Données personnelles : le Maroc et le Portugal signent un mémorandum d'entente    Maroc-UE : 30 ans de partenariat stratégique    Transport aérien : un trafic record de plus de 3,1 millions de passagers en janvier    Banques : le besoin en liquidité s'allège en janvier    Maroc : 4 083 infractions enregistrées par le contrôle des marchés de ramadan    Industries manufacturières: Hausse de 0,3% de l'indice des prix à la production en janvier 2026    Choux de Bruxelles : record des exportations en 2025    Amical : Les Lionnes de l'Atlas peaufinent leurs entraînements avant d'affronter le Burkina    Santé : le ministère accélère la régularisation des dossiers administratifs    Tunamax à Berrechid, le plus grand projet thonier du Maroc    Israël bugge à nouveau sur la souveraineté marocaine sur le Sahara    Sahara : la Mauritanie réaffirme sa neutralité constructive    CDH-ONU : La situation des Sahraouis des camps de Tindouf au centre d'une réunion à Genève    Sahara: Mauritania reafirma su neutralidad constructiva    CDH-ONU: La situación de los saharauis en los campamentos de Tinduf en el centro de una reunión en Ginebra    Israel vuelve a tropezar con la soberanía marroquí sobre el Sahara    Les trois pays africains membres du Conseil de sécurité saluent la Table ronde des partenaires de la RCA à Casablanca    Digitalisation de la société civile : Baitas plaide pour une révolution du modèle de financement    CAN féminine 2026 : la liste du Maroc mêle joueuses expérimentées et talents émergents    Lekjaa : La CAN 2025 fera l'objet d'une évaluation complète lors d'une réunion spéciale    Transport aérien : Un trafic record de plus de 3,1 millions de passagers en janvier 2026    Collectivités territoriales : La « rente » locative dans le viseur de l'Intérieur, des élus sur la sellette    Remaniement partiel en France: Quatre nouveaux ministres font leur entrée au gouvernement    Gouvernement kabyle. Ferhat Mehenni chez les parlementaires canadiens    La visite de Friedrich Merz à Pékin ouvre une nouvelle phase des relations sino-allemandes et réaffirme l'attachement au multilatéralisme    Watford : Othmane Maamma forfait pour plusieurs semaines    Municipales en France : Fatna Lamir, candidate franco-marocaine et anti-Polisario    Fouzi Lekjaa préside la réunion de la FRMF sur le championnat et les dossiers internationaux    Maroc : Les pluies du début 2026 intensifiées par le changement climatique (étude)    Epson soutient les populations touchées par les inondations au Maroc avec l'Association Yallah Nete3awnou    Food Bladi, une immersion dans la gastronomie marocaine sur Medi1 TV    Zone euro : l'inflation retombe à 1,7% en janvier    Alerte météo : fortes rafales de vent avec tempête de sable ou de poussières de jeudi à vendredi    Souveraineté sanitaire : pourquoi seuls deux hôpitaux marocains peuvent-ils importer des cornées des Etats-Unis ?    Rabat. SM le Roi reçoit à Rabat plusieurs ambassadeurs étrangers    OICS : la coopération internationale pour le contrôle des drogues a bénéficié aux populations du monde entier    Espagne : Cristiano Ronaldo devient copropriétaire de l'UD Almeria    Ryanair : Nouvelle liaison entre Valence et Rabat pour l'été 2026    Foot : Double confrontation Maroc - Burkina Faso pour les Lionnes de l'Atlas    Fès: l'USMBA et le CNRST s'allient pour promouvoir la recherche scientifique    Lekjaa salue le bilan de Gianni Infantino à la tête de la FIFA    Christophe Leribault, nouveau président du musée du Louvre    L'Université Mohammed VI Polytechnique rejoint le réseau mondial APSIA    Nostalgia Lovers Festival revient pour une troisième édition au Vélodrome de Casablanca    Agadir mise sur la culture pour rythmer les Nuits du Ramadan    Le site historique de Chellah accueille Candlelight, la série de concerts immersifs qui réinvente la musique classique    FInAB 2026 : Cotonou au rythme des arts et de la création africaine    Edito. Capital humain    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le Cheikh Sidi Ahmed El Hiba : Un Sultan sans couronne
Publié dans La Gazette du Maroc le 31 - 07 - 2006

Fils du Cheikh Maâ El Ainaine, le chef mythique des tribus sahraouies et en particulier leur grande composante, celle des R'guibat, le Cheikh Sidi Ahmed El Hiba, né en 1875, a eu un parcours particulièrement agité.
Dans la foulée de la signature de le l'accord de Fès en1912 instituant le protectorat franco-espagnol au Maroc, il fut proclamé Sultan dans la région de Marrakech. S'ensuivra la bataille de Sidi Bouathmane et l'écrasement de ses forces par l'Armée française. Abandonné par ses partisans, il reviendra à Tiznit où son père est enterré.
Le Cheikh Sidi Ahmed El Hiba, fils du Cheikh Maâ El Ainaine est né à la fin du 19éme siècle. Plus précisément en 1875, aux tous débuts du règne du grand Sultan que fut Hassan 1er le dernier monarque marocain à avoir lutté de toutes ses forces contre les menaces de colonisation du Royaume Chérifien. Le Sultan dont on disait que son trône était sur son cheval et qui avait effectué un long périple, des régions du nord et du centre jusqu'au coeur du Sahara marocain menacé par l'invasion espagnole.
Le Cheikh Sidi Ahmed El Hiba est né dans la province de Saguiet El Hamra (Rio de Oro) et mourut à Tiznit en l'an 1919.
