Femmes et sport, le pouvoir reste-t-il un terrain masculin ?    Congrès US : Une fidèle de Trump veut classer le Polisario entité terroriste    Etats-Unis : Appel à la fermeture des camps de Tindouf    Education : Le Maroc a créé 90 000 postes budgétaires entre 2021 et 2025    L'Etat encadre strictement les dépenses numériques des campagnes électorales    Le Maroc mise sur 4 MM$ pour son expansion hôtelière en vue du Mondial 2030    Dakhla : Cinq pêcheurs disparus après une collision avec un navire    Agroalimentaire : 850 MDH pour renforcer la souveraineté alimentaire du Maroc    Revue de presse ce vendredi 27 mars 2026    La Bourse de Casablanca débute en bonne mine    La Chine envoie un nouveau satellite test dans l'espace    FAO : la guerre au Moyen-Orient, un choc pour la production alimentaire mondiale    Match amical Maroc - Equateur : Près de 1 000 agents mobilisés dans le sate de Madrid    Équateur: Un adversaire solide face au Maroc avec une identité du jeu confirmée    Six binationaux en 13 jours : Marca met en avant le coup d'accélérateur du recrutement marocain    Trump ally backs US push to label Polisario a terrorist group    US push to shut down Tindouf Camps    Morocco bets $4 billion on hotel expansion ahead of 2030 World Cup    Enseignement : un quart des enseignants envisage de quitter la profession, le malaise salarial en première ligne    Rabat : cycle de conférences pour repenser les féminismes depuis une approche décoloniale    L'ambassadrice de Chine au Maroc explore le potentiel agricole de Meknès et mise sur de nouveaux partenariats    Aide aux transporteurs: Près de 68.000 demandes enregistrées    Bourita: Pour le Maroc, la Cisjordanie et sa stabilité sont des prérequis pour la réussite de tout processus concernant Gaza    The Kingdom of Morocco and the Czech Republic affirmed on Thursday in Rabat their strong shared commitment to elevating their bilateral ties to a strategic level, building on a momentum deemed « unprecedented » by both parties.    Détroit d'Ormuz : Donald Trump affirme que l'Iran a autorisé le passage de dix pétroliers    Sahara : La République Tchèque soutient le plan d'autonomie marocain    Mondial 2026: la phase de vente de dernière minute débute le 1er avril    Kylian Mbappé choisit le médecin de l'équipe nationale du Maroc pour soigner sa blessure au genou    Sénégal dépose une plainte pour corruption après la décision de la CAF    Maroc – Équateur : tout savoir sur la première de Mohamed Ouahbi    Israël : Ziv Agmon démissionne après des propos racistes sur des députés d'origine marocaine    Titres de séjour : En France, élus et ONG alertent sur les failles de la dématérialisation    La MINURSO sous examen après une visite de responsables onusiens à Laâyoune    Yaoundé : Le Maroc participe à la 14e conférence ministérielle de l'OMC    L'ONMT réunit les leaders du tourisme américain au Maroc    Tanger : un hôpital universitaire de psychiatrie en perspective    Maroc : plus de 1,3 million d'arrivées touristiques en janvier 2026    Averses orageuses avec chutes de grêle jeudi et vendredi dans plusieurs provinces    Washington. SAR la Princesse Lalla Hasnaa représente le Maroc au sommet de la Coalition mondiale pour les enfants    Lutte contre la corruption : le Maroc salué par l'OCDE, malgré des insuffisances    Bijoux africains : 5 créatrices qui révolutionnent le luxe    TAS : le Sénégal prend un risque majeur en contestant la CAF    «L'héritage inconnu» : Mohamed Ouachen rend hommage à Fatema Mernissi au théâtre    La belgo-algérienne Nawell Madani rattrapée par la polémique    Design africain : les événements qui vont marquer 2026    Essaouira accueille « La Dolce Vita à Mogador 2026 », vitrine du cinéma italien au Maroc    Subvention de la musique et des arts chorégraphiques: Ouverture des candidatures pour la 1ère session de 2026    «Les Marocains de Norvège», un livre de Jamal Eddine Belarbi sur les récits migratoires    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Constat d'une controverse
Publié dans La Gazette du Maroc le 20 - 05 - 2003


Les doctorats français
Les Marocains titulaires d'un doctorat français peinent à s'adapter au système d'enseignement de leur pays d'origine. Devant la dégradation de leur situation réglementaire, les docteurs sont de plus en plus démobilisés.
