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Dette publique
Publié dans Finances news le 02 - 06 - 2005

Quelques résultats notables sont à mettre à l’actif de la gestion de l’endettement public. La gestion active de la dette extérieure aura été pour beaucoup dans l’allègement du fardeau. Ce processus s’est même relativement conforté en 2004, puisque les dettes directes du Trésor et de garantie avaient accusé une baisse spectaculaire, faisant passer l’encours de 186,7 Mds de DH en 1997 à 115,02 Mds de DH à la fin de l’année écoulée. Reste que cette réduction du seuil d’endettement extérieur aura été contrebalancée par une progression soutenue de celui de l’intérieur. Ce qui pourrait fort bien gêner la capacité à supporter le déficit du Trésor.
Bien que peinant toujours à virer au vert, les indicateurs de l’endettement public se sont sensiblement améliorés. Les derniers chiffres rendus publics en la matière font état d’une dette extérieure du Maroc qui a été réduite de moitié en sept ans, en tombant à seulement 11 milliards d'euros. Le poids de la dette extérieure consolidée (dette directe du Trésor et dette de garantie) avait accusé une baisse spectaculaire, faisant passer l’encours de 186,7 Mds de DH en 1997 à 115,02 Mds de DH à la fin de l’année écoulée. Sa part dans le PIB a été amenée à 26% en 2004 contre, tout de même, 58,5% en 1997. Mais, si cette tendance a été enclenchée dès la seconde moitié de la décennie écoulée, il faut dire que cette inflexion s’est peu ou prou confortée en 2004, puisque le processus de diminution du stock de la dette extérieure publique s’est poursuivi en 2004 avec une nouvelle baisse de 9%, le ramenant de 126 Mds de DH à la fin de 2003 à 115 Mds de DH à la fin de 2004. A l’origine de cette évolution, explique t-on du côté du ministère des Finances, il y a de toute évidence «les flux nets négatifs d’endettement extérieur (tirages –amortissements) et l’impact de la dépréciation du Dollar américain par rapport au Dirham».
Ainsi, le taux d’endettement extérieur a été ramené de 30,1% à 26,1% du PIB entre 2003 et 2004, soit une réduction de 4 points du PIB et le taux par rapport aux recettes courantes de la balance des paiements est revenu de 70 à 61% d’une fin d’année à l’autre. Les charges de la dette extérieure en amortissements et intérêts réglés en 2004 se sont élevées à 22,9 Mds de DH contre 29,8 Mds de DH en 2003, soit une baisse de 8,9 Mds de DH.
Rapportées aux recettes courantes de la balance des paiements, ces charges ont enregistré une baisse de 4,4 points, s’établissant en 2004 à 12,1% des recettes courantes.
Les remboursements en principal se sont établis à 18,4 Mds de DH contre 24,4 Mds de DH en 2003, soit une baisse de 6 Mds de DH. Cette diminution d’une année à l’autre est le résultat de la baisse des remboursements au titre de la dette du Trésor qui s’explique principalement par les opérations exceptionnelles enregistrées en 2003, à savoir le remboursement du crédit syndiqué de 200 millions de dollars contracté en 1998 et le remboursement par anticipation d’un montant de 417 millions de dollars au titre de la dette onéreuse.
Les charges en intérêts réglées en 2004 se sont élevées à 4,5 Mds de DH contre 5,4 Mds de DH en 2003 et 9,2 Mds de DH en 2000. Cette diminution progressive est le résultat conjugué de la baisse continue du stock de la dette, des opérations de conversion et de refinancement des dettes onéreuses, ainsi que de la baisse des taux d’intérêt sur le marché financier international, notamment le Libor.
L’année 2004 a été également marquée par la poursuite des efforts de gestion active de la dette extérieure publique. En effet, les réalisations enregistrées à ce titre au cours de cette année ont porté sur un montant global de 182,5 millions de dollars. De ce fait, le montant des dettes ainsi traités par le Trésor, depuis 1996, s’élève à environ 4,6 milliards de dollars. Ces actions se sont traduites par une réduction du stock de la dette du Trésor de 1,2 milliard de dollars et une économie au titre des charges en intérêts de 100 millions de dollars en moyenne par an sur les 4 dernières années.
L’endettement extérieur en baisse
Par débiteur, le Trésor demeure le principal emprunteur avec 70,5 milliards DH. Cette part du Trésor dans le total de la dette extérieure publique a enregistré une baisse continue, d’une année à l’autre, en s’établissant à 61% en 2004 contre 65% en 2002 et 70% en 1999. Cette tendance baissière s’explique par le fait que la dette directe en valeur a connu, durant cette période, une diminution (-11% en moyenne par an) plus importante que celle des établissements publics (-3%), et ce en raison de l’importance des amortissements eu égard aux montants des tirages et des opérations de gestion active de la dette. Cette évolution s’est reflétée au niveau des indicateurs.
Ainsi, le taux d’endettement extérieur du Trésor s’est réduit de plus de la moitié sur les 4 dernières années pour s’établir en 2004 à 15,9% du PIB, alors que celui de la dette de garantie n’a diminué que du tiers, s’établissant à 10,0%.
Autres faits marquants : il a été procédé également en 2004 à la préparation des visites annuelles des agences de notation Standard & Poor’s et Moody’s pour la révision de la notation du Maroc. Ces visites ont abouti à l’amélioration des perspectives de notation du pays de «stables» à «positives». A cet égard, la perception des investisseurs pour le «crédit Maroc» s’est améliorée sensiblement. En effet, la dette marocaine traitée sur le marché secondaire a connu une performance remarquable au cours de ces dernières années.
Persistance de disparités
Mais de telles avancées cachent pourtant bien des disparités. Et pour cause, cette réduction de la dette extérieure a été bien plus importante que l'augmentation de la dette intérieure. Force, en effet, est de constater que cette réduction du seuil d’endettement extérieur aura été contrebalancée par une progression soutenue de l’endettement à l’intérieur : 224,8 Mds de DH en 2004 contre 142,6 Mds de DH en 1997, enregistrant un taux d’accroissement annuel moyen de 6,7% entre 1997 et 2004 ou 7,4% entre 2000 et 2004. Si bien que de 44,8% du PIB en 1997, la part de cette deuxième composante a caracolé à plus de 50% à la fin de 2004.
Une situation d’autant plus délicate que le service de la dette intérieure, qui a enregistré une augmentation de 5,4% en moyenne annuelle entre 2000 et 2004, pourrait fort bien gêner la capacité à soutenir, à long terme, le déficit du Trésor.


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