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Quel impact sur notre production agricole ?
Publié dans Les ECO le 16 - 06 - 2010

Quelle sera la physionomie de notre agriculture, impactée à terme par le changement climatique ? C'est à cet exercice que se sont livrés les analystes du Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM). L'analyse de ces chercheurs a concerné les cultures de deux pays du Maghreb : le Maroc et la Tunisie et les conclusions du centre ont été regroupées au sein d'un rapport intitulé «Impacts des changements climatiques sur l'agriculture au Maroc et en Tunisie et priorités d'adaptation». Il s'agit, en gros, d'un ensemble de projections futuristes sur le rendement des principales cultures à l'horizon 2080. Première conclusion: l'agriculture des deux pays est «vulnérable aux effets du changement climatique», notamment au Maroc où les régions les plus propices à l'agriculture seront les plus affectées par les mutations en question. En cause, la raréfaction attendue de l'eau disponible (chute des précipitations et surexploitation des ressources disponibles) ainsi que la dégradation des terres et des écosystèmes (désertification).
Le CIHEAM analyse et compare les conséquences possibles pour des politiques d'adaptation, en s'appuyant sur des études spécifiques menées au Maroc et en Tunisie. «Mais il faut attendre 2030, au Maroc, pour constater des impacts qui seront significatifs dès cette date (en l'absence de progrès technique). 2030 est, en effet, un moment de rupture dans l'intensité des impacts attendus : soit ils deviennent tangibles (Maroc) soit ils s'accélèrent (Tunisie)», expliquent, ainsi, ces chercheurs. Quels sont, donc, les effets attendus? et quelles peuvent être les moyens d'atténuer, d'ores et déjà, ces pressions climatiques qui planent sur nos cultures ?
Les scénariis pour le Maroc
Selon la note du CIHEAM, l'étude sur l'impact des changements climatiques au Maroc a été menée par un consortium d'institutions internationales (Banque mondiale et Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture –FAO-) et marocaine (Direction de la météorologie nationale et Institut national de la recherche agronomique –INRA-). Le rapport a pu identifier deux principaux scénarios : un premier «pessimiste», de croissance démographique et d'inégalités économiques, de technologies polluantes et de protectionnisme, et une seconde piste «optimiste», basée sur des solutions locales, une croissance démographique raisonnée, une évolution technologique moins rapide et plus diversifiée et un développement régionalisé et plus respectueux de l'environnement. Ces deux analyses prennent pour période de référence les années 1961-2006. Ainsi, les projections obtenues indiquent sur tout le territoire une «croissance progressive de l'aridité» liée à la baisse de la pluviométrie et à l'augmentation de température. «Ces phénomènes s'accélèreront après 2050», prévoient les analystes du CIHEAM. Les projections climatiques introduites dans chaque modèle agronomique spécifique ont conduit au développement de scénarios de rendements à quatre horizons de temps (2006, 2030, 2050, 2080) et pour chaque région du pays. Jusqu'en 2030, les effets du changement climatique seront peu perceptibles dans le pays, pour les deux simulations et les différents types de culture. En revanche, les chutes de rendement seront abruptes à partir de 2030, plus marquées dans le premier scénario que dans le second.
Les légumes, le blé... les principales cultures touchées
Les façades nord et centre ouest du Maroc seraient les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques. Les projections du Centre montrent, en effet, que ces zones, qui sont en même temps, les plus propices à l'agriculture, seront les plus touchées.Par type de culture, les analystes du CIHEAM ont pu identifier deux groupes qui seront différemment impactés par le changement climatique. Le premier devra plutôt «bénéficier» de ces changements, après 2030. Il s'agit, en l'occurence, de celui des cultures irriguées. L'autre groupe, composé des cultures de fruits et légumes irriguées, sera moins bien loti. «La plupart des cultures irriguées connaissent des hausses de rendement concomitantes aux pressions climatiques sur l'ensemble des simulations», indique le CIHEAM. Ce second groupe va être «pénalisé» par le changement climatique, à savoir les fourrages et légumes modérément à partir de 2030, les céréales et légumes pluviaux avec une chute de 5% de rendement en 2050, le blé et orge pluviaux avec des chutes de 20% de rendement à partir de 2050, les cultures pluviales d'hiver qui perdront plus de 30% de rendement après 2050 et qui incluent les céréales, les légumes et les cultures oléagineuses. Et au rapport du CIHEAM de nuancer que ces résultats sont à considérer avec un état technologique inchangé d'une part (pas de contribution du progrès technique à une augmentation de rendement dans les simulations) et une absence de restriction en eau pour les cultures irriguées d'autre part. «Aucun stress hydrique n'a pu être modélisé pour les cultures irriguées du fait d'un manque de données disponibles et homogènes sur les conditions réelles d'irrigation», indique-t-on.
Le progrès technologique, seule alternative
Les zones propices à l'agriculture de notre pays seront donc les plus vulnérables au changement climatique d'ici une trentaine d'années. Y-a-t-il pour autant un moyen pour éviter ce « scénario catastrophe ?». La réponse se trouve dans les «améliorations technologiques équivalentes à celles observées depuis les années 1960», comme on peut le constater dans le rapport du CIHEAM. «Les chutes de rendements auparavant observées disparaissent», y ajoute-t-on. Le «progrès technologique» devrait compenser les effets du changement climatique. Par progrès technologique, les analystes du Centre désignent une gamme diversifiée d'améliorations relevant de différents domaines (savoirs, actions et politiques). Pour les officiels chargés de ce volet, il s'agira d'améliorer les variétés culturales, l'intensification de l'investissement dans les exploitations voire propriété foncière adéquate, la professionnalisation de l'agriculture et les innovations institutionnelles. «Ces éléments, non exhaustifs et hétérogènes, relèvent de la technologie, du développement social, des lois, ou de l'économie agricole. Ils ne sont pas inventoriés, analysés, ni confrontés par exemple aux réalités courantes. On ne sait rien de leurs possibles combinaisons ou synergies», tiennent à préciser les auteurs du rapport. Ce dernier insiste néanmoins sur l'investissement dans les zones favorables et intermédiaires, «car elles sont les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques». Ce sont aussi les régions les plus productives et les plus riches en terres fertiles.


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