Produits du Sahara : le gouvernement britannique apporte de l'eau au moulin du Polisario    Inondations : 15.000 familles bénéficient d'une aide directe de 6.000 dirhams    Mohamed Ouahbi à la tête des Lions de l'Atlas avec João Sacramento comme adjoint    Andrés Iniesta proche de rejoindre la direction technique des Lions de l'Atlas    Chelsea surveille de près la pépite marocaine Gessime Yassine    Mohamed Ouahbi officially Atlas Lions' new coach as Regragui steps down    Mohamed Ouahbi, de l'épopée mondiale U20 au banc des Lions de l'Atlas    Officiel. Mohamed Ouahbi, nouvel entraîneur de la sélection nationale    Culture de l'olivier : les plateformes de démonstration d'Al Moutmir boostent rendement et revenus des agriculteurs    Ciment : plus de 2,09 MT de livraisons à fin février    Mohamed El Ouahbi succède à Walid Regragui à la tête des Lions de l'Atlas    Ciment : Plus de 2 millions de tonnes livrés à fin février    Abou Dhabi: six personnes blessées par des débris de drone    Rappel du ministre de l'Intérieur concernant l'opération de recensement relative au service militaire    Inondations : le gouvernement verse 6.000 dirhams à 15.000 familles évacuées    Entre Idéologie et Realpolitik : le Maroc face à la tourmente moyen-orientale    Cold wave and heavy rain forecast in Morocco this weekend    Souss-Massa: Vientos violentos arrasan con 1 500 hectáreas de invernaderos    Genève met les adversaires du Maroc dans l'embarras... un soutien croissant à l'initiative d'autonomie au Conseil des droits de l'homme    Industrie manufacturière : les entreprises anticipent une augmentation de la production    Casablanca : où en sont les prix des produits alimentaires ?    CGEM: l'élection du nouveau président fixée au 14 mai    Casablanca accueille la 1ère édition de GITEX Future Health Africa    Tamwilcom lance son nouveau site web    CAN féminine 2026: La compétition reprogrammée du 25 juillet au 16 août    Sonarges : l'opérateur historique à l'heure des sociétés régionales    La date des élections des membres de la Chambre des représentants fixée au 23 septembre prochain    Crèches privées: Ce que prévoit le projet de décret adopté en Conseil de gouvernement    Pékin accueille l'ouverture de la quatrième session de l'organe législatif suprême de la Chine    Enlèvement d'enfants : L'Intérieur dément les fausses informations relayées sur Internet    8 mars 2026-Droits des femmes : Une condition essentielle pour mettre fin au VIH    « Rass Jbel » : quand la légende de « Al Hayba » prend racine au Maroc    Comediablanca revient à Casablanca après une tournée internationale remarquée    Paris : une exposition rend hommage aux soldats marocains des deux guerres mondiales    Sahara : L'heure de vérité pour une MINURSO en sursis    La Cour d'appel de Marrakech réduit les peines des deux Algériens pour insulte au drapeau et à la monnaie    Les températures attendues ce jeudi 5 mars 2026    Le temps qu'il fera ce jeudi 5 mars 2026    Climat scolaire : OTED propose un dispositif d'évaluation du programme anti-harcèlement    L'armée US prévoit une domination « totale et absolue » du ciel iranien    Attaques iraniennes : le Conseil du Golfe et l'UE convoquent une réunion d'urgence    Azoulay : Un Ftour Pluriel d'anthologie qui fera date    UNESCO : Tanger relance sa candidature au patrimoine mondial    Guerre en Iran : Le deux poids deux mesures de religieux marocains    « On Marche » 2026 : à Marrakech, la danse contemporaine au souffle du Ramadan    Loubna Jaouhari signe son premier stand-up le 8 mars 2026 au théâtre Diwan de Casablanca    Caftans au Maroc #2 : Le caftan de Fès, emblème d'un savoir-faire ancestral    Safi : Après les crues, la reconstruction et la revalorisation du patrimoine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Constat d'une controverse
Publié dans La Gazette du Maroc le 20 - 05 - 2003


Les doctorats français
Les Marocains titulaires d'un doctorat français peinent à s'adapter au système d'enseignement de leur pays d'origine. Devant la dégradation de leur situation réglementaire, les docteurs sont de plus en plus démobilisés.
