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Entretien avec Mohamed Bouda, PDG du Groupe CTM : «La marge, plus que le chiffre d'affaires…»
Publié dans Finances news le 30 - 03 - 2006

* La hausse du gasoil et l'effort de provisionnement impactent les résultats 2005.
* L'activité Messagerie sur un trend haussier.
* Diverses actions initiées par le management pour la mise à niveau du parc autocars.
Finances News Hebdo : Quelles appréciations faites-vous des résultats réalisés par CTM au titre de l'exercice 2005 ?
Mohamed Bouda : L'exercice 2005 est un exercice qui tranche avec les années précédentes, parce qu'il y a un certain nombre de facteurs endogènes et exogènes qui ont impacté notre activité.
L'activité transport de voyageurs a, au même titre que les années précédentes, subi un ralentissement, avec notamment une stagnation du chiffre d'affaires. Mais nous avons toujours une clientèle CTM fidèle que nous tentons de développer, et ce malgré les difficultés que l'on rencontre dans ce secteur.
Vous savez, la CTM a un passé historique (privatisation, restructuration dans les années 90…) qui justifie que nous sommes aujourd'hui dans une étape charnière où nous finalisons tout le travail qui a été fait par nos prédécesseurs. Ce travail nous permet d'être en phase avec les données beaucoup plus contraignantes d'un marché au sein duquel il ne faut plus sous-estimer personne. Le secteur du transport voyageurs est en effet complexe, désorganisé et miné par l'informel. Si on connaît le nombre d'agréments et d'autocars, il n'y a par contre actuellement aucune statistique fiable qui permet de nous éclairer sur la situation du secteur et son évolution.
Raison pour laquelle nous avons procédé à une remise à niveau des fondamentaux de fonctionnement de ce segment d'activité afin de pouvoir davantage le développer, en référence aux standards étrangers.
Aussi sommes-nous convaincus que le chiffre d'affaires va s'inscrire sur un trend haussier, d'autant que dès 2007 nous allons étoffer notre offre commerciale, en sachant toutefois que l'impact et le résultat de toute action commerciale seront ressentis plusieurs mois après. D'ores et déjà, différentes initiatives ont été prises, notamment le réaménagement de certaines lignes (lignes directes Casablanca-Marrakech et Casablanca-Fès). Certes, ces lignes ne dégagent pas pour l'instant des marges importantes, compte tenu de la concurrence que nous subissons de la part du transport par train, mais elles seront très rentables à l'avenir. Nous tablons ainsi sur une croissance raisonnable du CA de 5 à 6% par an, doublée d'une maîtrise de la qualité afin d'assurer un développement durable.
Au niveau des filiales, la Messagerie a enregistré une croissance du chiffre d'affaires de l'ordre de 7%, tandis que CTM Tourisme, qui regroupait la billetterie, la navette aéroport et le transport touristique, a subi une restructuration dès ma prise de fonction. Ainsi, l'activité billetterie, qui n'entrait pas dans notre cœur de métier, ainsi que la navette aéroport, que nous avons jugée non rentable, ont été supprimées.
Aujourd'hui, CTM Tourisme, pour lequel nous utilisons les potentialités du marché pour se développer, se résume au transport touristique, c'est-à-dire la location d'autocars, métier qui sera probablement réintégré dans CTM SA. Il s'agit, à travers cette démarche, de garder une homogénéité du chiffre d'affaires par rapport à la saisonnalité de certaines activités. A ce niveau, le volume du parc et l'importance de la société font que le capital confiance est là, d'autant que nous sommes en mesure de répondre à des besoins ponctuels importants, contrairement à d'autres sociétés.
En ce qui concerne le transport de personnel, l'activité est également en stagnation, voire non rentable. Nous sommes donc en train de la supprimer progressivement, au fur et à mesure des échéances des contrats signés avec nos partenaires. C'est un choix stratégique non seulement parce que c'est un métier à part entière qui ne présente pas de synergie avec l'activité CTM, mais également parce que nous ne voulons pas nous disperser.
Notre activité en 2005 a été également grevée par des facteurs exogènes, notamment la hausse du prix du gasoil de 17%, dont l'impact sur les charges d'exploitation s'est élevé à 4 MDH.
Nous avons aussi procédé à un assainissement des comptes (effort de provisionnement) qui entre dans le cadre de mesures prudentielles mises en place pour être en conformité avec les normes de gestion en vigueur.
