SM le Roi reçoit à Rabat plusieurs ambassadeurs étrangers    Baitas: Approvisionnement "normal" des marchés et près de 273 tonnes de produits impropres saisies    Conseil de gouvernement : Adoption d'un projet de décret relatif aux sociétés anonymes    Retour vers la patrie #4 : Salem Abdel Fattah raconte de l'intérieur la propagande à Tindouf    Espagne : Ryanair relie Valence à Rabat pour l'été 2026    Transport maritime : Le Maroc, premier marché international de Balearia    GITEX Africa 2026 : Marrakech se prépare à accueillir la nouvelle scène mondiale de l'IA    Maroc : Les pluies du début 2026 intensifiées par le changement climatique (étude)    Municipales en France : Fatna Lamir, candidate franco-marocaine et anti-Polisario    Fouzi Lekjaa préside la réunion de la FRMF sur le championnat et les dossiers internationaux    Strong winds and sandstorms to hit Morocco from Thursday to Friday    Polisario silent after Bolivia suspends recognition of «SADR»    Marco Rubio desea el fin de misiones ineficaces de la ONU como la MINURSO    Epson soutient les populations touchées par les inondations au Maroc avec l'Association Yallah Nete3awnou    Food Bladi, une immersion dans la gastronomie marocaine sur Medi1 TV    La FRMF dément toute nomination imminente d'un nouveau sélectionneur    Zone euro : l'inflation retombe à 1,7% en janvier    Souveraineté sanitaire : pourquoi seuls deux hôpitaux marocains peuvent-ils importer des cornées des Etats-Unis ?    Résultats 2025 : Unimer impacté par une campagne halieutique sous contrainte    Séisme Grand Atlas : Transparency Maroc dénonce une reconstruction inachevée et opaque    OICS : la coopération internationale pour le contrôle des drogues a bénéficié aux populations du monde entier    Espagne : Cristiano Ronaldo devient copropriétaire de l'UD Almeria    Foot : Double confrontation Maroc - Burkina Faso pour les Lionnes de l'Atlas    Ligue des champions : le Real Madrid expulse un supporter pour un salut nazi    nucléaire : Américains et Iraniens se retrouvent ce jeudi à Genève    Xi Jinping appelle à un lancement vigoureux du 15e plan quinquennal (2026-2030)    Géopolitique. Younes Aït Hmadouch : "Parler de la fin du dollar serait économiquement excessif"    Bourse de Casablanca : ouverture en territoire positif    Digital et cybersécurité : le Maroc expose son modèle à Madrid    Or vs dollar : le pari stratégique du Maroc    Fès: l'USMBA et le CNRST s'allient pour promouvoir la recherche scientifique    Berrada: L'enseignement primaire dans les «Ecoles pionnières» atteindra 80% à la rentrée    Lekjaa salue le bilan de Gianni Infantino à la tête de la FIFA    Le Polisario silencieux suite à la suspension des liens par la Bolivie    Marco Rubio souhaite la fin des missions onusiennes inefficaces comme la MINURSO    Sahara: Le silence de Mistura témoin de la gêne de l'ONU    El Ktiri:La visite de feu SM Mohammed V à M'Hamid El Ghizlane: Un épisode glorieux dans le processus de parachèvement de l'intégrité territoriale du Royaume    Christophe Leribault, nouveau président du musée du Louvre    L'Université Mohammed VI Polytechnique rejoint le réseau mondial APSIA    Le Chef du gouvernement préside une réunion de suivi de la mise en œuvre de la réforme du système de l'Education nationale et du préscolaire    Foot féminin : Maroc - Burkina Faso en match amical à Rabat    La FRMF dément le départ Walid Regragui, Xavi pressenti    Espagne-Témoignage au parlement. Un responsable sécuritaire espagnol salue le professionnalisme et la rigueur des services de sécurité marocains    Nostalgia Lovers Festival revient pour une troisième édition au Vélodrome de Casablanca    Agadir mise sur la culture pour rythmer les Nuits du Ramadan    Le site historique de Chellah accueille Candlelight, la série de concerts immersifs qui réinvente la musique classique    FInAB 2026 : Cotonou au rythme des arts et de la création africaine    Edito. Capital humain    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Zoom sur la propagande télévisée
Publié dans La Gazette du Maroc le 31 - 03 - 2003


La guerre du Golfe dans les mass medias
L'image télévisée constitue un grand vecteur de propagande. Les parties en guerre en sont très conscientes. Mais, jusqu'à présent la guerre médiatique profite plutôt aux Iraquiens. Les Américains se trouvent dos au mur dans un jeu qu'ils croyaient maîtriser. Démonstration.
