L'Audience nationale espagnole a récemment confirmé la décision du secrétaire d'Etat à la sécurité, d'expulser du territoire national, et d »en interdire l'entrée pendant dix ans, à une femme d'origine marocaine accusée d'appartenir à une cellule djihadiste qui envoyait des combattants en Syrie et en Irak. Selon le site espagnol El Confidencial, la femme, née au Maroc et résidente en Espagne depuis 1999 puis résidente permanente depuis 2014, recrutait et facilitait le déplacement des islamistes radicaux qui ont rejoint Daech en Syrie et en Irak. Elle avait été d'ailleurs arrêtée pour cela en avril 2015, lors d'une opération contre une cellule jihadiste qui opérait dans la province de Barcelone. Elle avait été épargnée par la justice espagnole de la paille de la prison mais pour autant elle est restée sous le guet de la police et justice espagnole qui ne l'ont pas ratée par la suite. En effet en 2019, le Commissariat général à l'information, qui est l' unité de la police nationale dédiée à la détection et à la surveillance des activités terroristes, l'avait dénoncée dans le cadre du « contrôle, de la surveillance et, le cas échéant, de l'arrestation des individus dont les activités en Espagne encouragent, facilitent ou promeuvent le terrorisme ou participent, de quelque manière ou sous quelque forme que ce soit, à des activités qui sont contraires à la sécurité nationale ou la mettent en danger ou sont contraires aux intérêts de l'Espagne ». Face à cette plainte, le secrétaire d'État à la Sécurité a ouvert une procédure administrative d'expulsion du territoire national qui s'est conclue en octobre 2019 par une résolution décrétant son expulsion du territoire espagnol avec l'interdiction consécutive d'entrée en Espagne pour une période de dix ans. Mais bien plus que cela ce qui a motivé le secrétariat d'État à la Sécurité c'est que la mise en cause, était également connue des renseignements en France qui la classaient comme « une personne appartenant à un groupe terroriste situé en Catalogne susceptible de se déplacer en Europe et/ou sur le territoire français ». Dès lors elle fut interdite d'entrée en France jusqu'à 2055, et d'y séjourner jusqu'à 2057, outre évidemment les dommages collatéraux comme le blocage de ses finances afin qu'elle ne puisse soutenir aucun groupe jihadiste. Cette décision a même joué sur la requête déposée par sa défense en 2019 pour contester son expulsion. Les magistrats de l'Audiencia Nacional ne l'ont malheureusement pour elle pas entendu ainsi et le recours fut du coup rejeté par Chambre des Litiges. Les juges n'ont pas tenu compte non plus des arguments du mariage ou celui d'être tombée enceinte, comme des raisons de ne pas être expulsée d'Espagne. L'intérieur ayant souligné quant à cela que la mise en cause avait peu d'enracinement dans en Espagne, permettant ainsi à l'Audience nationale de considérer que tous ces arguments de vie privée et familiale ne sont pas contraignants, pour des raisons de proportionnalité, « devant l'impérieuse nécessité de protéger la sécurité publique ».