Bien entendu, tous ces éléments ont affecté les résultats du Groupe. C'est un impact ponctuel qui se limitera à l'exercice 2005, car les prochains exercices seront meilleurs.
Néanmoins, les fondamentaux de la société sont bons, avec une configuration du bilan qui est rassurante, notamment en termes d'endettement et de rentabilité.
F. N. H. : Est-ce que les restructurations que vous avez initiées s'accompagnent de suppressions d'emplois ou simplement d'un redéploiement du personnel ?
M. B. : Pas particulièrement. Nous avons un plan de redéploiement du personnel, que ce soit en terme d'effectif ou de compétence, qui permet de minimiser les départs. En cela, étant donné le nombre important d'intérimaires que nous employons, nous avons toujours la possibilité de procéder à une substitution pour remplacer un poste «intérimaire» par un poste permanent.
C'est un mouvement que nous avons déjà initié et qui permet un redéploiement des ressources humaines tout en évitant la mise en place d'un plan social.
Néanmoins, et à l'instar de toutes les sociétés, même celles qui sont en bonne santé financière, le renouvellement des compétences s'inscrit dans l'ordre normal des choses et reste quand même un facteur important de développement.
F. N. H. : Est-ce que vous comptez, à court ou moyen terme, donner la priorité à d'autres activités comme la messagerie par exemple qui s'est bien comportée en 2005 ?
M. B. : Absolument. La messagerie, telle qu'elle se décline actuellement, est un vecteur important de développement, qui a connu néanmoins beaucoup de soubresauts du fait que c'est une activité relativement nouvelle au Maroc en général, et au niveau de la CTM en particulier. Mais elle s'est développée depuis un certain temps puisqu'elle bénéficie du réseau de la CTM, de son expertise et plus globalement de la synergie intra-groupe.
Les systèmes d'information mis en place au sein de la compagnie ont tout autant favorisé l'essor de cette activité.
Il faut signaler, à ce titre, que nous avons procédé à la refonte totale des systèmes d'information qui a permis d'avoir des logiciels très performants, tant au niveau de l'exploitation du transport voyageurs qu'au niveau de la messagerie. Des logiciels qui sont en phase de migration pour les faire évoluer vers des systèmes encore plus performants, facilitant ainsi l'exploitation. Autrement dit, ils permettent, entre autres, de gérer tout l'aspect technique en temps réel, notamment la gestion des stocks, l'entretien, les approvisionnements, etc.
Au niveau de la messagerie, le système Elit, dont la mise en place de la nouvelle version va être finalisée d'ici fin mai, permettra d'améliorer encore plus la traçabilité des produits.
Par conséquent, nous prévoyons, pour 2006, une progression de l'ordre de 15% du chiffre d'affaires. C'est une activité qui devrait progresser de 10 à 15% par an sur les trois prochaines années.
Ceci étant, quelle que soit l'activité, nous travaillons davantage sur la marge que sur le chiffre d'affaires, car c'est la rentabilité qui prime avant tout. Concilier les deux serait quand même l'idéal.
F. N. H. : Pour une société cotée en Bourse, la CTM communique très peu. Qu'est-ce qui motive un tel choix et pensez-vous initier une stratégie de communication financière plus agressive ?
M. B. : Nous communiquons quand cela s'avère nécessaire. Il faut une communication d'envergure et de manière efficace. Nous avons plusieurs thèmes sur lesquels nous travaillons, et quand nous serons prêts, peut-être courant 2006, nous allons initier une communication ciblée et surtout étalée dans le temps.
F. N. H. : Quelles sont les perspectives de la société à moyen terme ?
M. B. : En 2006, le résultat d'exploitation qui s'est établi à -7 MDH en 2005, ira dans le sens de rassurer notre actionnariat et sera positif. Et pour les trois années à venir, nous tablons sur une progression moyenne du chiffre d'affaires de 15% par an pour la messagerie et 5 à 6% pour le transport voyageurs.
Pour le tourisme, nous mettrons en place d'ici fin juin un plan de travail parce que c'est un axe de développement très intéressant, au regard notamment de la Vision 2010 arrêtée par les autorités. D'autres pistes de développement, comme notamment la logistique, pourraient également être exploitées.
Le transport international de voyageurs aussi, qui a connu un taux de progression de 7%, est un créneau qui présente un potentiel de croissance intéressant, même si les marges ne sont pas si importantes.


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