Depuis le déclenchement de la guerre contre l'Irak par la coalition américano-britannique, les mass médias, et notamment les chaînes de T.V, se livrent à une guerre médiatique sans merci. L'objectif est le même : augmenter l'audience par une couverture sensationnelle de la guerre. A cette fin, la mobilisation générale devient le mot d'ordre qui régit le travail des journalistes. Dans un sens, il s'agit d'une guerre dans la guerre, avec ses stratégies, ses objectifs et surtout ses procédés : envoyés spéciaux sur place, couverture 24 heures sur 24, analyses, débats, …etc. Bref, toutes les recettes susceptibles de fixer les téléspectateurs devant la boîte de Pandore. Certes, la T.V offre la possibilité de suivre la guerre heure par heure. Cependant, le risque de tomber dans les filets de la propagande demeure toujours présent. C'est dire tout l'enjeu politico-médiatique qui sous-tend le contrôle de l'information et des images, surtout en période de guerre.
Les jeux de la propagande : mode d'emploi
Il est vrai que les médias constituent un moyen de propagande incontournable pour tous les régimes politiques totalitaires. Cependant, les régimes libéraux y recourent aussi, notamment dans les périodes de guerre : images exaltant le courage des guerriers par exemple. A ce niveau, la télévision s'avère un médiateur-clé qui représente la synthèse de la parole et de l'image, l'efficacité discursive de la première et l'efficacité émotionnelle de la seconde.
Lors de cette troisième guerre du Golfe, les belligérants avaient adopté deux tendances de propagande dans les mass media. La première insiste sur certaines images qui visent à susciter l'adhésion. Elle représente le chef, ou le héros, idéalement beau, dans une situation qui met en valeur sa bravoure, son dévouement ou son humanisme : c'est le cas du président irakien Saddam Hussein, mais aussi du président américain, quoique d'une façon un peu plus discrète.
L'autre tendance a pris son importance après le début des frappes militaires. Elle insiste au contraire sur les traits odieux de l'adversaire : sa laideur physique, miroir de sa laideur morale, sa couardise, sa cruauté, etc. L'idéal est de le montrer à la fois odieux et impuissant, dangereux , mais déjà vaincu. Pour exemple, cette stratégie s'est traduite par la diffusion des images télévisées de soldats défigurés, de cadavres calcinés, d'armes ennemies pulvérisées et d'objectifs civils démolis… C'est apparemment la tendance de la T.V irakienne, mais aussi de la T.V qatariote Al-Jazeera.
Du côté des Américains, la propagande s'est basée sur une désinformation systématisée qui n'a pas résisté aux arguments irakiens, jugés comme irréfutables par les professionnels des médias. La politique de cooptation des mass media, par le téléguidage des journalistes, choisis par l'armée pour accompagner les militaires “ embedding ”, s'est avérée déficiente. La frustration des journalistes des chaînes de T.V américaines et européennes, dans la base américaine à Qatar, atteste largement de cet échec sans précédent.
La guerre des images :
le serial mensonge
Apparemment, la guerre des images a basculé en faveur des Irakiens, à en juger par le cours des évènements survenus sur le champ de bataille : le premier épisode de cette guerre médiatique est, sans doute, la diffusion par la T.V officielle irakienne des images de soldats américains tués et défigurés. Mais également, les images des premiers prisonniers américains de cette guerre. Réaction immédiate des forces de la coalition : cette action enfreint la convention de Genève. Alors qu'en fait, ce sont tout de même les forces de la coalition qui avaient commencé les hostilités, en permettant à des chaînes américaines, soi-disant indépendantes, de passer les images de quelques prisonniers irakiens !
