Le Maroc aurait proposé aux Etats-Unis d'apporter une réponse concertée face aux menaces iraniennes    Hilale au Conseil de sécurité: Le Maroc dénonce l'instrumentation des voies maritimes comme cartes de pression et de chantage    Information et communication : hausse de la valeur ajoutée de 1,7% en 2025    Attaques au Mali : deux approches opposées entre le Maroc et l'Algérie    Hausse des prix des carburants : Le gouvernement agit avec sens social et responsabilité financière    Province de Tiznit : Akhannouch lance plusieurs projets de développement    Sahara : Les Canaries confirment leur soutien au plan marocain d'autonomie    La Guinée remercie Mohammed VI pour l'opération humanitaire de retour de ressortissants    La NARSA alerte contre un faux site électronique usurpant son identité    Laâyoune : un Forum régional du commerce pour booster l'entrepreneuriat    Saham Bank lance la plateforme mobile MyFX pour le change en temps réel    Crédit agricole : cinq conventions pour structurer un écosystème de financement complet    Edito. Plus que des intentions, des talents !    Bourse de Casablanca : clôture en légère hausse    Agadir : Coup d'envoi officiel de la 22e édition d"African Lion"    Attaque armée à Washington : le Maroc exprime sa solidarité avec Trump    Armement en Afrique du Nord : L'Algérie et le Maroc en tête des dépenses militaires en 2025    Une candidate d'origine marocaine confrontée à une déferlante raciste lors des élections municipales en Italie    Football : Youssef Khanfri, le prodige de 12 ans repéré par le Barça    Moroccan U20 athletes shine with seven medals on day one of Arab championships in Tunis    Gérone : Real Betis prêt à passer à l'action pour Azzedine Ounahi    Real Madrid : Kylian Mbappé forfait jusqu'à la fin de la saison?    Le RNI met en avant le bilan gouvernemental et le qualifie d'«exceptionnel»    Marruecos: Lluvias tormentosas localmente intensas el lunes y martes    Othmane El Goumri becomes first Moroccan to win the Hamburg Marathon    Young Moroccan talent Youssef Khanfri set to join FC Barcelona youth team    Lutte contre les incendies de forêt : l'ANEF réunit son comité directeur national    Cannabis légal : l'ANRAC vise la certification ISO 9001 pour consolider sa gouvernance    Lutte anti-grêle : de nouveaux générateurs pour Sefrou et Ifrane    Anfa Prime Hospital : le nouveau vaisseau amiral d'AKDITAL, au service d'un modèle de soins d'excellence et de proximité    Casablanca célèbre l'âme andalouse : le FMMA revient pour une 4e édition ambitieuse    Tanger : des colonnes métalliques historiques découvertes dans la médina    Rabat, Capitale mondiale du livre 2026 : lancement du label "Bibliothèque culturelle – Manara"    Mercato: Bounida dans le viseur de Mönchengladbach    Union Africaine : le Togo mandaté pour défendre une représentation équitable de l'Afrique    AES : une compagnie aérienne commune pour relier le Sahel    Marrakech clôture en beauté le FLAM 2026 entre littérature, mémoire et poésie vivante    Hilton Tangier Al Houara Resort & Spa et Al Houara Golf Club lancent la première édition de la Hilton Al Houara Golf Cup    Tournoi U19 : l'AMF impressionne et s'impose face à l'élite européenne    Format inédit : la CAN U17 au Maroc devient un "festival" du football africain    Akhomach décisif : le Rayo arrache un nul héroïque face à Sociedad    Plainte d'un avocat de Rabat contre des militants anti-normalisation avec Israël    Solidarité. Le Maroc condamne l'attaque armée ayant visé une réception à Washington en présence du Président Trump    La Razón : le Maroc modernise une base aérienne près de Dakhla dans le cadre d'un partenariat stratégique avec Washington    FLAM 2026 : Marc Alexandre OHO BAMBE ou le pouvoir de résister avec les mots    Lancement de l'événement Rabat, capitale mondiale du livre 2026    Maroc : Un partenariat renforcé avec l'Autorité du livre de Sharjah    Diaspo #438 : Mériame Mezgueldi célèbre les chibanis par l'art figuratif    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les rats tuent à Zerhoun
Publié dans La Gazette du Maroc le 18 - 10 - 2004

La Liptostérose, une maladie mortelle transmise par les rats, sévit à Meknès
Les habitants de la commune Moussaoua à Meknès vivent une expérience dont ils se seraient bien passés. L'eau, contaminée pendant plusieurs semaines d'une maladie mortelle, a provoqué la mort de plus d'une dizaine de personnes. Pour l'instant, on met tout sur le dos des rats gris, les rongeurs, qui auraient infecté la source d'eau avec une maladie dangereuse qu'est La Liptostérose.
