Diplomatie parlementaire : le Maroc prend les rênes des Sénats africains    Législatives 2026 : Benkirane veut cohabiter avec le «contrôle de l'Etat» et la «rente»    Des migrants marocains parmi les 25 expulsés des Etats-Unis accueillis au Costa Rica    Conseil des ministres : 210 milliards de DH pour refonder le développement territorial    Parlement : le bilan de l'action gouvernementale prévu ce mercredi    Conseil de la paix : Des dirigeants palestiniens saluent l'importance de l'engagement précoce du Maroc    Faux SMS d'amendes routières : la NARSA alerte sur une tentative d'arnaque    Pêche: Plus de 3 MMDH de produits commercialisés à fin mars    Pétrole : le WTI franchit les 100 $ après le blocus du détroit d'Ormuz    Le Maroc sélectionné pour le programme Food for Progress de l'USDA en 2026    «Réinventons-nous !», le plaidoyer de Jamal Belahrach pour un leadership «authentique et patriote»    Mutations immobilières : Laftit et Fettah sonnent la fin des passe-droits    Chiccorner lance la marque WYCON Cosmetics au Maroc    GMT+1 : la fronde citoyenne peut-elle changer les choses ?    Meurtre d'un prêtre à Algésiras : Kanjaa jugé irresponsable, internement confirmé    Djibouti : Ismaïl Omar Guelleh rempile    Le Liban dit œuvrer pour un retrait israélien total de son territoire    Le pétrole rebondit au-delà de 100$ après l'annonce du blocus des ports iraniens    El Khannous scores stunner as Stuttgart move into third place    CAN féminine 2026 : les sélections africaines intensifient leur préparation    Arrestation à l'aéroport Mohammed V d'un Britannique recherché pour trafic de drogue    Marruecos: Para el PJD, el aumento de los combustibles es «comprensible»    Legislative Elections 2026: Benkirane seeks to coexist with «state control»    Atteintes à l'environnement : l'ANEF contribue aux travaux du CESE pour une chaîne intégrée    Le Moambe, le plat congolais qui révèle toute l'Afrique    De l'instant spontané à la reconnaissance officielle... L'histoire complète d'Ayoub Fadil..originaire d'Essaouira qui a conquis le cœur des Chinois    Le temps qu'il fera ce lundi 13 avril 2026    Les températures attendues ce lundi 13 avril 2026    FEMUA 18 : Abidjan lance une édition sous le signe de l'IA    Moulay Youssef Elkahfaï explore l'âme humaine à Marrakech    Hongrie : Le parti d'opposition "TISZA" remporte les élections législatives    Bundesliga : Bilal El Khannous contribue à la victoire précieuse du VfB Stuttgart face à Hambourg    Trump annonce un blocus du détroit d'Ormuz avec effet immédiat    Des diplomates français attendus à Laâyoune pour évaluer les opérations de la MINURSO    Racisme en Liga : l'affaire Omar Hilali relance l'alerte dans les stades espagnols    Tennis: duel au sommet entre Alcaraz et Sinner en finale à Monte-Carlo    Neil El Aynaoui suivi en Bundesliga, un départ de la Roma envisagé    De l'arrogance à la frustration : Edouard Mendy ne digère pas le sacre du Maroc    Changement du mandat de la MINURSO : Après l'Algérie, le Polisario intensifie son lobbying    Le Maroc pourrait accueillir un match officiel de la Liga espagnole    Tétouan, une médina séculaire porteuse de l'héritage d'Al-Andalus    Archives au Maroc : le temps d'un basculement stratégique    Cannes : «La Más Dulce» de Laïla Marrakchi retenu dans Un certain regard    Cinéma : Sami Fekkak, de la finance aux plateaux de tournage [Portrait]    Présidentielle. Les Djiboutiens aux urnes    FLAM 2026 à Marrakech : la littérature africaine convoque l'imaginaire pour penser les crises du monde    Un étudiant marocain sauve une femme en Chine et salué comme un héros    La Mimouna... une mémoire vivante du vivre-ensemble marocain qui se renouvelle chaque année    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Quand les privatisations dopent l’économie
Publié dans Finances news le 15 - 12 - 2005

La contribution des recettes de la privatisation au Budget général de l’Etat sur la période 1993-2003 a été en moyenne
de 5,8% des recettes ordinaires. Le processus de privatisation, depuis son lancement en 1993, a permis au Royaume
de drainer des investissements extérieurs particulièrement importants vers les secteurs industriels, financiers,
des télécommunications, du tourisme et de l’énergie..
Dès l’annonce du programme de privatisation en 1989 et son lancement effectif en 1993, trois temps forts ont marqué son histoire au Maroc.
De 1982 à 1992 : cette période a été marquée par la mise en place du cadre juridique et des structures avec la promulgation de la loi
n° 39-89.
La seconde phase est celle pendant laquelle les succès importaient énormément pour la poursuite du programme. Ce programme a en effet débuté avec la privatisation de la Soder (Société des dérivés du sucre) avant d’atteindre sa vitesse de croisière avec 13 privatisations par an.
La troisième phase est celle de la maturation du programme et la privatisation des monopoles.
Comme l’a annoncé
Mustapha Kassi, chargé des structures opérationnelles II et de la privatisation, «la réussite du programme de privatisation a encouragé le gouvernement à le prolonger avec l’inscription périodique de nouvelles entreprises privatisables».
L’enjeu, en fait, consiste à s’appuyer sur un vaste projet de libéralisation du champ économique et l’abolissement graduel des monopoles, même si ceux-ci sont le fait de l’État. C’est en fait le cas des secteurs du tabac et des télécommunications.