Le deuxième épisode de ce bras de fer avait été marqué par l'entrée en jeu de la chaîne de T.V qatariote Al-Jazeera, considérée par Washington comme étant pro-irakienne, suite aux déclarations des forces de la coalition sur la reddition d'une unité militaire près de Bassora. Quelques heures après, l'information tombe à l'eau. Le commandant en chef de l'unité en question passe sur Al-Jazeera récusant l'information avancée.
Le troisième épisode de la polémique a été déclenché suite aux déclarations d'un haut responsable militaire américain sur un “éventuel” soulèvement dans la ville de Bassora. Infirmation catégorique par le ministre de l'information irakien, dans une interview à Al-Jazeera : Bassora résiste toujours à l'ennemi.
Battus sur leur terrain de prédilection, l'information, les Etats-Unis avaient été décrédibilisées par la transparence et l'objectivité du système d'information irakien. Les images des hélicoptères de combat américains, diffusées par la T.V irakienne, avaient démasqué la désinformation américaine.
Le fiasco médiatique du maître…de la brutalité
La guerre médiatique ne s'est pas limitée à la propagande militaire. Bien plus, la bataille entre les chaînes de T.V a fait émerger un débat houleux sur la déontologie des médias. Après que la chaîne de T.V Al-Jazeera ait diffusé les images de quelques soldats américains défigurés, la coalition américano-britannique avait rejeté catégoriquement une telle action : montrer les cadavres de soldats morts à la T.V est une action immorale et illégale. C'est d'ailleurs l'avis de la majorité des chaînes de T.V, partout dans le monde. Pour aller dans ce sens, le président du conseil supérieur de l'audiovisuel, en France, Dominique Dobes a même critiqué l'action entreprise par Al-Jazeera, la qualifiant de totalement déplacée. Pourtant, la chaîne qatariote n'a pas changé de politique. Selon les responsables de Al-Jazeera, le rôle des médias est de rapporter les faits même s'ils sont parfois choquants. En d'autres termes, l'opinion publique internationale doit être au courant de l'injustice de la guerre contre l'Irak. Vraisemblablement, l'objectif non-déclaré de cette stratégie de propagande suppose que les peuples arabes puissent dépasser les réactions émotionnelles et cherchent à se soulever contre leur propres régimes politiques. En résumé, on est tenté de dire que contrairement à la guerre du golfe de 1991, la victoire médiatique a été, cette fois, du côté irakien. Alors que les forces de la coalition avaient misé sur la “rhétorique démonstrative”, le régime irakien s'est appuyé sur les “faits illustratifs” .L'entrée en jeu des chaînes de T.V arabes satellitaires en est un facteur déterminant. Du côté américain, la chaîne de T.V CNN a diffusé l'entrée triomphante de l'armée américaine dans la ville de Oum Kasr. Les images des soldats de la coalition distribuant de la nourriture aux enfants irakiens visaient principalement à propager l'idée d'une guerre de libération. Deux jours après, la chaîne de T.V Al-Jazeera passe les images choquantes des victimes irakiennes, suite aux frappes américaines contre un quartier résidentiel à Bagdad. Un véritable coup de théâtre. L'embarras des forces de la coalition était à peine camouflé, et l'indignation internationale était sans réserve : il s'agit d'une guerre injuste d'invasion et non de libération.
Mieux, quelques chaînes de T.V ont réussi à démasquer le double standard américain, en montrant un soldat américain remplaçant le drapeau irakien par le drapeau américain. Erreur monumentale qui traduit le fiasco médiatique des Etats-Unis, jugés maîtres incontestés de l'information. Seraient-ils en mesure de se ressaisir ? Possible. Mais, à condition qu'ils retiennent la leçon : s'il est vrai que l'information modifie les points de vue et les décisions de l'opinion publique, il apparaît que la désinformation ne fait que radicaliser les positions
et renforcer l'antipathie. Pour le cas spécifique de la guerre contre l'Irak, l'antiaméricanisme n'est pas près de diminuer. Bien au contraire, il ne fera qu'augmenter au fil des massacres perpétrés contre le peuple irakien. L'image de l'enfant irakien décapité, suite aux bombardements intensifs de la ville de Bassora, restera gravée à jamais dans les mémoires.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.