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Les transactions financières coûtent des vies
Publié dans La Gazette du Maroc le 10 - 06 - 2002


Aux urgences
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Secourez-moi, je vais mourir! A l'aide”, tels étaient les appels de détresse, lancés par Ahmed Mejdoubi à l'adresse d'un corps médical indifférent, sauf à son chèque certifié. Magistrat, il était âgé de 52 ans et rendait visite à un confrère admis pour des soins à la clinique de la Ligue marocaine de lutte contre les maladies cardiovasculaires à l'hôpital Avicenne. Souffrant de douleurs thoraciques, Ahmed Mejdoubi sollicita l'aide des médecins et des soignants de garde qui le relèguèrent aux formalités administratives, exigeant un chèque de garantie pour accéder aux soins de ladite clinique.
“Il demandait de l'aide, se tordait de douleurs. Il a dû attendre 45 minutes avant de succomber à l'infarctus. Les témoins occulaires nous ont décrit l'agitation et le mal dont souffrait mon frère, sans que le médecin de garde et les infirmiers ne lui prêtent secours. Ils attendaient l'autorisation d'admission. Ils attendaient le chèque pour lui dispenser les soins nécessaires. Un collègue est allé chercher un chèque. Un professeur au Centre de formation des instituteurs (CFI) a assisté à la scène et affirme la non-assitance à Ahmed Mejdoubi. Le professeur a dû quitter la clinique à 13h40, laissant mon frère en proie à l'attente. J'ai été prévenu à 13h20. Je suis arrivé à la clinique aux environs de 13h45. On m'a annoncé que mon frère bénéficiait des soins appropriés. J'ai demandé à le voir. Il était inerte . Au début, ils ne m'ont pas permis de le voir. Je criais, je demandais à le voir, alors j'ai forcé la porte. Il était 13h50 quand j'ai réalisé qu'il était déjà mort.. Ils l'ont tué! Oui, ils l'ont tué. Ils auraient pu le secourir, mais ils n'ont rien fait. Il est vrai que nous mourrons tous un jour, mais mon frère est mort suite à la négligence et au calcul. L'avis du décès est signalé à 14h00, alors qu'il était mort entre 13h40 l'heure du départ du professeur du CFI, et 13h50 l'heure de mon arrivée” nous révèle Hassan Mejdoubi, frère du défunt.
En effet, il s'agissait d'une question de temps, où la moindre seconde compte et où l'état du patient doit être pris en charge sur le champ. Selon les dires d'un médecin, appelé à la barre pour témoigner : “un patient dans l'état où était Mejdoubi doit être rassuré, soulagé. Tout doit se passer dans un climat serein, en luttant contre le temps, puisque les secondes comptent”.
Père de deux enfants, Ahmed Mejdoubi est décédé en novembre 1999. Le tribunal de première instance de Rabat annoncera le verdict le jeudi 13 juin. Les mis en cause, deux médecins et une employée, sont inculpés de “non-assistance à personne en danger”, alors que le Président de ladite clinique est poursuivi dans la même affaire pour complicité. Cependant, la défense des accusés assure que le personnel médical, présent lors de cet incident, a dispensé les premiers soins d'urgence avant de s'occuper des formalités administratives pour son admission. Par ailleurs, la défense de la victime affirme, preuves à l'appui, que “la non-assistance à personne en danger” est bel et bien avérée.
Ahmed Mejdoubi est mort, mais les responsables seront poursuivis pour les autres Mejdoubi à venir. En menant ce combat, la famille Mejdoubi a rencontré d'autres victimes qui n'ont pas pu porter plainte. L'exemple d'une pharmacienne dont le père est décédé suite à la même négligence. D'autres parents et proches des victimes d'erreurs médicales ont témoigné à la famille Mejdoubi soutien et solidarité. Le cri de la famille Mejdoubi se veut strident : “Il ne faut pas que des Mejdoubi périssent au seuil des hôpitaux-vampires. Nous avons tous droit aux soins, à la dignité, à la vie”.
S.L


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