Des retombées relativement satisfaisantes
Selon les responsables, la privatisation s’est traduite par une nette augmentation des résultats des entreprises concernées qui ont été multipliés par 5. Hormis l’impact de la privatisation sur l’entreprise en question, il est à noter que d’autres bénéfices d’ordre macroéconomique sont à relever.
Sur le plan des finances publiques, la contribution des recettes de la privatisation au Budget général de l’Etat sur la période 1993-2003 a été en moyenne de 5,8% des recettes ordinaires (hors privatisations), avec des pics de 24,5% en 2001 et 13,8% en 2003.
Les secteurs touchés par la privatisation ont été aussi le champ d’actions préalables de restructurations pour la préparation des entreprises à la libre concurrence.
La privatisation va de pair avec le démantèlement des monopoles et l’ouverture du marché à de nouveaux opérateurs.
Les démonopolisations les plus significatives ont concerné les secteurs financiers, des télécommunications, du tabac et du pétrole.
Sur le plan des investissements directs étrangers (IDE), le processus de privatisation, depuis son lancement en 1993, a permis au Royaume de drainer des investissements extérieurs particulièrement importants vers les secteurs industriels, financiers, des télécommunications, du tourisme et de l’énergie.
Cette évolution remarquable a permis au Maroc de passer en 2003 du 4ème au 1er rang parmi les pays arabes destinataires d’IDE. Sur le continent africain, le Maroc s’est positionné au 3ème rang.
Les privatisations ont incontestablement raffermi l’intérêt que portent les investisseurs étrangers à l’économie marocaine, puisque leur rapport a atteint 63 milliards de dirhams à fin septembre 2005.
La répartition sectorielle de ces investissements montre que les télécommunications ont attiré la part la plus importante des recettes, essentiellement durant la période 2001-2005, avec un volume d’investissement cumulé représentant environ 65% des IDE. L’industrie a été affranchie avec un volume important, comme en témoigne le nombre d’opérations de privatisation réalisées : SONASID (sidérurgie), CIOR (ciment) et la Régie des tabacs qui a représenté à elle seule 77% des IDE drainés par ce secteur en 2003. Le secteur financier a connu sur la période 1994-1997 des opérations de privatisation importantes qui ont concerné des institutions bancaires telles que BMCE Bank et des sociétés holding (SNI) qui ont drainé 55% des IDE. Le secteur des services a connu un important flux d’IDE grâce à la privatisation d’entreprises hôtelières et de transport, comme les hôtels Dunes d’Or et Malabata qui ont été cédés à des groupes internationaux. Le secteur de l’énergie, des mines et du pétrole, avec des opérations telles que celles portant sur la Samir et la Société Chérifienne des Pétroles (SCP), a attiré 29% du total des IDE durant la période 1996-1998.
Ainsi, sur les 70 unités privatisées, 20 sociétés et 6 hôtels ont été totalement ou partiellement cédés à des investisseurs étrangers, représentant 82% de la recette globale de la privatisation.
Des groupes étrangers de renom ont investi dans les opérations de privatisation, notamment Vivendi Universal, Altadis, Holderbank, Dragofina, Corral, Renault, Total, Fram…
Dans le même sens, des investisseurs connus des places financières internationales ont pris des participations dans ces opérations (Samba Finance, Morgan Stanley, Fonds Koweitien, Banque Pictet, Framlington Maghreb Fund, BNP-Paribas et Merrill
Lynch…).
Quid du marché financier ?
Le processus de privatisation a contribué à redynamiser la Bourse de Casablanca. La privatisation se veut comme un facteur de relance de la place casablancaise. Depuis 1989, année coïncidant avec la première privatisation par le marché, la capitalisation boursière a été multipliée par 48, passant de 5 milliards de DH à 240 milliards de DH en septembre 2005.
La capitalisation boursière des sociétés privatisées, en septembre 2005, représente 53% de la capitalisation de la Bourse de Casablanca. On remarque ainsi une forte corrélation entre l’amélioration des indicateurs boursiers et le rythme des privatisations.
A noter que 16% des recettes de la privatisation ont été réalisés par des opérations de cession en Bourse. Ces introductions ont amélioré la liquidité et la profondeur du marché financier, créant des conditions attrayantes pour les investisseurs et favorisant le développement de professions et d’activités nouvelles (banques d’affaires, OPCVM, sociétés de Bourse…).
Sur le plan du renforcement de l’actionnariat populaire, la participation du public et des salariés aux opérations de privatisation, notamment celles faisant l’objet d’appel public à l’épargne, sont aussi un motif de fierté. Les privatisations suscitent toujours l’engouement du public qui sur-souscrit plusieurs fois les titres mis en vente.
La privatisation est assurément un des mécanismes de modernisation durable de l’économie. Elle permet ainsi à l’Etat de se concentrer sur les secteurs les plus stratégiques.
Le portefeuille actuel de l’Etat englobe des entreprises et établissements opérant dans divers secteurs de l’économie : l’extraction et la valorisation des phosphates, la production et la distribution d’électricité, le traitement et la distribution d’eau potable, la construction, les transports, les services de la poste et les services financiers.
C’est dire l’important potentiel de privatisations qui reste à engager.
Toutefois, bien que les répercussions paraissent a priori alléchantes, il n’en demeure pas moins que les retombées n’ont pas été au rendez-vous comme le prétendent certains responsables. Si on prend le taux de croissance économique actuel, on remarque nettement qu’il est fortement dépendant des aléas climatiques et sujet aux fluctuations internationales. A côté de son insuffisance à assurer un rythme important de création d’emplois, il demeure très volatile. Pis encore, l’Initiative nationale de développement humain est un signe avant-coureur que le social reste le parent pauvre de la politique économique nationale.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.