C'est dans la Zaouia de son père, construite à S'mara au début du 19éme siècle, qu'il a appris à lire et à écrire. Son père cheikh Maâ El Ainaine en fera son adjoint direct et lui délégua ses pouvoirs à tous les niveaux de ses multiples fonctions et responsabilités.
Grace aux relations qu'il a tissées avec toutes les tribus du Sahara, il créa un vaste réseau de connaissances composé des Chioukhs, des Oulémas et des notables. On raconte même qu'il entretenait des rapports réguliers et directs avec le Palais et notamment avec les fils et successeurs de Feu Hassan 1er, Moulay Abdelaziz (1894-1908) ainsi que son frère Moulay Hafid ( 1908-1912) qui le reçurent plusieurs fois respectivement à Marrakech et à Fès.
Contre l'acte de protectorat de 1912
Après la mort de son père en 1910, c'est tout naturellement que le Cheikh Ahmed El Hiba prit en charge la responsabilité de sa famille, de sa tribu et décide d'intensifier le Djihad contre toutes les formes de colonialisme.
Autour de lui, de nombreuses tribus du Sahara et de la région du Souss se sont unifiées sous l'étendard de la lutte contre les intimidations, les menaces et les visées colonialistes sur le Royaume.
C'est ce qui le poussera à former une véritable force de combattants. Mieux encore, il fut proclamé Emir du Djihad contre les Français dans cette région. Il reçut à ce titre, l'allégeance des populations. C'est en cette qualité qu'il fît une entrée triomphale dans la ville de Marrakech en 1912.
En effet, après la signature de l'acte du protectorat à Fès ( mars 1912), la situation allait se détériorer rapidement dans le pays. Les populations ne comprenaient pas comment le pouvoir approuvait un tel acte et de nombreux Oulémas, notables et Chioukhs de tribus du sud ont considéré que l'acte du Sultan Moulay Hafid et son entourage de Visirs ( ministres ) et de conseillers, était une grande trahison et un abandon pur et simple de la notion du Djihad chère aux Marocains du siècle dernier.
C'est dans ces conditions que le Cheikh Ahmed El Hiba va effectuer un long périple à partir de S'mara, qui le mènera jusqu'à la ville de Marrakech où il sera effectivement proclamé Sultan des musulmans et successeur désigné par la communauté, pour succéder au Sultan Moulay Hafid.
Proclamé Sultan à Marrakech
Le cheikh Mohamed Mokhtar Soussi souligne à cet égard dans l'un de ses livres que « les habitants, les oulémas et les notables de la région de Marrakech avaient fait tous leur allégeance à Cheikh El Hiba à l'exception du Pacha Thami El Glaoui et du futur Visir Lemnebhi ». A cette époque, ce duo jouait déjà le rôle d'agent à la solde de l'administration centrale française installée à Fès et des forces françaises d'occupation dont le plus important contingent était basé dans la zone de Casablanca.
El Glaoui et Lemnebhi n'avaient alors d'autres choix que de manœuvrer en faisant croire au Cheikh El Hiba, qu'ils étaient effectivement de son côté. En fait, ils n'attendaient que l'arrivée des forces françaises dépêchées de la capitale économique pour mater ce mouvement de rébellion El Hiba.
La bataille de Sidi Bouâthmane
C'est ce qui se passera effectivement dans la région de Sidi Bouâthmane, près de Marrakech, au cœur du pays R'hamna. Lorsque eut lieu la bataille décisive où l'équipement militaire sophistiqué de l'Armée française parvient rapidement à annihiler les forces d'El Hiba munis de leurs armes de fortune. Le Cheikh sera alors abandonné par l'écrasante majorité de ses partisans, contraints sous le feu des canons français, de rentrer chez eux dans le Souss et le Sahara. Le Cheikh décide alors de rentrer, en Sultan sans couronne dans la zone de Tiznit où se trouve la tombe de son père. Il y resta jusqu'à sa mort en 1919 à Kerdous, laissant sa succession à son frère Cheikh M'rabih Rabbou.
A partir de ses propres convictions et de son éducation, il oeuvra, sa vie durant, pour promouvoir le Djihad contre l'occupation étrangère et pour préserver les principes sacrées auxquels il a toujours cru. En premier lieu, la religion musulmane, l'unité et l'intégrité territoriale du Royaume et la continuité du Royaume Chérifien comme on l'appelait encore à cette époque.
Alem, Fquih, poète et Moujahid convaincu
Le Cheikh Ahmed El Hiba avait la particularité d'être, à la fois un alem, un théologique de grande érudition, un Fquih avisé, un poète inspiré et un Moujahid convaincu et tenace. Les Sahraouis, là où ils se trouvent sur le territoire marocain, gardent de lui l'image d'un homme pieux qui a constamment milité pour l'unité des tribus sahraouies, pour conforter leur marocanité et oeuvra inlassablement pour propager la culture et les sciences islamiques. Il refusait les comportements hypocrites, et s'opposa ouvertement à cette vielle tradition qui consiste à baiser la main des chefs de tribus, des notables, des Chioukh et des grands Oulémas.
A la fin de sa vie, il ne légua que quelques recueilles de poésie et des livres de sciences islamiques ainsi que de nombreuses œuvres manuscrites.
Traduit de l'arabe
par Omar El Anouari
Prochain article :
Ahmed Hajji El Ammouri
Le journaliste, le militant et le Pacha qui refusa de falsifier les élections


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.