Justin Trudeau est dans de sales draps. Jody Wilson-Raybond, ex-ministre de la justice au Canada, qui a démissionné le 12 février, est sortie de son silence pour dénoncer la « pression» et les « menaces » qu'elle aurait subie, par Justin Trudeau et son entourage, pour intervenir dans une affaire de corruption visant une société canadienne géante. Les détails. Après trois semaines de silence, l'ex-ministre de la justice canadienne, Jody Wilson-Raybould a enfin décidé de témoigner devant le comité parlementaire de la justice, mercredi 27 février. Dans son témoignage, elle raconte avoir subi des «pressions constantes et soutenues» et des «menaces voilées» par plusieurs membres du gouvernement et à leur tête Justin Trudeau, son bureau et son entourage, ainsi que le ministre des Finances, Bill Morneau, pour intervenir dans l'affaire du géant canadien SNC-Lavalin, poursuivi pour corruption et lui éviter un procès criminel. « Entre septembre et décembre 2018, j'ai été la cible de pressions constantes et soutenues de la part de membres du gouvernement, cherchant à s'ingérer politiquement dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire de la poursuite, dans une tentative inappropriée pour que SCN-Lavalin obtienne un accord de réparation», a déclaré l'ex-procureure générale du Canada devant le comité de justice. L'ancienne ministre Jody Wilson-Raybould dénonce les pressions qu'elle a enduré pour éviter un procès pour fraude et corruption à #SNCLavalin Le point avec @MaBlaisMorin #polcan #RDI2460 pic.twitter.com/gpUaAMJ0vB — Anne-Marie Dussault (@AMarieDussault) February 28, 2019 Le géant SCN-Lavalin, qui emploie 9000 personnes au Canada, est accusé depuis 2015 de «corruption d'agents publics étrangers» et de «fraude» en Libye, à l'ère de Kadhafi, où elle a « versé 32 millions d'euros de pots-de-vin, entre 2001 et 2011, à des responsables libyens en échange de contrats ». L'ex-ministre de la justice explique lors de son témoignage, que le but de la pression et les menaces qu'elle a subi, étaient de la pousser à intervenir dans ce dossier auprès de la directrice des poursuites pénales, Kathleen Roussel, qui avait refusé le 4 septembre 2018 à ladite société un «accord de poursuite suspendue», qui lui éviterait une condamnation l'empêchant ainsi d'accéder à des contrats publics pendant 10 ans au Canada. Pour appuyer ses accusations, Mme Wilson-Raybould a affirmé devant le comité de justice que «ces événements impliquent 11 personnes» à savoir «le cabinet du premier ministre, du Conseil privé et du cabinet du ministre des Finances, cela inclut des conversations et des appels téléphoniques, des courriels et des messages textes». Coup dur pour Justin Trudeau Elle évoque alors le nom de Ben Chin, chef du cabinet du ministre des Finances Bill Morneau, qui «a écrit à Jessica Prince», sa chef de cabinet, l'informant que «si SNC-Lavalin n'obtient pas un accord de réparations, ils vont quitter Montréal, et il y a une élection au Québec maintenant, alors on ne peut pas laisser ça se produire». Mais pas que ! L'ex-procureure générale ajoute que Justin Trudeau en personne, a insisté, lors d'une rencontre le 17 septembre, sur «ses craintes de voir SNC-Lavalin être vendu et déménager à Londres», ajoutant que «plusieurs emplois seront perdus à Montréal, dont il est l'un des élus». Il lui aurait également demandé de «trouver une solution». Jody Wilson-Raybond a finalement conclut son témoignage devant les membres du comité en soulignant que «cet effort concerté d'ingérence politique n'était pas approprié». Coup dur pour Justin Trudeau, surtout que les élections législatives se tiennent dans moins de huit mois. Le Premier ministre de 48 ans, qui avait gagné une grande popularité au Canada, comme à l'international, a vu ses chiffres chuter. Dans un sondage réalisé à la mi-février, Andrew Scheer cartonne avec 36% d'intentions de vote contre 34% pour Justin Trudeau.