La France est le deuxième pays accueillant les étudiants étrangers avec 138.000 étudiants, devancée seulement par les USA avec 438.000 étudiants. Pourtant, si les diplômes des grandes écoles d'ingénieurs, de commerce sont peu confrontés aux problèmes d'insertion à la vie active, les doctorats des universités françaises sont de plus en plus sujets à controverse au Maroc.
Au Maghreb, la France joue un rôle déterminant dans la formation des intellectuels et scientifiques, notamment du Maroc. D'après les statistiques de l'Observatoire français des thèses, 11% des doctorats marocains ont été obtenus en France. Le portrait type de l'étudiant marocain est celui d'un étudiant déjà diplômé qui vient en France pour poursuivre une spécialisation, notamment dans les études médicales, ou préparer une thèse dans des matières scientifiques. En effet, les ressortissants marocains sont souvent présents dans les formations doctorales des sciences exactes, et plus particulièrement dans le domaine des ingénieurs, des physiciens et des chimistes (16% contre seulement 6% en lettres, sciences sociales et humaines)
Mais ces dernières années, on constate un recul de la proportion des docteurs originaires de l'Afrique du Nord, principalement au détriment du Maroc. Ce pays a vu ses effectifs de docteurs fondre de moitié depuis 1994, année où 675 docteurs ont été diplômés. En perdant une centaine de docteurs chaque année, le Maroc se trouve au même niveau que l'Algérie dont les effectifs se situent au-dessus de 300 depuis 1993.
Entre la valise et le cercueil
Malgré la régression du nombre de Marocains titulaires d'un doctorat français, leur insertion professionnelle dans leur pays d'origine n'a pas été une réussite. Cet effort d'intégration pourrait être appréhendé à travers trois périodes : une période “faste”, une période médiane et une période “vaches maigres” La période faste se situe dans les premières années de l'indépendance où chaque diplômé était assuré de trouver un emploi à sa mesure ou presque. Surtout après le départ massif du personnel colonial d'encadrement administratif et technique.
Les doctorats “cocote minute” à la française
La période médiane a limité le recrutement accéléré des Marocains titulaires d'un doctorat étranger malgré l'expansion universitaire sans précédent dans les années 80. La période de “vaches maigres” enfin, est celle que vivent actuellement la plupart de nos docteurs d'ici et d'ailleurs par suite d'une saturation du secteur public. Ainsi, la précarité de la situation financière et réglementaire de ces nouveaux-venus, souvent cantonnés dans des postes de professeurs-assistants non-régularisés, a conduit à leur démobilisation scientifique et professionnelle. Pis encore, le sentiment d'inadéquation entre
les aspirations professionnelles initiales et la réalité du travail exercé a conduit les docteurs marocains formés en France à choisir entre la valise et le cercueil. Une grande partie
d'entre eux ont préféré regagner l'hexagone pour profiter des conditions favorables à l'émergence de leur carrière. Ce, malgré les efforts consentis du gouvernement marocain pour le développement de la recherche scientifique, à l'image de la création d'une délégation chargée de ce secteur, disposant d'un budget de financement qui atteint 0,7% du PIB.
Devant la dégradation du marché de l'emploi et la montée du chômage qui touche un bon nombre de diplômés universitaires, l'inscription aux écoles doctorales françaises est considérée comme une planche de salut. Autrement dit, le doctorat est envisagé principalement pour des raisons économiques.
Cependant, l'engouement pour ce haut diplôme universitaire français s'accompagne souvent d'un grave déficit de formation et d'expertise. Cette situation se traduit en France par des doctorats "cocote minute". D'où le déphasage patent entre le modèle doctoral français et le marché scientifique et professionnel marocain.
Certes, ce titre de recherche - surtout s'il est délivré par la Sorbonne, supposée être un "temple du savoir" - est considéré comme une distinction exceptionnelle, susceptible d'ouvrir les portes du pouvoir économique, politique et social. N'empêche que dans la réalité, la déception de nos docteurs d'ici et d'ailleurs est énorme. Surtout lorsqu'ils se trouvent brutalement devant l'engorgement des emplois publics. Il ne faut donc pas s'étonner de l'amertume des docteurs venus tardivement sur les quais devant un train encombré.
Pourtant, cette situation n'a pas découragé les étudiants marocains qui continuent à s'inscrire dans les écoles doctorales françaises, en espérant revenir un jour à leur pays d'origine. A moins qu'ils changent d'avis une fois arrivés sur place ? Il faut dire que les grèves observées par les enseignants des universités marocaines ne sont guère encourageantes. La dernière en date a été observée les 7 et 8 mai dernier, dans toutes les facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire du royaume.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.