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Maroc : "Les jeunes et les femmes sont les premières victimes de chômage"
Publié dans Hespress le 06 - 02 - 2024

Les dernières statiques du haut-commissariat au plan (HCP) sur le chômage laissent peu de place à l'optimisme. En 2024, le taux est passé de 11,8% à 13% au niveau national, de 15,8% à 16,8% en milieu urbain et de 5,2% à 6,3% en milieu rural. Il reste plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (35,8%), les diplômés (19,7%) et les femmes (18,3%).
Le chômage fait toujours des victimes au Maroc. Le volume du sous-emploi est également affecté. Il est passé, durant la même période, de 972.000 à 1.043.000 personnes au niveau national, de 520.000 à 560.000 en milieu urbain et de 452.000 à 483.000 en milieu rural. Le taux de sous-emploi a ainsi augmenté de 9% à 9,8% au niveau national, de 8,1% à 8,7% en milieu urbain et de 10,4% à 11,6% en milieu rural.
Entre 2022 et 2023, le nombre de chômeurs a augmenté de 138.000 personnes, passant de 1.442.000 à 1.580.000 chômeurs, ce qui correspond à une hausse de 10%. Cette hausse ne laisse personne indifférent.
Les diplômés sont aussi concernés par cette hausse destructrice, le taux de chômage a enregistré une hausse de 1,1 point parmi les diplômés, passant de 18,6% à 19,7%, et de 0,7 point parmi les personnes n'ayant aucun diplôme, passant de 4,2% à 4,9%. Le taux de chômage a augmenté de 1,2 point parmi les hommes, passant de 10,3% à 11,5% et de 1,1 point parmi les femmes, de 17,2% à 18,3%.
Il s'agit d'un problème structurel
Dans le dessein de comprendre les tenants et les aboutissants de cette situation critique, Hespress FR a sollicité Ahmed Azirar, président de l'Association marocaine des économistes d'entreprise (AMEEN), qui nous a expliqué que « la situation actuelle du chômage au Maroc est profondément enracinée dans des facteurs structurels qui persistent depuis des décennies. Bien que la récente conjoncture liée à la pandémie de Covid-19 et l'aggravation de la sécheresse aient exacerbé le phénomène, il est crucial de reconnaître que le problème est bien plus profond et structurel ».
Selon l'expert, « une des principales raisons de cette situation réside dans la composition de l'économie, où les investissements de l'État se concentrent principalement sur des secteurs d'infrastructure qui génèrent peu d'emplois. De plus, le secteur agricole, souvent un pourvoyeur d'emplois, est lui-même affecté par la sécheresse, réduisant ainsi les opportunités de travail ».
Développant son analyse, le spécialiste nous dévoile que « bien que le secteur privé crée des emplois, ces derniers ne sont pas suffisants pour absorber la demande croissante sur le marché du travail. Les petites et moyennes entreprises, qui devraient être des moteurs de création d'emplois, rencontrent des obstacles organisationnels et structurels qui limitent leur capacité à développer leurs activités et à créer des emplois ».
Les femmes sont aussi concernées
Une conséquence majeure de cette situation est que « plus de 70% des emplois sont informels, ce qui signifie qu'ils ne sont ni durables ni de bonne qualité », nous informe Azirar notant que « les jeunes, en particulier, sont les premières victimes de ce phénomène, suivis de près par les femmes et les diplômés, qui se retrouvent également touchés de manière disproportionnée ».
La nature même du chômage au Maroc est significative, « il est principalement urbain, jeune, féminin et profondément lié à une économie qui peine à créer suffisamment d'emplois de qualité », décortique le spécialiste. De plus, « le fait que la majorité des chômeurs soient des diplômés souligne un écart entre les compétences acquises dans le système éducatif et les exigences du marché du travail », précise le président de l'AMEEN.
Cependant, il y a des signes encourageants de changement. « Des secteurs émergents tels que l'automobile, le numérique et les services offrent de nouvelles opportunités d'emploi. Pour saisir ces occasions, il est impératif de réformer le système de formation professionnelle et universitaire afin qu'il soit mieux aligné sur les besoins du marché du travail », indique Azirar.
En conclusion, « le chômage structurel au Maroc est un défi complexe qui nécessite une approche holistique. En s'attaquant aux problèmes sous-jacents de l'économie, de l'éducation et de la formation, nous pouvons espérer créer un avenir où chaque citoyen ait accès à des opportunités d'emploi dignes et durables », ajoute-t-il.
L'expérience fait défaut
Egalement joint par Hespress FR, Mehdi El Fakir, Expert-comptable et Economiste qui a apporté plus de précisions sur la catégorie d'âge la plus durement touchée par le fléau du chômage, les jeunes. « Cette réalité découle en grande partie de la nature même du chômage, qui affecte principalement la population active. Les jeunes, souvent dépourvus d'une expérience professionnelle substantielle, se retrouvent ainsi particulièrement vulnérables », se désole notre interlocuteur.
Lors des processus de recrutement, « les entreprises ont tendance à privilégier les candidats ayant déjà une certaine expérience, ce qui exclut souvent les jeunes diplômés ou les débutants. Cette situation crée un déséquilibre entre l'offre et la demande sur le marché du travail, car bien que ces jeunes aient suivi des études, celles-ci ne sont pas toujours en phase avec les besoins réels du marché », indique l'expert-comptable.
Inflation et Chômage, aucun rapport
En répondant à notre question qui concerne la liaison entre l'inflation et le chômage, le spécialiste nous a déclaré que « bien qu'ils puissent coexister, ils sont en réalité deux aspects distincts de l'économie. L'inflation affecte principalement le pouvoir d'achat des individus, tandis que le chômage a un impact direct sur la disponibilité d'emplois et le niveau d'activité économique ».
Pour atténuer les effets dévastateurs du chômage, il est impératif d'adopter une approche globale, « cela implique d'investir massivement dans l'éducation et la formation professionnelle afin de préparer les jeunes au marché du travail. Des réformes de l'enseignement supérieur sont déjà en cours pour adapter les programmes aux besoins réels de l'économie », assume l'économiste
« Il est également crucial d'activer les organismes et institutions comme l'ANAPEC pour offrir aux jeunes des opportunités d'emploi et de formation. Bien que des efforts aient été déployés par le gouvernement pour encourager l'emploi des jeunes, ces mesures ne suffisent pas à régler le problème de manière durable », réitère-t-il.
Il est donc nécessaire de transformer en profondeur l'économie marocaine en la rendant plus dynamique et absorbante. « Cela passe par la mise en place de chantiers structurants et de politiques économiques favorables à la création d'emplois. Seul un engagement continu et coordonné de tous les acteurs, du gouvernement aux entreprises en passant par la société civile, permettra de relever ce défi majeur et d'offrir un avenir meilleur aux jeunes générations », conclut notre intervenant.


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