Le Maroc opte dans le traitement de la question de la migration pour une gestion maîtrisée à travers une approche basée sur les dimensions de la sécurité, des droits de l'Homme et du développement, a réaffirmé le Représentant Permanent du Maroc auprès de l'UA et la CEA, Mohammed Arrouchi devant une réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine tenue en marge du sommet de Nouakchott. Le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine doit se décider de l'action idoine à suivre pour surmonter les défis que pose la question de la migration à travers la mise en place d'une stratégie commune de gestion de la migration associant à la fois les pays d'origine, de transit et de destination, a souligné Arrouchi. Arrouchi qui s'est basé à cet effet sur la vision de SM le Roi Mohammed VI, Leader de l'Union africaine sur la question de la migration, a insisté sur l'impératif d'agir à travers la mise en place de cette stratégie commune de gestion de la migration. "Il est en effet impératif d'agir à travers la mise en place d'une stratégie commune de gestion de la migration associant à la fois les pays d'origine, de transit et de destination, en vue de trouver des solutions équilibrées qui tiennent compte des intérêts des pays concernés par ce phénomène", a dit le Représentant Permanent du Maroc auprès de l'UA et la CEA qui conduit la délégation marocaine à cette réunion. L'Agenda africain de la Migration, élaboré de concert avec nos partenaires africains, a-t-il noté, se décline selon quatre axes fondamentaux en l'occurrence la mise en place de politiques migratoires nationales efficaces, une coordination régionale efficiente, une perspective continentale pertinente et un partenariat international mutuellement bénéfique. Afin de doter le continent d'une meilleure gouvernance de la problématique migratoire, le CPS a adopté la proposition contenue dans l'Agenda africain sur la migration relative à la mise en place d'un observatoire africain de la migration pour répondre aux besoins réel et pressant de l'Afrique de générer une meilleure connaissance, compréhension et maitrise du phénomène migratoire, a indiqué le Représentant Permanent du Maroc auprès de l'UA et la CEA. L'Agenda a également proposé la création du poste d'envoyé spécial de l'UA chargé de coordonner les politiques africaines sur la migration, a-t-il rappelé. L'observatoire sera l'outil et l'instrument efficace de l'Afrique en vue de mettre en place un système d'interconnexion de partage d'informations entre les sous-régions et différents pays africains et permettra, in fine, à prévenir et répondre aux défis sécuritaires liés à la migration dans le continent, a souligné Arrouchi. “Relever les défis sécuritaires et migratoires auxquels nous sommes confrontés en tant qu'Etats et peuples liés par une communauté de destin, permettront de faire de notre continent un espace géographique solidaire, pacifique et intégré, où tous les citoyens jouissent de leurs droits, une Afrique qui prend son destin en main et contribue à la confection de son avenir qu'elle veut florissant, stable et sécurisé pour ses peuples et pour ses générations futures, a-t-il relevé. A la fin de l'année 2015, environ 12 millions de personnes étaient en situation de déplacement interne en Afrique suite aux nombreux conflits que connaît le continent, a indiqué Arrouchi, notant que la migration est devenue un problème majeure au 21eme siècle et pose outre les problèmes sociaux, économiques et politiques, un véritable défi sécuritaire aux décideurs engagés dans la gestions des migrations. Certes la migration, en soi, ne peut être une menace à la sécurité, mais plutôt un grand défi, qu'il faudra relever grâce à une action commune orientée vers le redressement des facteurs qui la sous-tendent, a-t-il noté.