La France est le deuxième pays accueillant les étudiants étrangers avec 138.000 étudiants, devancée seulement par les USA avec 438.000 étudiants. Pourtant, si les diplômes des grandes écoles d'ingénieurs, de commerce sont peu confrontés aux problèmes d'insertion à la vie active, les doctorats des universités françaises sont de plus en plus sujets à controverse au Maroc.
Au Maghreb, la France joue un rôle déterminant dans la formation des intellectuels et scientifiques, notamment du Maroc. D'après les statistiques de l'Observatoire français des thèses, 11% des doctorats marocains ont été obtenus en France. Le portrait type de l'étudiant marocain est celui d'un étudiant déjà diplômé qui vient en France pour poursuivre une spécialisation, notamment dans les études médicales, ou préparer une thèse dans des matières scientifiques. En effet, les ressortissants marocains sont souvent présents dans les formations doctorales des sciences exactes, et plus particulièrement dans le domaine des ingénieurs, des physiciens et des chimistes (16% contre seulement 6% en lettres, sciences sociales et humaines)
Mais ces dernières années, on constate un recul de la proportion des docteurs originaires de l'Afrique du Nord, principalement au détriment du Maroc. Ce pays a vu ses effectifs de docteurs fondre de moitié depuis 1994, année où 675 docteurs ont été diplômés. En perdant une centaine de docteurs chaque année, le Maroc se trouve au même niveau que l'Algérie dont les effectifs se situent au-dessus de 300 depuis 1993.
Entre la valise et le cercueil
Malgré la régression du nombre de Marocains titulaires d'un doctorat français, leur insertion professionnelle dans leur pays d'origine n'a pas été une réussite. Cet effort d'intégration pourrait être appréhendé à travers trois périodes : une période “faste”, une période médiane et une période “vaches maigres” La période faste se situe dans les premières années de l'indépendance où chaque diplômé était assuré de trouver un emploi à sa mesure ou presque. Surtout après le départ massif du personnel colonial d'encadrement administratif et technique.
Les doctorats “cocote minute” à la française
La période médiane a limité le recrutement accéléré des Marocains titulaires d'un doctorat étranger malgré l'expansion universitaire sans précédent dans les années 80. La période de “vaches maigres” enfin, est celle que vivent actuellement la plupart de nos docteurs d'ici et d'ailleurs par suite d'une saturation du secteur public. Ainsi, la précarité de la situation financière et réglementaire de ces nouveaux-venus, souvent cantonnés dans des postes de professeurs-assistants non-régularisés, a conduit à leur démobilisation scientifique et professionnelle. Pis encore, le sentiment d'inadéquation entre
les aspirations professionnelles initiales et la réalité du travail exercé a conduit les docteurs marocains formés en France à choisir entre la valise et le cercueil. Une grande partie
d'entre eux ont préféré regagner l'hexagone pour profiter des conditions favorables à l'émergence de leur carrière. Ce, malgré les efforts consentis du gouvernement marocain pour le développement de la recherche scientifique, à l'image de la création d'une délégation chargée de ce secteur, disposant d'un budget de financement qui atteint 0,7% du PIB.
Devant la dégradation du marché de l'emploi et la montée du chômage qui touche un bon nombre de diplômés universitaires, l'inscription aux écoles doctorales françaises est considérée comme une planche de salut. Autrement dit, le doctorat est envisagé principalement pour des raisons économiques.
Cependant, l'engouement pour ce haut diplôme universitaire français s'accompagne souvent d'un grave déficit de formation et d'expertise. Cette situation se traduit en France par des doctorats "cocote minute". D'où le déphasage patent entre le modèle doctoral français et le marché scientifique et professionnel marocain.
Certes, ce titre de recherche - surtout s'il est délivré par la Sorbonne, supposée être un "temple du savoir" - est considéré comme une distinction exceptionnelle, susceptible d'ouvrir les portes du pouvoir économique, politique et social. N'empêche que dans la réalité, la déception de nos docteurs d'ici et d'ailleurs est énorme. Surtout lorsqu'ils se trouvent brutalement devant l'engorgement des emplois publics. Il ne faut donc pas s'étonner de l'amertume des docteurs venus tardivement sur les quais devant un train encombré.
Pourtant, cette situation n'a pas découragé les étudiants marocains qui continuent à s'inscrire dans les écoles doctorales françaises, en espérant revenir un jour à leur pays d'origine. A moins qu'ils changent d'avis une fois arrivés sur place ? Il faut dire que les grèves observées par les enseignants des universités marocaines ne sont guère encourageantes. La dernière en date a été observée les 7 et 8 mai dernier, dans toutes les facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire du royaume.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.