Le bilan est très lourd et il y a mort d'hommes. Pour l'instant, le bilan provisoire fait état de quatorze personnes décédées, en l'espace de quelques jours, et plusieurs autres victimes dans un état jugé très grave. L'état d'alerte est déclenché au niveau du ministère de la santé et la situation, dit-on, est maîtrisable. Les causes de cette maladie mortelle et contagieuse sont désormais connues et relèvent d'une leptospirose-ictero-hémorragique. Autrement dit, une maladie transmissible principalement par, tenez-vous bien, les rongeurs, les rats gris. Oui, à en croire les responsables du ministère de la santé, ce sont ces bestioles qui sont derrière cette tragédie dont ont été victimes les villageois de la région de Moussaoua près de Moulay Driss Zerhoun à Meknés. Sanitairement parlant, l'heure est grave et l'on compte toujours des morts parmi les personnes admises à l'hôpital Mohammed V à Meknès. Pire encore, l'eau potable contaminée par cette maladie est toujours accessible et abordable pour les habitants de la région. Et dans ce douar, il existe une seule source d'eau. Celle-ci, après inspection de la commission sanitaire, s'est avérée infestée de rats. Pendant plus de trois semaines donc, l'eau infectée, inutilisable, a été source de danger.
Des dizaines de cas contaminés présentant des symptômes tels que douleurs abdominales, vomissements ont été détectés sans pour autant qu'il ait été possible de déclencher un plan d'urgence pour cerner la catastrophe. Et, jusqu'à présent, le déficit d'information et d'action est flagrant. Certes, le cauchemar a pris fin, mais les dommages collatéraux de cette contamination collective, ou directs devrait-on dire, n'ont pas épuisé leurs effets. Faute de moyens de sensibilisation, la population défavorisée, aux maigres revenus, les habitants de la région touchée par ce drame n'avaient qu'à subir ainsi la fatalité des choses sans solutions de repli ni de dépannage.
Aucune consigne de non-consommation de l'eau n'a été donnée, aucune mesure de sécurité n'a été non plus mise en place pour mieux détecter les sources de contamination. Il fallait attendre qu'il y ait mort d'hommes pour réagir enfin et mettre tout sur le dos des rats. Il s'agit donc de rongeurs qui ont véhiculé cette maladie dénommée leptospirose sans que personne bouge le petit doigt. Il a fallu que les citoyens s'en alarment, pestent, s'adressent à leurs élus pour dénoncer cette catastrophe qui ne paraît pas intéresser, au départ, grand monde. Cette pollution, à grande échelle, a duré plus d'une vingtaine de jours pour voir les responsables du ministère de la santé se déplacer vers les lieux et procéder à des prélèvements. Vérification faite, il s'agissait d'une maladie extrêmement nocive à la santé transmissible à travers des rongeurs. La population, ne se doutant de rien, consomme l'eau contaminée sans être nullement avertie. Et en attendant, on assiste à une véritable offensive des rongeurs de plus en plus gros, de moins en moins dociles, les rats s'enhardissent chaque jour davantage.
