Azzedine Lazrak, Directeur fondateur de Com'Sup «A la conquête de l'Afrique» L'enseignement privé marocain a atteint sa phase de maturité. Elle attire depuis plusieurs années des centaines d'étudiants sub-sahariens ; ce qui représente une forme d'exportation du savoir-faire du secteur et une contribution au rayonnement du Maroc par la formation. Aujourd'hui, cette formation a décidé de faire un pas de géant en allant s'implanter dans ces régions. L'Afrique est le prolongement naturel du Maroc. Notre école s'est associée avec deux autres établissements de renom que sont HEM et EMSI pour aller à la conquête du continent. Son premier port d'attache sera Dakar. Le projet a pris la forme d'une université libre avec les filières développées par les trois grandes écoles. Ainsi, Com'Sup qui est une référence en matière de communication assurera ce volet, alors que HEM s'occupera du management et de la finance. Tandis que EMSI, la plus grande école privée d'ingénieurs du Maroc, s'occupera de l'informatique, de l'électronique et des domaines connexes. L'objectif à moyen terme est de recevoir environs jusqu'à 300 étudiants, avec 80 étudiants à la rentrée prochaine. En effet, les premières classes débuteront en octobre 2006. L'équipe pédagogique est en train d'être constituée et le local est déjà aménagé. A terme, les trois entreprises pourraient créer un campus universitaire à la sortie de Dakar, non loin du site du prochain aéroport. Mais, pour le moment, elles veulent d'abord réussir cette expérience et rien n'est laissé au hasard pour ce faire. D'ailleurs, elles vont en partie s'appuyer sur les dizaines de Sénégalais qu'elles ont déjà formés notamment pour lancer leur première campagne de communication. Azzeddine Bennani Président du Groupe ESIG "Notre objectif a toujours été la qualité" L'objectif quantitatif de 2010 de former 500.000 étudiants dans les écoles privées peut être discutable au niveau des résultats à atteindre. Les systèmes d'enseignement se doivent être à l'écoute de leurs environnements et de répondre aux besoins précis. Les formations sur mesure ayant une approche par compétence fonctionnelle et sectorielle seront les plus adaptées pour armer les managers de demain. La qualité de l'enseignement doit être recherchée pour créer une plus value dans nos futures ressources humaines. L'objectif de 500.000 ne doit pas être une fin en tant que tel et surtout ne doit pas se faire au détriment de la qualité et du transfert d'apprentissage. À cela, il faut rajouter le manque de ressources professorales professionnalisées pouvant réduire l'écart entre le monde de l'enseignement et le monde du travail. Il devient impératif d'adapter nos Projets Pédagogiques aux nouvelles exigences de ce début de troisième millénaire où les nouvelles technologies envahissent notre quotidien et continuent d'influencer nos vies professionnelles, particulièrement nos méthodes de travail. Une remise en cause des méthodes de formation, de leur contenu et de l'articulation des programmes s'avère primordiale. Faycal Ghissassi, Président fondateur du Groupe HECI "Former 500.000 étudiants en 2010 suppose des incitations " Former 500.000 étudiants dans les établissements d'enseignement privé supérieur d'ici 2010 me paraît une tâche ardue, compte tenu de la lenteur qui caractérise les réformes. Il sera difficile de mettre en œuvre ce projet que nous appelons pourtant de tous nos vœux. Cependant, à l'aide des incitatifs fiscaux sous forme de crédit d'impôt aux parents qui inscrivent leurs enfants au privé, on peut espérer approcher cet objectif. Egalement, l'Etat a la possibilité d'apporter son assistance aux parents dont les moyens ne permettent pas aux enfants de poursuivre leurs études dans le cursus supérieur privé. Cette assistance peut être exprimée sous forme de garantie. Dans ce cas de figure, il s'agira de leur garantir des crédits à des taux très accessibles. Le secteur privé reste accessible à des étudiants qui ont les moyens financiers pour s'offrir une formation grande école. Pouvoir former 500.000 étudiants dans le secteur privé suppose aussi des incitatifs à l'investissement. Cela a été possible dans le tourisme, dans le textile… sous forme de contrat programme. Pourquoi ne serait-il pas dans notre domaine qui cherche à former l'élite marocaine de demain ? Regardez le développement prodigieux que connaissent les pays asiatiques. Leur secret réside dans l'investissement des jeunes qui aspirent à une formation de qualité. Par ailleurs, en ce qui concerne les textes d'application pour l'accréditation des diplômes, ma foi, ce n'est pas en 2010 que cette problématique sera réglée pour toutes les écoles privées. Les meilleures pourraient y arriver, cependant en 2010.