recyclés et réutilisés. Cependant, l'absence d'obligation légale à l'égard des promoteurs immobiliers ou des constructeurs pour gérer à bon escient ce type de déchets, ainsi que l'absence de dispositif pour la mise en place de décharges dédiées entrave la bonne marche de ce chantier. Les professionnels et les autorités sont certes conscients de cette problématique, mais aucune action réelle n'est encore entamée. Même l'initiative de la mise en place d'opérateurs spécialisés dans la revalorisation de ces déchets est tributaire d'une aide financière, vu le coût exorbitant en l'absence d'infrastructure nécessaire pour leur implantation. En attendant, les promoteurs immobiliers pourront jouer la carte de la prévention.
Plusieurs pistes
En fait, le meilleur traitement des déchets est celui qui consiste à ne pas en produire. Pour ce faire, il faut agir en amont, au niveau de l'architecture. «Il faut par exemple éviter le surdimensionnement, offrir une flexibilité des espaces pour s'adapter aux usages futurs, prévoir le démantèlement lors de la conception et la mise en œuvre, ce qui permettrait au moins de réduire les déchets», précise un architecte. Dans un second registre, les promoteurs pourront opter pour leur réemploi. Il s'agit d'un procédé de traitement des déchets qui propose de réutiliser tels quels des éléments de construction, sans passer par le broyage et la manufacture de ceux-ci. Les choix écologiques sont importants, mais il existe un certain nombre de limites. Entre autres, il y a lieu de souligner, la peur du secteur de la construction pour qui le réemploi est associé à une économie sans croissance, en plus de la perception des emplois, qui, trop souvent, sont considérés comme réservés à une main-d'œuvre sous qualifiée. Cependant les solutions pour construire selon des normes durables tout en préservant la nature, existent déjà. Seule la volonté de concrétiser les choses manque pour asseoir un nouveau secteur, très porteur sous d'autre cieux.
Les régions sont aussi responsables
La loi 28-00 réglementant la gestion des déchets précise que le territoire de chaque région doit être couvert par un plan directeur régional de gestion des déchets industriels, médicaux et pharmaceutiques non dangereux et des déchets ultimes, agricoles et inertes. Il détermine les objectifs à atteindre en matière de taux de collecte et d'élimination de ces déchets. Il désigne également les sites appropriés pour l'implantation des installations d'élimination et de stockage en tenant compte des orientations des documents d'urbanisme. Il doit par ailleurs prévoir un inventaire prévisionnel de cinq et dix ans, des quantités à collecter et à éliminer selon leur origine, leur nature et leur type et un programme d'investissement de même durée comprenant l'évaluation des coûts de réalisation des décharges contrôlées et des installations de traitement, de stockage, de recyclage ou de valorisation de ces déchets ainsi que la réhabilitation des décharges non contrôlées. Et il doit aussi préciser les moyens financiers et humains nécessaires et les mesures à prendre en matière d'information, de sensibilisation et de conseil. Ce texte entré en vigueur fin 2006 précise que le délai de rigueur pour disposer de ces plans est de cinq années à compter de la publication, autrement dit à fin décembre de l'année en cours, une date qui correspond à une nouvelle configuration de nos régions et probablement à une accélération de ce chantier si les élus y sont sensibilisés.
Sous d'autres cieux
En Belgique par exemple, les déchets ménagers représentent la dernière classe «après les déchets industriels, les déchets du secteur tertiaire, ainsi que les déchets de construction et terres de déblai», souligne Mireille Verboren, conseillère à la Fédération des entreprises de gestion de l'environnement en Belgique (FEGE). Ainsi, au moment où les déchets ménagers s'y élèvent à 5 millions de tonnes, les déchets du secteur tertiaire atteignent 12 millions de tonnes et les déchets industriels 30 millions de tonnes. Quant aux déchets de construction du plat pays, ils sont
de l'ordre de 13 millions de tonnes et ceux des démolitions, de 30 millions de tonnes.
« Les collectivités doivent désigner des lieux d'entreposage et d'élimination de ce type de déchets»: Hassan Chouaouta, Président de l'Association marocaine des experts en gestion des déchets et en environnement
Les Echos quotidien : Quel enjeu constituent aujourd'hui les déchets de construction et de démolition ?
Hassan Chouaouta : Aujourd'hui, le problème qui se pose pour les déchets de construction est celui des coûts. Si un producteur de déchets de construction, n'en a pas l'obligation de la prise en charge et une désignation d'un endroit auquel il peut les acheminer, on n'ira pas loin. Quand on produit des déchets, il y a un coût de stockage, de collecte, de transport jusqu'à un site d'entreposage, puis à un site final, où l'on procédera au tri et ensuite au broyage pour en déduire des sous-produits qui peuvent être utilisés soit dans la stabilité dans les routes et pistes ou même dans les chantiers, et malheureusement cela a un coût. Si l'on prend par exemple celui de broyage en Europe, c'est l'équivalent de 400, 500 ou 600 DH la tonne. Au Maroc nous n'avons pas encore ce réflexe. Quand un auto-constructeur amasse l'équivalent de trois tonnes de déchets, il fait appel aux services d'un petit transporteur qui l'en décharge pour un coût dérisoire de 50 DH et s'en débarrasse, le plus souvent sur le littoral quand il y a une route côtière ou les terrains vides dans la ville. Ce sont des pratiques qui se propagent avec l'absence de l'intervention des autorités locales. Les contrevenants sont obligés de verser une amende de 200 à 10.000 DH selon les dispositions de la loi, sauf que, malheureusement, les mécanismes d'application de ces dispositions sont toujours absents.
Quel rôle les promoteurs immobiliers peuvent-ils jouer dans ce schéma ?
Il faudra que le promoteur immobilier mette en place dans son cahier des charges des dispositions qui obligent l'entrepreneur à utiliser, réutiliser ou au moins éliminer ces déchets en respectant l'environnement. En revanche, les collectivités doivent désigner des lieux d'entreposage et d'élimination de ce type de déchets, sinon, au moins les utiliser comme remblais dans les carrières. D'ailleurs, il y a un projet dans le pipe destiné à la réglementation de gestion des carrières et de leur réhabilitation.
Que faut-il faire pour remédier à cette situation ?
En l'absence d'un mécanisme institutionnel et d'obligation des producteurs de ces déchets de les livrer et les acheminer à ces entreprises qui réutilisent ces matériaux, ainsi que des mécanismes financiers pour pouvoir couvrir en partie le coût de ces déchets, l'alternative est que l'Etat rachète le produit recyclé et valorisé de cette société pour l'utiliser dans la stabilisation des routes. En l'absence de ces mécanismes, on n'avancera pas. Les recycleurs ont tout intérêt à se positionner sur ce créneau. D'une manière générale, le recyclage au Maroc pour quelques types de produits, notamment le plastique, l'aluminium, la ferraille, même les os et le pain, se pratique dans l'informel. Certes, il n'est pas structuré, mais est organisé par l'offre et la demande. Si l'on veut faire de même avec les déchets de construction, il va falloir créer un marché et assurer des mécanismes de commercialisation des produits valorisés de sorte à assurer la demande. Une fois ces mécanismes mis en place, les opérateurs qui veulent se positionner sur la valorisation de déchets trouveront un intérêt au même titre que les producteurs de ces déchets.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.