Porteur de germes pathogènes (bactéries, virus, parasites) et d'ectoparasites (puces), le rat transmet des maladies à l'homme et aux animaux. Entre autres la peste qui reste avant tout une maladie des rongeurs qui peut aussi être contractée par l'homme. Selon un spécialiste, la maladie se transmet d'un rongeur à l'autre, d'un rat à l'être humain, par l'intermédiaire des piqûres de puces infectées. Le contact direct avec des tissus animaux infectés représente une autre voie de contamination possible pour l'homme. La peste est une maladie très grave avec un taux de mortalité de 50 à 60 % en l'absence de traitement. Et c'est ce qui s'est passé pour les victimes du village de Moussaoua à Meknès, qui en l'absence de l'assistance médicale, ont payé de leurs vies. Chez l'homme, elle prend trois formes: bubonique, septicémique et pulmonaire. La peste est endémique dans de nombreux pays d'Afrique. Pour rappel, en 1999, 14 pays ont notifié à l'OMS 2 603 cas (dont 212 mortels). Ces chiffres se situent dans la moyenne des dix années précédentes (qui s'établit à 2 547 cas par an, dont 181 mortels, de 1988 à 1997). Au cours de la dernière décennie, l'Afrique a notifié 76,2 % des cas et 81,8 % des décès. Si le diagnostic est déterminé à temps, grâce à une antibiothérapie efficace, on peut guérir presque tous les patients. Quant à la Liptostérose, il s'agit également d'une maladie transmise par les rats. Les animaux, les rongeurs en particulier, transmettent la bactérie de la leptospirose dont ils rejettent les bactéries dans le milieu extérieur par leurs urines. L'homme est contaminé le plus souvent par contact cutané ou muqueux avec la bactérie, au niveau d'une plaie ou au contact d'une peau “macérée”. Les bactéries passent dans le sang où elles se multiplient puis gagnent la rate, le foie, le cerveau et d'autres organes. Les lésions les plus précoces sont les lésions des endothéliums vasculaires. La période d'incubation de la maladie est d'environ 15 jours. Les premiers symptômes qui apparaissent sont la fièvre, des frissons, quelques douleurs musculaires et céphalées. En quelques jours les signes évoluent avec des atteintes viscérales, hépatiques (ictère ou jaunisse), rénales (insuffisance rénale fonctionnelle), voire une méningite hémorragique (saignements diffus). La mortalité est de 2 à 5%.
Selon Docteur Ahmed Alami, médecin d'hygiène, les déjections des rats sont aussi responsables des maladies dont le typhus, la leptospirose ictéro-hémorragique appelée également maladie des égoutiers, les toxi-infections à salmonelles. Il y a aussi le risque de la morsure des rats,très redoutable, et qui peut entraîner une septicémie ou la rage qui peut être véhiculée par les rongeurs. Pour la prévention, il n'y a pas grand-chose, note une source au sein du ministère de la santé, à part les recommandations d'usage en matière d'hygiène. Le nettoyage des locaux infectés, le rinçage des fruits et légumes à l'eau additionnée de quelques gouttes de javel. Une cannette de limonade achetée chez l'épicier du coin peut très bien avoir été “mouillée” au passage par un rat. En règle générale, l'hygiène est de rigueur. Surtout dans les villages et autres régions comme Zerhoun exposées à la maladie. Dans sa déclaration, Cheikh Biadillah, ministre de la Santé, s'est voulu rassurant en mettant l'accent sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une maladie épidémique, car elle ne se transmet pas de personne à personne. Selon lui, la situation a été maîtrisée avec la dératisation des lieux et la désinfection de toutes les sources, ajoutant que la région est connue pour cette maladie contagieuse. N'empêche que même si la situation est à peu près normalisée, il reste toujours des séquelles du drame qu'elle a provoqué. De sources concordantes, on signale qu'une enquête a été menée par une commission dépêchée de Rabat sur place. Dans une situation pareille, la responsabilité incombe en premier lieu aux responsables locaux qui jusqu'à présent font comme si de rien ne s'était passé. Un non-évènement qui a, pourtant, provoqué mort d'hommes.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.